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[Édito] L’impact de la perte de biodiversité devient tangible grâce au Covid-19

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Publié le 21 mai 2021

ENVIRONNEMENT

Le 22 mai se déroule la journée mondiale de la biodiversité. Celle-ci aurait pu passer inaperçue, à l’instar des innombrables autres “journées internationales de…”. Mais la crise du Covid-19 a tout changé. Cette zoonose, une maladie transmise de l’animal à l’homme, nous montre combien l’état de la biodiversité est important pour la santé humaine et la santé de nos économies.

Au début de l’épidémie de Covid-19 en 2020, alors qu’une grande partie des nations du monde se confinaient, un dessin de presse issu de médias américains a beaucoup circulé. Sur une île, une petite ville voit déferler sur elle un immense raz-de-marée nommé Covid-19. Mais celui-ci cache un tsunami encore plus gros lié à la récession économique. Ce dernier n’est rien face au raz-de-marée suivant marqué “Changement climatique”. Enfin tous seront engloutis par la vague gigantesque qu’est la perte de biodiversité.

Ce dessin est d’une rare justesse. Ce risque existentiel, qu’est la destruction des écosystèmes, est étrangement quasi-invisible. Bien sûr, nous pouvons déplorer aujourd’hui de voir les rhinocéros blancs s’éteindre en Afrique ou les tigres de Sibérie rendre leurs derniers crocs. Le monde sera indéniablement moins beau sans ces nobles créatures, mais les conséquences sur notre quotidien sont très très lointaines. Mais lorsque les abeilles ne voleront plus, ce qui est déjà le cas dans certaines régions de Chine, où que les océans nourriciers seront vides, la catastrophe sera bien plus évidente pour nous tous.

55 % du PIB mondial

Jane Ambachtsheer, responsable développement durable de la branche investissement de la banque BNP Paribas, met en avant une “bonne nouvelle” : “La biodiversité est au centre de l’attention car la crise du Covid-19 a aidé à montrer le lien entre santé humaine et biodiversité“. En effet, selon les éléments actuels, c’est bien la destruction des habitats de pangolins ou de chauve-souris et leur mise en contact avec du bétail qui a permis aux coronavirus de trouver un chemin jusqu’à l’homme et de pleinement s’y épanouir. Ce qu’on appelle une zoonose.

Mais comme souvent, pour commencer à mesurer un risque, il faut lui donne un coût. Un exercice dont le réassureur Swiss Re s’est fait une spécialité. À l’occasion de la Journée internationale de la diversité biologique, le 22 mai, ses experts calculent que 55 % du PIB mondial, en particulier tout ce qui est lié à l’agroalimentaire, dépend du “bon fonctionnement de la biodiversité“. Ils précisent même qu’un pays sur cinq fait face à un risque de voir son écosystème s’effondrer.

Christoph Nabholz, directeur de la recherche de Swiss Re, rappelle : “Le changement climatique et la perte de biodiversité (…) affectent le fonctionnement des pays et ont un impact sur leurs économies. Il est urgent d’agir pour protéger la biodiversité de la Terre et renforcer la résilience sociétale et climatique“. Mais le chemin est long. Selon les dernières données de la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité (IPBES), 25 % des espèces terrestres sont en danger d’ici 2050 et 50 % d’ici la fin du siècle. Heureusement, la nature est par essence résiliente et, si on lui fiche un peu la paix, elle peut très vite se remettre.

Ludovic Dupin @LudovicDupin

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