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EDF met fin aux coupures l'électricité, “un jour historique” selon la Fondation Abbé Pierre

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Publié le 12 novembre 2021

En cas d’impayés, EDF vient de s’engager à fournir une faible puissance pour garantir les “usages essentiels” dans les foyers. Une décision inédite qui n’est toutefois pas suffisante pour se chauffer. Avant lui, le petit opérateur Plüm avait déjà pris cet engagement.

La réponse à la journée de mobilisation “contre la précarité énergétique” initiée par la Fondation Abbé Pierre ne s’est pas fait attendre. Deux jours après, EDF accède à l’une des demandes du collectif associatif et met un terme aux coupures d’électricité en cas d’impayés. “Nous nous engageons à accompagner nos clients en situation d’impayés en mettant fin à la coupure d’alimentation en électricité“, a annoncé Marc Benayoun, l’un des directeurs exécutifs du groupe dans une interview au “Parisien“.

L’opérateur historique qui fournit encore l’électricité des deux tiers des ménages français, limitera toutefois la puissance dans les logements concernés à environs 1000 watts. Cette alimentation permet “l’éclairage, la recharge des téléphones, un chauffe-eau, une machine à laver, internet ou encore un petit réfrigérateur” indique le représentant d’EDF. En revanche, “le chauffage par exemple ne fonctionne plus” mais la loi interdit les coupures d’électricité ou de gaz pendant la trêve hivernale, du 1er novembre au 1er avril.

Le reste de l’année, les fournisseurs d’énergie sont autorisés à couper l’alimentation des foyers en situation d’impayés. Mais EDF ne le pratiquera plus à compter du 1er avril 2022 et “dans tous les cas, sauf s’il existe une impossibilité physique ou technique de limiter la puissance de l’alimentation électrique du logement“, indique le groupe dans un communiqué. “C’est un jour historique, une vraie réussite pour des millions de ménages qui vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête (…) c’est un pas en avant dans la dignité“, se réjouit Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation Abbé Pierre sur France Info. Il qualifie ces coupures d’électricité de “peines d’un autre âge” et rappelle qu’il “y avait environ 280 000 coupures par an, avant le Covid, ce qui signifie des centaines de milliers de ménages qui vivent dans le noir“. Il se satisfait de “cette abolition” teintée de “bon sens et d’humanité”.

Plüm milite pour “un service minimum de l’électricité́

La décision est ainsi saluée par le milieu associatif toutefois conscient qu’elle n’est pas uniquement guidée par des convictions humanistes. En effet, pendant le Covid et alors que les plus fragiles étaient contraints de rester chez eux, EDF avait déjà cessé de couper l’électricité. L’opérateur a ainsi constaté que la réduction de puissance constitue une sanction aussi efficace ou presque que de priver les ménages d’électricité. “Le Covid les a amenés à arrêter ces coupures : en termes de régularisation des factures, la réduction de puissance a le même effet que des coupures d’électricité“, indique Manuel Domergue. “C’est un signal important, ce n’est pas du luxe de vivre avec 1000 watts (…) les personnes ne seront pas déresponsabilisées, si telle était l’intention“, explique encore le porte-parole de la Fondation Abbé Pierre.

EDF n’est pas le premier à choisir de ne plus couper l’électricité de ses clients en cas d’impayés. L’opérateur Plüm Energie pratique “un service minimum de l’électricité́“. Le fournisseur d’énergie verte a appelé cet été “les autorités à pérenniser et généraliser cette solution par la loi“, un point de vue également défendu par la Fondation Abbé Pierre. Les expériences de Plume et EDF pourraient aussi avoir un effet d’entraînement sur les autres fournisseurs d’énergie.

Mathilde Golla @Mathgolla

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