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Économie circulaire : La voiture reconditionnée connaît un vrai boom en France

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Publié le 16 décembre 2021

ENVIRONNEMENT

Chute des ventes des voitures neuves, normes environnementales plus strictes, nouvelles attentes écologiques des consommateurs, autant de facteurs qui favorisent l’émergence d’un nouveau marché : celui de la voiture d’occasion reconditionnée. Des grands groupes de l’automobile comme Renault ou Stellantis commencent à s’en emparer et ouvrent des usines dédiées.

Après le grand boom des appareils électroniques reconditionnés, celui des voitures serait-t-il en train d’arriver ? L’ouverture d’une dizaine d’usines de reconditionnement en France depuis 2019 dessine en tous cas une tendance. Parmi elles, on trouve la pionnière d’Aramis auto (filiale depuis 2016 du groupe Stellantis, propriétaire des marques Peugeot-Citroën). Ouverte en 2014 à Donzère (Ardèche) celle-ci a déjà reconditionné 110 000 véhicules.

Le 30 novembre dernier, c’est au tour de la firme Renault d’ouvrir son premier pôle de reconditionnement baptisé “Refactory”, à Flins dans les Yvelines. D’ici peu, celui-ci remplacera complètement la ligne d’assemblage de voitures neuves, vieille de 70 ans. Le groupe suisse Emil Frey prévoit quant à lui l’ouverture d’un deuxième site de reconditionnement, après l’ouverture de son premier à Ingrandes dans la Vienne en août 2020. Enfin, le groupe allemand Auto1, premier vendeur de véhicules d’occasion européen, prévoit d’inaugurer plusieurs centres en Europe, dont la France.

Nouvelle opportunité économique

Les raisons de cet élan de l’industrie automobile vers l’économie circulaire des véhicules sont multiples. À commencer par la chute des ventes de voitures neuves. Selon NGC-Data, société statistique du secteur, en France, les immatriculations de véhicules neufs ont chuté de 30,7 % en octobre dernier. En 2020, la baisse était déjà de 20 % environ. Si certains analystes expliquent cette chute par la pénurie de semi-conducteurs, la crise sanitaire et l’inflation galopante, d’autres confirment une nouvelle tendance de consommation en faveur du marché de l’occasion. D’après le média automobile de référence L’argus, la vente de véhicules de seconde main a augmenté de 44,8 % durant les quatre premiers mois de l’année 2021. Par rapport à 2019, cela représente une hausse de 8,7 %, sur un marché qui pèse en Europe pas moins de 600 milliards d’euros.

Ainsi, en se lançant sur le marché de l’occasion reconditionné, les grands constructeurs se saisissent d’une opportunité économique prometteuse. Car là où le véhicule d’occasion simple perd de la valeur chaque jour, son homologue reconditionné voit son prix stabilisé tout en restant en moyenne 30 % moins cher qu’un neuf. La remise en état du véhicule constitue aussi un argument d’achat majeur pour des clients exigeants sur la sécurité de leur voiture. “Et puis l’engouement pour l’automobile reconditionnée est logique au vue de la prise de conscience écologique de plus en plus de clients”, ajoute Frederik Le Gac, directeur du centre de reconditionnement de Donzère chez Aramis auto.

L’impératif écologique incontournable

Longtemps relégué au second plan des stratégies des constructeurs, l’impératif écologique fait aujourd’hui davantage partie de l’équation. Son calcul est simple : allonger la durée de vie des véhicules est le moyen le plus simple d’améliorer son bilan carbone. Ainsi, les lignes bougent à différents niveaux. Dans une étude parue en 2020, le cabinet Accenture et le Forum économique mondial estiment que “la circularité sera un élément majeur pour atteindre la neutralité carbone dans l’industrie automobile”.

La révision de la directive de la Commission européenne sur les véhicules hors d’usage (VHU) doit aussi pousser les firmes à aller plus loin dans l’intégration de matières recyclées et dans l’éco-conception des véhicules. La version actuelle incite déjà les constructeurs à obtenir un taux de recyclage minimal de 85 % pour les voitures en fin de vie. Dans son nouveau plan stratégique “Renaulution” présenté en janvier 2021, la marque au losange ambitionne tout bonnement de devenir “leader dans l’économie circulaire avec des services dédiés aux véhicules électriques et à l’énergie”, selon Jean-Philippe Bahuaud, directeur de la division Renault environnement.

Avec 46 % des Français qui envisagent de faire l’acquisition d’un véhicule électrique à court ou moyen terme selon l’INSEE, les reconditionneurs entendent aussi répondre à cette demande. “La conversion de véhicules thermiques en électriques et le recyclage des batteries sont de plus en plus demandés”, confirme Frederik Le Gac d’Aramis auto.

Mathieu Viviani @MathieuViviani

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