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Covid-19 : Face à Omicron et la cinquième vague, le risque de “fatigue pandémique” menace

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Publié le 29 novembre 2021

Alors que le Vieux Continent est à nouveau l’épicentre de la pandémie et qu’un nouveau variant venu d’Afrique du Sud baptisé Omicron fait craindre le pire, le gouvernement appelle notamment à un renforcement des gestes barrières et du protocole sanitaire en milieu professionnel. Un nouveau tour de vis qui pourrait être la goutte d’eau pour nombre de Français, atteints de “fatigue pandémique”. 

C’est une “note technique” de l’OMS qui n’est pas faite pour rassurer. Publié le lundi 29 novembre, le document de l’Organisation mondiale de la santé estime que le nouveau variant Omicron, détecté en Afrique du Sud la semaine dernière, présente un “risque très élevé” au niveau mondial. Bien qu’aucun décès n’ait été rapporté, ses mutations pourraient échapper à la “réponse immunitaire”. “En fonction de ces caractéristiques, il pourrait y avoir de futurs pics de Covid-19, qui pourraient avoir des conséquences sévères en fonction de différents facteurs et en particulier où ces pics se produiraient”, alerte l’OMS.

Alors que le variant continue sa progression dans le monde, le Vieux continent, déjà épicentre de la pandémie et submergé par une cinquième vague, craint l’arrivée d’Omicron. Le ministre de la Santé Olivier Véran a ainsi demandé à “tous les ressortissants qui sont arrivés en France en provenance des pays d’Afrique australe au cours des deux dernières semaines à contacter sans tarder les autorités sanitaires – l’Agence régionale de santé, le médecin, le pharmacien – afin qu’ils puissent bénéficier sans délai d’un test PCR et que, si nécessaire, des mesures d’isolement peuvent être mises en place”.

Moins d’acceptabilité

Dimanche 28 novembre, le ministère estimait dans un communiqué que huit “cas possibles de contamination” au variant Omicron avaient été détectés. Si le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire dit ne pas avoir “d’inquiétudes pour la croissance française”, il craint les difficultés d’approvisionnement et les “tensions inflationnistes qui résultent de ces goulets d’étranglement”. Côté entreprises, l’Exécutif resserre la vis. Le protocole sanitaire en milieu professionnel a été mis à jour pour renforcer le respect des gestes barrières. Les pots de départ et ou de fin d’année ne seront “plus recommandés”. Un coup dur alors que les Français résistent de moins en moins bien à cette période exceptionnelle qui n’en est plus une. Depuis janvier 2020 maintenant, le Covid-19 s’est installé dans les vies quotidiennes : écoles fermées, télétravail forcé, port du masque obligatoire… La fatigue se fait sentir.

Déjà en février dernier, l’OMS alertait sur la “fatigue pandémique” qui correspond à un “sentiment de détresse” voire de “désespoir” marqué par du stress, de l’anxiété, des insomnies. L’organisation estimait que cette fatigue pourrait conduire les populations à ne plus accepter les mesures prises par les gouvernements du monde entier. Si les manifestations anti-vaccination sont l’illustration la plus extrême de ce rejet, le recul de la mise en place des gestes barrières l’est aussi. 

“Une fatigue du corps social”

À la mi-octobre, une étude de Santé Publique France évaluait qu’à peine la moitié des personnes interrogées jugeaient utile de porter le masque en présence de personnes vulnérables. La France ferait même partie des plus “mauvais élèves” concernant le respect des gestes barrières, selon une enquête de l’IFOP intitulée “Les Européens et le respect des gestes barrières, le grand relâchement ?”, publié à la mi-octobre également. Mais cette fatigue n’est pas seulement pandémique, expliquent plusieurs chercheurs en sciences humaines interrogées par la Fondation Jean Jaurès. 

“Elle paraît être moins une fatigue généralisée qu’une fatigue collective, un état du corps social autant que des individus”, expliquent Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT et Gilles Finchelstein, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès, en introduction. Cette fatigue peut même être un signe de ralliement, un lien social, selon le psychiatre Serge Hefez. “Exprimer sa fatigue, s’en plaindre, la nommer, en rechercher les causes et les mécanismes, accompagne la revendication d’une prise en compte, par la société, de formes de souffrance et d’oppression jusqu’alors ignorées ou méprisées”, indique-t-il

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