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Déforestation, pollutions, fuites de méthane… Les satellites au secours de l’environnement

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Starling Indonesie

Publié le 07 janvier 2023

ENVIRONNEMENT

Les progrès en intelligence artificielle ont dopé la puissance des technologies satellites, ouvrant de nombreuses perspectives pour la protection de l’environnement. Lutte contre la déforestation, détection des fuites de méthane, identification des décharges illégales… Les entreprises ont à présent entre leurs mains de quoi scruter les impacts de leur chaîne d’approvisionnement.

“Ceci n’est pas (seulement) un satellite, c’est aussi un outil puissant pour lutter contre la déforestation” écrivait, en clin d’œil au peintre Magritte, l’eurodéputé Pascal Canfin sur le réseau social LinkedIn en 2021. Il montrait l’intérêt de l’imagerie satellitaire pour déterminer si des produits importés sont liés à de la déforestation. La solution a entre autres permis de convaincre le Parlement européen de sceller un accord historique, le 6 octobre 2022, bannissant de l’Union Européenne un certain nombre de produits issus de la déforestation.

Les technologies spatiales “abolissent les frontières et les limites de la propriété privée, surveillant au quotidien de larges zones, ce qui est irréalisable avec des drones”, explique Anthony Graveline, fondateur de l’entreprise Disaitek basée à Paris. Cette dernière, incubée par l’European Space Agency, se spécialise depuis 2020 dans “la lutte contre les nuisances à l’environnent, la santé publique et le changement climatique” en s’appuyant sur l’intelligence artificielle.

Connaître les impacts environnementaux et sociaux

Les exemples d’applications pour protéger l’environnement ne manquent pas. Disaitek s’attaque aux dépôts sauvages et aux décharges illégales. Ses clients, notamment la région PACA et le département du Val d’Oise, peuvent à présent “détecter au plus tôt la formation de décharges qui risquent de polluer les eaux et la terre, de créer des incendies aux fumées toxiques et d’émettre des gaz à effet de serre”, explique Anthony Graveline. Un problème de taille car “les autorités publiques sont désarmées” face à ces pratiques de crime organisé, poursuit-il.

Disaitek propose également de détecter d’éventuelles fuites de méthane, un gaz contribuant fortement à l’effet de serre. Enfin, ses algorithmes permettent de cartographier les ressources en eau ou encore les terres non artificialisées, des éléments essentiels pour mettre en œuvre des politiques de protection de l’environnement.

Ainsi, la capture d’images en provenance de l’espace permet de réaliser des “reporting précis” avec “des données homogénéisées”, explique Anthony Graveline. Les satellites offrent donc une réponse au besoin croissant, pour les entreprises de connaître les impacts environnementaux et sociaux de leur chaîne d’approvisionnement. Cette exigence est poussée notamment par les lois sur le devoir de vigilance et sur la CSRD, l’obligation de reporting extra-financier.

Des technologies arrivées à maturité

Les technologies satellitaires arrivent aujourd’hui à maturité après plusieurs années d’expérimentation. “Les satellites atteignent une résolution de 50 centimètres au sol”, explique Anthony Graveline. Photographies, radars, capteurs thermiques… Ces multiples données vues du ciel sont associées à des connaissances de terrain. Ensuite, “l’intelligence artificielle automatise la détection de changements potentiellement inquiétants sur un volume de données impossible à analyser autrement” poursuit le fondateur de Disaitek. “Le coût, proportionnel à la superficie étudiée, reste modéré pour une entreprise qui a peu de surface à contrôler, d’autant plus en comparaison des risques d’une absence de surveillance” affirme-t-il.

La multinationale Nestlé a fait partie des pionnières, en 2016, en utilisant la solution Starling d’analyse de la déforestation développée par Airbus et la fondation Earthworm. Cela lui a permis d’affirmer, en 2019, que 91% de l’huile de palme présente dans sa chaîne d’approvisionnement n’était pas issue de la déforestation. Un résultat qui a nécessité au préalable d’obtenir une transparence de tous les sous-traitants sur les lieux de production.

Toutefois, des politiques strictes de protection de l’environnement doivent être associées à l’usage de ces technologies pour qu’elles se généralisent et aient un réel impact. Cela a été le cas par exemple en Indonésie où “la surveillance par satellite a aidé à atteindre 95% de réduction de la déforestation liée à l’huile de palme”, illustre Glenn Horowitz, directeur de l’organisation de plaidoyer Mighty Earth. 

Fanny Breuneval @breuneval_fanny

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