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En Bourgogne, l’écologie d’extrême-droite prend racine

Lui qui avait manifesté contre Jean-Marie Le Pen en 2002, s’est doucement rapproché des idées d’Alain Soral et de son mouvement Égalité et Réconciliation, qui prône « une gauche du travail et une droite des valeurs ». Alain Soral, ancien du Front National et du Parti Communiste, est devenu au fil des polémiques, un essayiste très critiqué par les médias pour ses thèses misogynes, homophobes et négationnistes. « Mais je reste profondément gauchiste », lance Nicolas Pezeril.

« On n’est plus maîtres chez nous »

Cheveux blonds, barbe naissante, sourire en coin, Nicolas Pezeril parle de son travail et glisse, au fil de la discussion, sur sa vision politique des choses. « L’écologie est pourrie. Elle est trop attentive aux souffrances des autres, trop dans la charité », poursuit le permaculteur, qui prône un retour aux traditions et à la souveraineté nationale.

« Je ne suis pas bien-pensant, j’ose tout dire et tant pis si ça dérange. Nous vivons dans une dictature molle, on est zombifiés par cette putain d’école qui nous détourne de la réalité. On n’est plus maîtres chez nous. » Après plusieurs expériences, Nicolas Pezeril s’est spécialisé dans les arbres fruitiers et l’élevage de moutons. Mais rien n’est destiné à être commercialisé. « Je préfère produire pour moi et ma famille, pour être le plus autonome possible. »

Le jeune permaculteur vit du RSA et de son livre, Mon retour à la terre, le guide du néo-rural, publié sous le pseudo de Nicolas Fabre, chez Kontre Kulture, la maison d’édition d’Égalité et Réconciliation. Il anime également des stages de permaculture payants, en partenariat avec le mouvement. « Je suis heureux de connaître Alain Soral, qui est un antibiotique à la guerre civile », sourit l’homme, qui travaille en étroite collaboration avec l’idéologue controversé.

Depuis quelques années, des cercles de militants, proches des idées de l’extrême-droite, se réapproprient les valeurs que l’on croyait réservées aux zadistes et à la gauche altermondialiste. Le bio, l’écologie, la décroissance, Égalité et Réconciliation s’y intéresse de très près. Au point d’avoir créé une épicerie en ligne baptisée « Au bon sens », qui propose des « produits sains et enracinés », souvent issus de l’agriculture biologique. En 2018, on pouvait aussi y acheter la cuvée de beaujolais « Le Béret », décrite comme une « quenelle viticole », en référence au fameux geste de Dieudonné. L’association politique gère également la boutique « Prenons le maquis », qui vend du matériel de survie en nature.

« L’écologie est une idée conservatrice »

Dans le Morvan, aux confins de plusieurs départements bourguignons, d’autres lieux prospèrent. Un peu plus au sud, dans la Nièvre, Alain Soral a investi dans le dur en achetant en 2014 une ferme à Ternant, située à l’écart du village. À l’entrée du hameau, la boîte aux lettres réceptionne les courriers d’Alain Bonnet, le vrai nom de l’écrivain, qui « habite ici une partie du temps » et qui aimerait en faire à la longue sa maison de campagne.

Une famille réside à l’année à la ferme des Chapuis, dont Régis Schneider, qui s’occupe de la rénovation du lieu. Pour l’instant, le projet agricole reste encore flou. Mais un verger et un potager sont déjà présents. « Et pourquoi pas un agriculteur si le projet est viable », précise-t-il.

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