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Covid-19 : intensification du travail et contaminations vont de pair

En février 2021, 18 % des actifs indiquent avoir été malades du covid-19. Pour un peu plus d’un quart d’entre eux (soit 5 % des actifs au total), la contamination a “très probablement” eu lieu au travail, révèle la Dares, qui a présenté le 28 mai 2021 une première salve de chiffres analysés. Ils sont issus de TraCov, enquête d’ampleur réalisée au premier trimestre 2021 auprès de 17 216 individus en emploi (c’est-à-dire hors activité partielle totale ou fermeture administrative) dont Mikael Beatriz, l’un des chercheurs, souligne qu’elle est statistiquement “représentative des actifs occupés durant la crise sanitaire”.

En plus des chiffres de contamination, la Dares a analysé l’évolution des conditions de travail par rapport à l’avant-covid : “La crise induit une intensification du travail et une hausse de l’insécurité de l’emploi, mais aussi souvent un sentiment d’utilité accru”. Concrètement, on travaille plus longtemps qu’avant, plus souvent le soir, la nuit ou très tôt le matin, de façon plus “intense” (sous pression, en pensant à trop de choses à la fois, etc.). On a aussi plus fréquemment le sentiment que notre travail est utile. Ce “on” cache des “situations contrastées qu’il est nécessaire de creuser”, expose Mikael Beatriz. En “regroupant les travailleurs qui répondent de la même manière aux questions”, quatre groupes se distinguent.

43 % des actifs ont connu une intensification du travail (32 %) ou une dégradation nette de leurs conditions de travail (11 %). Ce sont aussi eux qui ont le plus souvent contracté le covid-19.

► L’intensification du travail, avec davantage de sens (32 % des actifs)

Soignants, personnels des Ehpad, enseignants, commerçants… : dès le début de la crise sanitaire en 2020, ces travailleurs ont dû faire “face à l’afflux de patients contaminés et/ou aux réorganisations des structures pour protéger des occupants fragiles, ou encore à la nécessité d’accueillir élèves, étudiants ou clients en respectant les protocoles sanitaires”. Ils ont connu “une activité en hausse, voire en très forte hausse”. Ou plutôt faudrait-il dire “elles”, car les femmes sont sur-représentées dans cette catégorie, de par les métiers concernés.

Un travail intensifié, des exigences émotionnelles fortes, mais aussi “une réorganisation des collectifs de travail pour tenter de faire face à cette surcharge de travail”, ainsi qu’une plus grande autonomie et un soutien renforcé des supérieurs et collègues. “Un quart des individus de ce groupe déclarent un renforcement du sens de leur travail, conforme au caractère ‘essentiel’ attribué à ces activités pendant la crise sanitaire.”

Dans ce groupe, on note une part importante de cadres et professions intermédiaires. “Attention, souligne cependant Thomas Coutrot, chef du service Conditions de travail et santé à la Dares, ce sont de grandes catégories statistiques. Dans le cas présent, il vaut mieux regarder les métiers – médecins, enseignants, etc. – que le statut social.”

  • 20 % des actifs de ce groupe ont eu le covid-19.
  • 7 % des actifs de ce groupe disent avoir “très probablement” été contaminés au travail.  

► La dégradation générale des conditions de travail (11 %)

Il y a beaucoup de télétravailleurs dans ce groupe (41 %, contre 30 % en moyenne), qui rassemble beaucoup d’enseignants et de salariés de certains secteurs de services tels que la banque et l’assurance. Les femmes sont là encore sur-représentées.

Tous les curseurs sont fortement dans le rouge. Pour les trois quarts des travailleurs de ce groupe, le travail s’est intensifié, “en lien pour partie avec des réorganisations du travail : adaptation des cours, y compris par l’enseignement à distance, recours au télétravail, etc.”. Les conséquences de la crise sanitaire y ont entravé le travail, avec notamment des problèmes de coopération au sein du collectif et des difficultés avec les outils numériques.

“Les actifs de ce groupe, notent les chercheurs, sont plus nombreux que les autres à déclarer avoir moins d’influence sur leur charge de travail (31 % contre 7 %) et sur leur capacité d’organiser leur travail (33 % contre 5 %) et avoir moins l’occasion de développer leurs compétences (41 % contre 8 %).” Ils sont autant à signaler une dégradation de leur autonomie qu’une “amélioration” : si l’on regarde le détail de l’enquête, c’est surtout parce qu’ils doivent prendre davantage d’initiatives, ce qui peut “traduire la nécessité de compenser les difficultés liées à l’organisation du travail”.

Les deux tiers des travailleurs de ce groupe se disent davantage “bouleversés, secoués, émus” qu’avant la crise sanitaire, soit trois fois plus que pour l’ensemble de la population.

  • 27 % des actifs de ce groupe ont eu le covid-19.
  • 12 % des actifs de ce groupe disent avoir “très probablement” été contaminés au travail.  

► L’accalmie (4 %)

Ils ne sont qu’une minorité à avoir connu ce que la Dares décrit comme une “accalmie” avec une “relative amélioration” des conditions de travail. Il s’agit surtout de travailleurs de secteurs dont l’activité à été fortement réduite par la crise – hébergement-restauration, activités culturelles, agences de voyage, etc. Ils ont continué à travailler, au moins partiellement, mais avec une diminution importante de leur charge de travail.

Au contraire du groupe précédent, les voyants sont plutôt au vert… avec cependant une insécurité de l’emploi assez forte. “Les horaires sont un peu plus souvent atypiques qu’avant la crise, signe sans doute d’adaptations face au contexte”, relèvent aussi les chercheurs.

Il s’agit davantage de travailleurs jeunes (moins de 34 ans), d’hommes, ainsi que d’ouvriers et employés. “Ces résultats ne veulent pas dire que leurs conditions de travail sont bonnes, insiste Mikael Beatriz. On a regardé l’évolution de ces conditions de travail, par rapport à avant la crise, en 2019.”

  • 22 % des actifs de ce groupe ont eu le covid-19.
  • 5 % des actifs de ce groupe disent avoir “très probablement” été contaminés au travail.  

► “Peu d’impact” (54 %)

Pour un peu plus de la moitié des travailleurs, seule l’insécurité de l’emploi s’est accrue, leurs conditions de travail sont restées relativement stables par rapport à l’avant-crise. Ces actifs – sachant qu’ouvriers, agriculteurs et employés, sont davantage présents dans ce groupe – travaillent dans des secteurs où l’activité est “plus stable et le télétravail un peu moins répandu” : agriculture, industrie, BTP. Ils ont vécu “une adaptation plutôt réussie de l’organisation du travail au contexte sanitaire”.

  • 14 % des actifs de ce groupe ont eu le covid-19.
  • 3 % des actifs de ce groupe disent avoir “très probablement” été contaminés au travail. 

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