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Diane Scemama, du collectif Green Friday : “Le Black Friday doit être interdit en France”

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Publié le 24 novembre 2021

ENVIRONNEMENT

Cette année, le “Black Friday” aura lieu en France ce vendredi 26 novembre. Concept commercial importé des États-Unis, celui-ci est devenu le symbole de la surconsommation de masse. Depuis quatre ans, le collectif français Green Friday sensibilise les citoyens sur les dérives du “Black Friday” et propose des solutions concrètes pour consommer durable. Diane Scemama, cofondatrice du collectif, nous dresse les grandes lignes de son action.

Quelle est la mission du collectif Green Friday ?

L’objectif de Green Friday est de combattre la surconsommation de masse dont le “Black Friday” est un symbole. D’où l’idée depuis quatre ans de s’appuyer sur cette date pour sensibiliser le grand public sur sa manière de consommer, sans le culpabiliser, c’est-à-dire en offrant des solutions accessibles et concrètes. Aujourd’hui, on compte chez nous 560 enseignes adhérentes, issues de tous les secteurs (alimentaire et non alimentaire), présentes en France et en Belgique. Un chiffre en augmentation de 20% depuis 2020. Nos adhérents s’engagent à ne pas réaliser de promotions le jour du “Black Friday”, reversent 10% de leur chiffre d’affaires à une de nos associations partenaires (Zero Waste France, Respect Ocean, Halte à l’obsolescence programmée, E-graine) et organisent des ateliers de sensibilisation sur la consommation responsable le jour J.

Quelles actions nouvelles mettez-vous en place cette année ?

Nous nous sommes associés au collectif “Make Friday green again”, qui regroupe 1200 marques, avec lequel nous avons cosigné une pétition à destination du/de la futur(e) président(e) de la République français(e). Le message est clair : que le Black Friday soir interdit en France. Nous avons également lancé une campagne de sensibilisation où nous publions une liste non-exhaustive d’enseignes exemplaires en matière d’écoresponsabilité, via des top 10 sectoriels (cosmétiques, vrac, e-shop, etc.). Aussi, nous mettons en ligne les témoignages de citoyens de différents âges et horizons ayant changé leur manière de consommer. L’idée est de montrer que tout le monde peut le faire. Enfin, ce vendredi notre collectif animera une émission en live sur Instagram qui reprend le modèle du programme télévisuel “Le juste prix”. On y comparera des produits écoresponsables (bijoux, paire de baskets, cosmétique, etc.) avec leurs homologues des grandes marques. Les internautes se rendront compte que le produit le moins cher n’est pas celui que l’on croit.

Justement, on oppose souvent pouvoir d’achat et consommation responsable, avec l’idée que “consommer juste” est réservé aux plus aisés…

Il faut arrêter de penser que le “Black Friday”, c’est moins cher.  La plupart des produits achetés ne sont pas de bonne qualité et ne durent pas longtemps. Il faut savoir qu’un quart des produits acquis au Black Friday sont retournés aux vendeurs. Un produit éco-conçu dure plus longtemps, ce qui revient à moins cher au bout du compte. Je peux citer comme exemple le shampoing solide, plus cher à l’achat, mais qui dure davantage de temps que celui vendu en flacon par une grande enseigne. C’est très important de souligner qu’aujourd’hui il existe davantage de produits de la vie courante écoresponsables au même prix, voire moins chers que ceux issus des grandes marques.

Avez-vous constaté du “green washing” à l’occasion de ce “Black Friday” 2021 ?

Il y en a de plus en plus, mais il prend une forme différente qu’auparavant. Dans le textile par exemple, de plus en plus de grandes enseignes proposent à l’achat des vêtements de seconde main qui donnent droit à des bons d’achat pour acheter des habits neufs. C’est plus subtil et beaucoup de consommateurs tombent dans le panneau. Je remarque aussi que de nombreuses marques autoproclament leur propre “green Friday”, sans prouver ce qu’elles avancent. Il faut rester vigilant, se poser les bonnes questions : le produit que j’achète est-il vraiment utile ? Est-ce que je vais vraiment faire une bonne affaire en achetant ce produit de piètre qualité et bon marché ? Est-ce que les grands mots utilisés par cette marque affirmant que ce produit est “green” reflètent la réalité ? D’où proviennent les matières avec lesquelles le produit est fabriqué ?

Propos recueillis par @MathieuViviani

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