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Covid : Comment les secteurs stratégiques se mobilisent pour poursuivre leurs activités malgré les absences

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Publié le 10 janvier 2022

Les taux de contamination au Covid-19 franchissent des records en France et les nombreux salariés infectés ne sont pas en mesure de travailler. Recours aux travailleurs intérimaires, priorisation des missions… Face à des taux d’absence élevés et imprévisibles, les secteurs qui doivent poursuivre leur activité comme l’alimentation, l’énergie ou les transports s’organisent. 

La vague Omicron déferle sur la France et pousse les secteurs stratégiques à se réorganiser. Alors que le 3 janvier 2022, l’Hexagone a enregistré un record de contamination avec plus de 400 000 cas positifs en 24h, l’ensemble de la chaine alimentaire surveille comme le lait sur le feu le taux d’absence. Que ce soit dans les entrepôts, dans les rayons des supermarchés ou aux caisses des magasins, un nombre minimum de salariés est indispensable au bon fonctionnement des structures.

Un entrepôt du groupe Système U basé en Savoie a déjà été contraint de fermer, faute de salariés. “Pour approvisionner les magasins du secteur, il a fallu acheminer les produits des entrepôts de Mulhouse et du Sud de la France”, confie ainsi Dominique Schelcher, patron de système U, à La Tribune. Certaines enseignes reconnaissent aussi qu’elles ont dû fermer des boutiques dans leur magasin comme des boulangeries ou des boucheries notamment. Pour compenser les absences, les dirigeants des enseignes ont aussi recours aux travailleurs intérimaires. Mais si les taux d’absence progressent encore, cette main-d’œuvre supplémentaire pourrait elle aussi venir à manquer. Invité le 7 janvier sur France 2, le ministère de l’Agriculture a voulu être rassurant : “Aujourd’hui la situation tient (…) Nous suivons la situation de près“. 

En mars 2020, certaines mesures avaient été prises pour éviter les ruptures d’approvisionnement, comme la production des principales gammes de produits et l’abandon de produits spécifiques. Un plan d’urgence avait été envisagé avec notamment de possible rationnements ou encore l’intervention de l’armée pour venir prêter main-forte aux salariés de la grande distribution. Il n’a finalement pas été déployé.

Moins de vols et de trains 

Dans les transports, le taux d’absence des salariés a d’ores et déjà des conséquences. Dans le secteur de l’aérien, ce sont près de 7900 vols qui ont été annulés pendant les fêtes, notamment en partance des États-Unis, en raison du nombre de personnels navigants absents. Par ailleurs, le trafic de la SNCF restera “allégé” de 10 % encore cette semaine. Le “plan de transport adapté” de la SNCF tient en effet compte du taux d’absence de l’épidémie de Covid et de l’obligation de télétravail.

Quant aux chauffeurs routiers, “le taux d’absence constaté est de l’ordre de 6% et perturbe, pour l’instant, peu le secteur” indique Jean-Marc Rivera, délégué général de l’OTRE, Organisation des Transporteurs Routiers Européens. “Nous avons un plan de poursuite de l’activité de prêt dont la première mesure sera de prioriser le transport des produits frais et de premières nécessités“, ajoute le responsable.

Dans l’énergie, la maintenance reportée

Le secteur de l’énergie est également prêt à déployer son plan d’urgence de “continuation de l’activité”. Ainsi, EDF assure pouvoir fonctionner avec un effectif réduit pendant douze semaines. De son côté, GRT Gaz, filiale d’Engie à 75%, a établi un plan de cinq niveaux en fonction du pourcentage d’absentéisme, indique Challenges. Le groupe se concentrera sur ses missions clés comme l’acheminement et la livraison du gaz ou la surveillance du réseau ou la sécurité industrielle ajoute le magazine. La maintenance et la réparation des installations non essentielles pourraient être décalées. Toutefois les reports de maintenance pourraient avoir des conséquences à plus long terme. Lors du confinement de 2020, EDF avait dû différer les arrêts de maintenance de ses réacteurs. Résultat, 13 des 56 réacteurs nucléaires d’EDF sont aujourd’hui à l’arrêt, en partie à cause de ces reports.

Ces absences s’inscrivent dans un contexte marqué à la fois par une pénurie de main-d’œuvre mais aussi par une inflation galopante. Les prix devraient ainsi continuer à grimper car le recours à l’intérim ou les changements d’organisation de dernières minutes pour maintenir les activités provoquent des hausses de coûts qui pourraient se répercuter sur les prix. 

Mathilde Golla @Mathgolla

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