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[Édito] La France se reconfine : il est temps de passer du “jour sans fin” au “vivre avec”

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Publié le 01 avril 2021

La lassitude gagne les Français alors qu’une forme de troisième confinement touche l’ensemble du territoire métropolitain avec une fermeture partielle des écoles, un appel massif au télétravail et la fermeture des commerces non-essentiels. Emmanuel Macron assure, à juste titre, que la vaccination d’ampleur nous permettra de sortir de ce sombre épisode. Mais le risque épidémique croît, selon les experts, et le pays doit s’y préparer pour mettre fin à ces “stop and go” délétères.

Un an après le premier confinement qui avait tétanisé la France, rebelote ! Le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé pour quatre semaines des nouvelles mesures sanitaires sur l’ensemble du territoire avec en particulier la fermeture des écoles et une restriction de la liberté de circulation. Malgré un certain autosatisfecit, le chef de l’État reconnaît : “Nous n’avons pas perdu le contrôle de la situation à l’hôpital mais nous ne pouvons pas rester dans le déni“. Il ajoute : “Nous devons, pour les mois à venir fournir, un effort supplémentaire”. Les Français, dont l’état mental et physique est déjà éprouvé, vont devoir encaisser.

À très juste titre, le Président rappelle que la vaccination est la véritable porte de sortie de cette crise. 8,5 millions de Français ont reçu une dose, 3 millions deux doses. Et en plus des trois vaccins déjà utilisés, un quatrième arrive, celui de Johnson&Johnson. “Nous mettons tous les moyens pour vacciner, vacciner sans répit, sans jours fériés. Le samedi et le dimanche, comme la semaine“, a assuré Emmanuel Macron. “Au total, 250 000 professionnels, médecins, pharmaciens, sapeurs-pompiers, infirmiers, vétérinaires, sont aujourd’hui prêts à contribuer à ce grand effort national“.

Les vaccins, seule porte de sortie

Il appelle les citoyens à être patients en promettant que “d’ici la fin de l’été, tous les Français de plus de 18 ans qui le souhaitent pourront être vaccinés“. Mais il y a des risques. La France s’expose à des désobéissances civiles face à ce que l’Organisation mondiale de la santé appelle la “fatigue pandémique”. Si pour l’heure celles-ci se cantonnent à quelques rassemblements festifs comme le mardi 30 mars où quelque 300 Lyonnais se sont réunis en bord de Saône pour danser et boire, la situation pourrait se tendre, comme on l’a vu dans d’autres pays. L’autre défi est économique puisqu’en fermant de nouveau 150 000 commerces non essentiels sur le territoire et en remettant en place le chômage partiel, le coût s’élève à 11 milliards d’euros par mois selon Bercy.

Combien de fois les Français et l’économie nationale pourront résister, alors que les experts ne cessent de rappeler que les épidémies transmises depuis un réservoir animal, les zoonoses, risquent de se multiplier. C’est de cette source qu’est apparu le Covid-19 indique le rapport des experts de l’organisation mondiale de la santé, suite à leur enquête en Chine. Or avec le réchauffement climatique et les atteintes à la biodiversité, les contacts entre animaux sauvages et élevages se multiplient.

Des zoonoses à répétition

Sans compter que les coronavirus sont une vaste famille de virus encore mal connue. Ils circulent chaque année en France, pendant l’hiver, provoquant peu ou pas de symptômes. Et de temps en temps, tout change. Entre 2003 et 2004, on a découvert le Sras-Cov touchant 29 pays, en 2013, le MERS-CoV dans 25 autres. Le Sras-Cov 2, présent depuis 2019 a fait, quant à lui, 2,8 millions de morts, dont presque 100 000 en France. Non seulement la crise actuelle va durer en raison des variants, mais elle va se répéter régulièrement. Le Forum économique mondial place même les épidémies au sommet de son classement des risques, devant le changement climatique.

Une chose est sûre. Il va falloir apprendre à “vive avec”. Ce qui ne va pas dire laisser faire ! Mais cela signifie préparer les infrastructures sanitaires et l’économie à les gérer très précocement afin d’en limiter les effets et les coûts. C’est du moins la préconisation de la Cour des comptes qui avait dénoncé des coûts qui auraient pu être évités en France si le pays avait fait preuve d’une meilleure anticipation. “Les acteurs publics n’accordent pas suffisamment d’attention à la gestion des risques, à leur préparation, quelle que soit leur nature“, expliquait mi-mars le premier président Pierre Moscovici.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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