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[Édito] Régionales : l’écologie et le climat, grands oubliés, sont-ils la clef du second tour ?

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Publié le 25 juin 2021

Fascinants débats pré et post-élections régionales. Après avoir centré toutes les attentions sur les thèmes et le score du RN, l’entre deux tours invente une autre fracture entre ceux qui seraient les ennemis de la République et ceux qui la défendraient pour la préserver de l’écologie punitive. La Bretagne est une région emblématique pour évaluer jusqu’où cette stratégie politique va ramener les électeurs aux urnes et si écologie et climat sont ou non pour eux une priorité.

L’abstention est un séisme politique dont les répliques sont probables dimanche 27 juin pour le second tour. Si les métaphores cataclysmiques ont fleuri, ce désintérêt massif pour les urnes peut aussi s’expliquer par la décorrélation de l’offre politique avec les crises environnementales et sociales auxquelles les citoyens sont tous confrontés. Il a été totalement absent des débats alors que les principaux moyens de le combattre relèvent des compétences régionales : les transports, la formation, l’aménagement du territoire, la gestion des fonds européens, en particulier pour l’agriculture. Les électeurs l’ont beaucoup mieux compris que les candidats et ils pourraient réserver quelques surprises dimanche à ceux qui tentent un front anti-écologistes.

Début juin, l’observatoire de la transition écologique des territoires a publié un “enviroscore” des Régions. Il note la transition écologique de ces territoires et quasiment aucun n’obtient la moyenne sur sept thématiques : l’énergie, la santé environnementale, la biodiversité, le transport, l’agriculture, le bâtiment et les achats publics responsables. Ce constat est-il un moteur pour les électeurs qui iront voter dimanche ? Non s’ils donnent une prime aux sortants, oui s’ils choisissent ceux qui appellent à changer de modèle. Le scrutin est donc beaucoup plus porteur d’indications sur l’état des préoccupations environnementales et sociales des citoyens que sur leurs choix de candidats à la présidentielle.

Le Président historique de la région, Jean Yves le Drian, a fait du soutien aux écologistes une ligne infranchissable. Mais cinq listes ont obtenu des scores leur permettant de se maintenir au second tour alors que 64 % des Bretons se sont abstenus. Cet éclatement sans équivalent des votes illustre l’incertitude qui règne sur le résultat du second tour. Cela témoigne d’un changement des rapports de force.

Bretagne et algues vertes

Le président sortant PS Loïg Chesnais-Girard (20,9 % des voix) a fusionné sa liste avec celle du candidat écologiste indépendant Daniel Cueff. Celui-ci a, du coup, perdu ses colistiers qui défendait une autre façon de faire de la politique pour lutter contre le changement climatique, à l’image de la comédienne Lucie Lucas. Il a en face de lui l’écologiste Claire Desmares-Poirrier (14,8 %), son ancien vice-président Thierry Burlot, soutenu par LREM (15,5 %), une candidate LR Isabelle Le Callennec (16,2 %) et un RN Gilles Pennelle (14,27 %).

Face à cette offre confuse dans ses promesses, les électeurs ont en réalité des sujets très concrets sur lesquels ils sont appelés à se prononcer comme les algues vertes. Ce fléau qui s’abat sur les côtes bretonnes, conséquence du modèle d’agriculture intensive, adopté dans les années 60 par la Région. Dans ce domaine, porter le flambeau de l’Exécutif sortant peut être un handicap dénoncé sur les réseaux sociaux

Les impacts environnementaux de l’industrie agroalimentaire est un sujet abrasif en Bretagne. Il a valu des menaces et des procès aux journalistes, comme pour Inès Léraud avec sa BD “Algues Vertes, l’histoire Interdite”. En campagne début juin Loïg Chesnais-Girard, le président sortant a relativisé le phénomène sur lequel chacun des candidats a dû donner sa position.

Les algues vertes sont bien une ligne de fracture. Quatre candidats sur les cinq en lice pour le second tour disent en substance qu’il faut faire confiance à l’évolution des agriculteurs et à leurs prises de conscience des problèmes. Pour la candidate écologiste en revanche, c’est bien le modèle agricole qu’il faut transformer en profondeur. Les électeurs diront dimanche ce qu’ils en pensent.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

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