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[Édito] Biodiversité, Climat, Paix, Covid-19… un seul et même combat

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Publié le 03 septembre 2021

ENVIRONNEMENT

Avec l’ouverture du sommet de la nature à Marseille, le monde va se mettre au chevet de la biodiversité, dont la destruction est un risque mortel. Mais le monde doit aussi prendre en charge le climat, la crise du Covid-19, la paix, etc. En réalité, tous ces sujets sont dépendants les uns et des autres. Et dans chacun de ces grands sommets, il est nécessaire de ne pas perdre de vue tous les enjeux auxquels notre planète est confrontée.

Aujourd’hui s’ouvre à Marseille, le congrès mondial de la nature, organisé par l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature). Politiques, entreprises, ONG, citoyens se réunissent pour donner une impulsion en vue de la COP15 biodiversité qui se déroulera en octobre 2021 et en avril-mai 2022. Il s’agit d’une tâche colossale, afin d’endiguer la sixième extinction de masse en cours, la première provoquée par l’Homme. À titre d’alerte, à la veille du sommet, le Botanic Gardens Conservation International (BGCI) nous apprenait par exemple que près d’un tiers des espèces d’arbres de la planète, environ 20 000 sur 60 000, sont menacés.

En parallèle, les gouvernements mondiaux et l’ONU sont en train de préparer frénétiquement la COP26, rendez-vous majeur pour le climat en novembre prochain. Alors que le monde a connu de nouveaux dômes de chaleur et des incendies infernaux lors de l’été 2021, les pays doivent s’engager une nouvelle fois à baisser leurs émissions. Et surtout, ils doivent se coordonner pour aider les pays le plus pauvres à s’adapter aux conséquences désormais inéluctables du réchauffement. Ce rendez-vous à Glasgow en Écosse ne peut pas aboutir à des décisions tièdes.

Une paix fragile

Le problème est que les dirigeants de la planète doivent faire face à d’autres fléaux. D’une part, le Covid-19, qui a déjà emporté 4,5 millions de personnes dans le monde selon les derniers chiffres de l’ONU, demeure et l’imprévisibilité de ses variants fait craindre des nouvelles mesures sanitaires. D’autre part, la paix mondiale semble de plus en plus fragile. Celle-ci vient une nouvelle fois d’être mise à mal par la prise de pouvoirs de Talibans en Afghanistan, par les innombrables micro-conflits en cours, et par la rivalité américano-chinoise qui croît.

Si tous ces sujets sont traités séparément, la réalité est qu’ils sont tous étroitement liés. Les incendies et les sécheresse, tout comme la hausse du niveau des océans, participent à la destruction de la biodiversité. En France, les incendies dans le Var de ce été ont par exemple largement fragilisés les populations de tortues d’Hermann. La crise du Covid-19, elle-même, est née de la perte de biodiversité qui met les animaux sauvages au contact des animaux domestiques. Ces derniers sont de véritables incubateur qui permettent aux virus de s’adapter à des hôtes humains.

Par ailleurs, si la perte de biodiversité et le réchauffement climatique n’ont pas créé Boko Haram ou les Talibans, ces phénomènes poussent dans les bras de ces mouvements extrémistes des populations désespérées face à des pénuries de nourriture et d’eau. “En Afghanistan, où 40 % des travailleurs sont liés à l’agriculture, de mauvaises moissons précipitent les gens dans la pauvreté et l’insécurité alimentaire, les rendant susceptibles d’être recrutés par des groupes armés“, expliquait en février dernier le tristement visionnaire Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

Convergence des COP

D’aucuns s’interrogent sur le besoin de faire converger toutes les COP (climat, biodiversité, désertification) pour embrasser une approche systémique. Un tel regroupement “permettrait de faire remonter des suggestions d’engagements et d’actions qui ne favoriseraient pas la solution d’un problème au détriment d’un ou plusieurs autres“, veut croire par exemple la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Mais cette approche globale pourrait être contreproductive, trop complexe, top lente, elle empêcherait d’atteindre des accords internationaux, déjà souvent alignés sur le plus petit dénominateur commun.

Afin de mener à bien ces sommets “spécialisés” sans perdre de vue la vision globale, il existe un outil : les objectifs de développement durables. Ces 17 priorités fixées en 2015 par les Nations Unies doivent servir de guide pour les États, les entreprises, les citoyens. Ils comprennent l’éducation, la santé, l’eau, la consommation responsable, la paix, etc. Il est considéré qu’agir sur l’un bénéficie à toutes les autres. Avec les lunettes ODD, regarder un animal en danger, un lac qui s’assèche ou une petite fille qui ne peut pas aller à l’école, c’est regarder toute la planète.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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