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Dans la tête d’un sapeur-pompier…


Il s’est écoulé six ans depuis votre intervention au Népal. Pourquoi avoir attendu pour publier votre roman ?

Je n’avais pas pour idée première d’écrire un roman. J’ai d’abord voulu développer des concepts techniques, sociologiques et des témoignages de terrain. Décrire comment des hommes ordinaires peuvent faire ensemble des choses extraordinaires. C’est ce qui m’a conduit à publier en 2018 l’ouvrage « Dans la tête de ceux qui nous protègent » (VA Editions 2018) dont les pages ont vocation à servir les pompiers, les policiers, les militaires et les gendarmes, mais également tous ceux qui veulent comprendre comment nous pouvons entrer dans un appartement en feu ou dans un avion détourné par des terroristes. Il y a eu ensuite « Dans la tête de l’officier 2.0 » (VA Editions 2020) qui lui aussi à vocation à servir ceux qui doivent commander aujourd’hui des personnels ayant externalisé une partie de leur schéma de pensée dans leurs smartphones.

J’avais tout de même très envie de mettre dans un ouvrage cette incroyable expérience népalaise, mais je ne me sentais pas légitime pour écrire un récit d’aventure. C’est la rencontre il y a un an d’une personne formidable qui m’a incitée à écrire d’autres choses, plus légères qui m’a fait prendre confiance en ma capacité à raconter une histoire, une romance inspirée de ce que nous avons vécu là-bas. J’ai commencé un premier chapitre et je n’ai pas réussi à m’arrêter.
 


Vous risquez votre vie à chaque nouvelle intervention, que ressentez-vous quand vous réalisez que tout peut basculer ?

De la peur. C’est ce qui nous permet d’agir avec lucidité. Nos émotions sont nos anges gardiens. Sans peur nous prendrions des risques inconsidérés, nous ne verrions pas le danger. Un savant mélange de rationalité au milieu des émotions. Il y a toutefois ce paradoxe dans les situations les plus extrêmes qui fait que nous ressentons une forme de présence absolue pendant laquelle chaque son est amplifié, que notre champ de vision est augmenté et que nous savons sans avoir à y réfléchir, exactement ce que nous avons à faire.


Faut-il avoir certaines prédispositions pour devenir sapeur-pompier ?

La plus importante des prédispositions pour être sapeur-pompier est l’altruisme, car l’ensemble de nos actions est conditionné par notre volonté acharnée de « faire le bien ». La difficulté de la sélection, de l’entrainement, les séances de sport, les apprentissages, nous le faisons pour être, quoi qu’il arrive, en mesure de faire face. Cela demande beaucoup de courage, de force et d’abnégation, mais c’est bien le service de ceux qui souffrent, de ceux qui sont en danger qui porte notre engagement. Nous mettons les mains où la plupart des gens ne mettraient pas les yeux, mais notre force est dans le collectif.


Que diriez-vous à la jeune génération pour l’inciter à s’engager ?

Il est particulièrement difficile de devenir sapeur-pompier professionnel, il y a beaucoup de candidat pour très peu d’élus. Il existe de nombreuses voies d’entrée au sein du corps des sapeurs-pompiers de Paris, du Bataillon des Marins-Pompiers de Marseille, des SDIS, des unités de la Sécurité Civile ou même au sein des unités de pompiers industriels. Mais à cœur vaillant rien d’impossible.

Il y a aussi la voie « sapeur-pompier volontaire » ou « réserviste » qui permet de s’engager dans le cadre d’un contrat de volontariat. C’est une manière de découvrir la réalité d’un métier fantasmé qui à ces bons aspects, mais également ses cotés sombres.

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