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Élection en Écosse : la poussée des Verts donne la majorité aux indépendantistes

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Publié le 10 mai 2021

Le résultat des élections au Parlement écossais a donné une large victoire au Parti National Écossais, dirigé par la Première ministre Nicola Sturgeon. S’il n’obtient pas la majorité absolue, le SNP peut néanmoins compter sur les Verts Écossais, également favorables à l’indépendance, qui ont vu leur nombre de sièges augmenter. Les deux partis espèrent pouvoir organiser un nouveau referendum d’autodétermination après la crise du Covid-19 et, s’ils obtenaient l’indépendance, pouvoir réintégrer l’Union européenne.

La majorité absolue a été manquée de peu. Le Scottish National Party (SNP, parti national écossais) a remporté 64 sièges sur les 129 du Parlement écossais, à un siège de la majorité absolue espérée par le parti indépendantiste. La poussée des verts aux élections de jeudi 6 mai donne cependant une large majorité aux députés écossais en faveur de l’indépendance. Les Scottish Greens ont remporté huit sièges, contre cinq dans la précédente législature, en militant pour une Écosse plus verte, indépendante et rattachée à l’Union européenne.

La sortie de l’Écosse du Royaume-Uni semble donc se préciser. Nicola Sturgeon, Première ministre écossaise reconduite à son poste et dirigeante du SNP, a en tout cas affirmé immédiatement après les résultats de l’élection tombés le samedi 8 mai son intention d’organiser un nouveau referendum sur l’indépendance du pays. “C’est la volonté du pays, a-t-elle déclaré dans un discours. Et étant donné ces résultats, il n’y a simplement pas de quelconque justification démocratique pour que Boris Johnson, ou n’importe qui d’autre, cherche à bloquer le droit du peuple d’Écosse à choisir son propre futur.

Le parti des Verts écossais a également enfoncé le clou. Pour Lorna Slater, la co-tête de liste avec Patrick Harvie, “il est clair que nous devons commencer à travailler à un futur plus vert pour notre pays, et une partie de cela doit prendre la forme d’un referendum sur la manière dont l’Écosse est gouvernée. Les votants ont livré une majorité pro-indépendance au Parlement écossais, dans laquelle les Verts Écossais jouent un rôle vital, et il incombe désormais à Boris Johnson de reconnaître ce mandat démocratique“.

Un peuple écossais en majorité pro-Union européenne

Le précédent referendum s’était tenu en 2014, le “non” à l’indépendance avait gagné avec 55 % des voix. Depuis le Brexit, les cartes ont cependant été rebattues. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne avait également été décidée par voie référendaire en 2016, organisé cette fois par le parti conservateur britannique. Le peuple écossais, traditionnellement plus europhile, s’était en majorité prononcé contre le Brexit avec 62 % des votes. Les membres du SNP et des Scottish Greens n’ont donc pas hésité à miser sur un potentiel retour de l’Écosse dans l’Union européenne s’ils obtenaient l’indépendance.

Le parti de Boris Johnson qui avait œuvré pour le vote sur le Brexit ne veut cette fois pas entendre parler d’un nouveau referendum écossais. Dans sa lettre à Nicola Sturgeon, suite à la victoire du SNP, Boris Johnson insiste sur les défis communs que devront relever les nations du Royaume-Uni. “Je crois passionnément que les intérêts du peuple au Royaume-Uni et en particulier du peuple d’Écosse sont mieux servis quand nous travaillons ensemble“, écrit-t-il. Le Premier ministre britannique a normalement le dernier mot pour la mise en place d’un referendum d’autodétermination.

Les indépendantistes écossais semblent cependant bien déterminés. Nicola Sturgeon prévoit, certes, de se concentrer d’abord sur la résolution de la crise du Covid-19 avant d’ouvrir le dossier sur l’indépendance. Mais une fois la crise passée, la Première ministre déposera la demande d’un referendum et n’acceptera pas de refus du gouvernement britannique. Si tel était le cas, “ils seraient en opposition directe avec la volonté du peuple écossais et ils démontreraient de manière concluante que le Royaume-Uni n’est pas un partenariat entre égaux“, affirme-t-elle. L’Écosse a en effet volontairement intégré le Royaume-Uni en 1707, puis a obtenu un statut de région semi-autonome en 1998, avec des compétences dans de nombreux domaines dont la fiscalité.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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