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Doit-on réformer le commerce ?


Vous nous demandez de « défendre la qualité et le prix » cela est-il compatible avec le consumérisme actuel ?

Ma conviction c’est que la qualité est une source de plaisir durable. Tant pour le vendeur que pour l’acheteur. Il y a une véritable satisfaction pour chacun. Alors que le consumérisme est une illusion. C’est d’ailleurs ce qui le caractérise : le plaisir est tellement éphémère, qu’il faut vite le substituer par un nouvel achat et ainsi de suite. Il y a clairement une forme d’addiction, qui ne peut s’accommoder de la qualité.
 
Donc pour répondre à votre question : « défendre la qualité et le prix » n’est pas compatible avec le consumérisme. En revanche, si l’on aborde le sujet sous un autre angle : celui de la recherche du plaisir, du bonheur, alors il y a clairement une voie vers la qualité et le prix. En effet, ce n’est pas la quantité qui importe, mais la qualité et le temps. Le consumérisme est une forme artificielle du plaisir, alors que la qualité en est l’expression réelle, authentique.
 
Que voulons-nous ? Une copie du plaisir ou la version originale ? Il y a un choix à faire.


Une vente totalement transparente et honnête peut-elle être pleinement compatible avec l’objectif du chiffre d’affaires de certains groupes ?

De certains groupes probablement pas, car leur modèle d’affaires repose sur la surconsommation. A l’inverse, d’autres modèles vont construire leur force et leur reconnaissance grâce à la cohérence entre leurs valeurs basées sur l’honnêteté et de leurs pratiques commerciales, qui vont attirer et fidéliser des clients.
 
De plus, ce qui les rend performants ne vient pas uniquement de la croissance de leur chiffre d’affaires, mais des gains liés à l’efficience de leur fonctionnement interne et de leur écosystème : par exemple avec des collaborateurs plus motivés et fidèles. Également, en améliorant l’efficacité de leurs recrutements, du fait de leur bonne réputation qui attire les meilleurs profils de candidats. Ce sont aussi des fournisseurs impliqués et des clients fidèles car tous se sentent respectés.
 
Il s’agit, en fait de raisonner à une autre échelle, plus responsable et motivée par une autre forme de performance que la seule performance économique, qui in fine a ses limites et ne répond plus aux enjeux à venir.


Est-il possible de mettre fin à la concurrence déloyale avec notre système de libre échange ?

Je crois aux projets qui portent en eux-mêmes leur performance. Réguler notre système de libre échange ne me semble pas adapté au long terme. En revanche, faire la promotion de la qualité, éduquer les consommateurs, afin qu’ils réalisent par eux-mêmes où est leur intérêt, me semble plus pertinent.
 
C’est un travail de fond c’est certain, mais il a du sens et doit permettre à tous ceux qui produisent de la qualité de se fédérer dans cet objectif. C’est d’ailleurs ce que je propose avec le projet SUXECO. Je pense que non seulement, c’est un moyen pour contrer la concurrence déloyale, mais c’est également une façon de restaurer les marges qui permettent à tous ces professionnels d’assurer la qualité de leurs prestations.
 
C’est finalement une question de crédibilité et de confiance, qui dépasse les simples relations commerciales et porte en elle une dimension sociétale.


Les méthodes de marketing sont-elles suffisamment encadrées et contrôlées juridiquement ?

La réponse peut-elle être totalement juridique ? Je ne le crois pas. Bien sûr, il est important d’être protégé face à des pratiques malhonnêtes. Cependant, c’est essentiellement notre rapport à la consommation qui est questionné. Cela nous renvoie à votre première question sur le consumérisme : que recherchons-nous dans nos achats ? Si c’est du plaisir, alors notre intérêt est de privilégier sa forme authentique, autrement dit : la qualité. L’enjeu réside donc dans notre capacité à distinguer le réel de l’artificiel.
 
Aussi, la réponse se trouve plus dans l’éducation, que dans la contrainte juridique. Car finalement, ce sont les consommateurs qui influencent le marché : lorsque l’on découvre qu’un produit est mauvais, les ventes chutent, sans qu’une intervention juridique soit nécessaire. J’oserai même aller plus loin : nos modes de consommation ont certainement plus d’influence que nos bulletins de vote.

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