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Crimes contre les journalistes : les systèmes judiciaires doivent se renforcer



Creative Commons - Pixabay

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Les rapports annuels des ONG ou institutions sont unanimes : il existe bel et bien dans de nombreux pays une impunité face aux crimes contre les journalistes. L’Unesco estime à 13% le taux d’impunité des crimes de journalistes avec des chiffres très différents selon les pays. Pour le seul Mexique, sur les 103 journalistes tués entre 2010 et 2020, onze affaires seulement sont résolues du point de vue de la justice du pays. Face à ce constat, l’organisation internationale lance un appel au renforcement de l’effort judiciaire pour cette question particulière.

 

« Les expériences du monde entier montrent que les institutions chargées de l’application de la loi, la société civile et les médias sont essentiels pour faire bouger les choses et punir plus sévèrement les crimes contre les journalistes. C’est le seul moyen de dissuader de nouveaux meurtres et de briser le cycle de la violence contre les professionnels des médias. Lisez leurs histoires et inspirez-vous de leurs meilleures pratiques pour aider à lutter contre la peste » explique le communiqué de l’Unesco.

 

L’institution dédiée à la culture et à l’éducation revient sur quelques exemples forts qui illustrent bien le fait que les crimes contre les journalistes sont un sujet de société et non du corporatisme «  Le jeudi 23 mars 2017 avait tout d’une matinée comme les autres dans l’État de Chihuahua, dans le Nord du Mexique. Alors qu’une mère célibataire d’âge moyen montait dans sa voiture rouge avec son fils pour l’emmener à l’école, le véhicule ne quitta jamais le domicile. 8 balles mirent fin à la vie de la femme, qui en plus d’être mère, était également journaliste. Miroslava Breach Velducea, journaliste mexicaine de renom, s’était faite connaître et avait servi son pays en révélant les liens entre le crime organisé et les « narco-politiciens ». Après avoir travaillé pour les agences de presse La Jornada et Norte, elle avait créé sa propre agence, MIR, au début de la même année. Mme Breach avait publié une série d’articles en 2016 qui avait renversé la campagne à la mairie d’un membre du cartel SalazarElle avait ainsi signé son arrêt de mort. Sur la scène du crime de Mme Breach, on raconte qu’une note comportant l’inscription « Balance » a été trouvée, ce qui révèle à quel point le cercle du crime organisé s’étend et se développe dans un échange combatif entre la société et les élus. »

Cet exemple, comme les autres relevés par le communiqué, montrent que les journalistes qui sont tués dans l’exercice de leur profession le sont quand ils s’attachent à révéler des informations sur de la corruption, des flux financiers illicites ou du crime organisé. Le fait qu’ils puissent être tués sans réponse judiciaire adaptée envoie un très mauvais signal.

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