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En Ouganda, Total poursuit le lancement d’un des plus gros projets pétroliers du monde

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Publié le 02 février 2022

ENVIRONNEMENT

Malgré les controverses, le groupe pétrolier enfonce le clou. Total a annoncé le 1er février avoir conclu un accord d’investissement de 10 milliards de dollars pour lancer son projet d’oléoduc qui reliera l’Ouganda à la Tanzanie. Un projet qui fait l’objet d’une action en justice en France sur le devoir de vigilance alors que les ONG dénoncent des impacts environnementaux et sociaux majeurs.  

C’est le plus long oléoduc chauffé du monde et TotalEnergies vient d’accélérer considérablement son lancement. Le groupe français a annoncé mardi 1er février avoir conclu avec l’Ouganda, la Tanzanie, et le géant pétrolier chinois Cnooc, un accord d’investissement de dix milliards de dollars. “Le développement des ressources du Lac Albert est un projet majeur pour l’Ouganda et la Tanzanie et notre ambition est d’en faire un projet exemplaire en termes de prospérité partagée et de développement durable. Nous sommes pleinement conscients des enjeux importants sur le plan sociétal et sur le plan environnemental qu’il représente”, a déclaré Patrick Pouyanné.

Si le PDG de TotalEnergies insiste sur le volet social et environnemental, c’est que ce projet d’oléoduc, baptisé EACOP et long de plus de 1 400 kilomètres, reliant l’Ouganda à la Tanzanie, est pour le moins controversé. Bien qu’il ait suscité l’espoir au sein des autorités ougandaises de voir leur pays se transformer en Eldorado pétrolier, il a été très fraîchement accueilli par les ONG. Elles estiment qu’il fait perdre l’accès à leurs terres à des dizaines de milliers d’agriculteurs et représente une menace écologique pour cette région riche en biodiversité. Outre l’oléoduc, le projet prévoit le forage de centaines de puits de pétrole dans plusieurs réserves naturelles.

“Les conséquences de la construction de (l’oléoduc) seront dévastatrice pour nos communautés, la faune et pour la planète”, a déclaré dans un communiqué Landry Ninteretse, directeur régional de 350Africa.org, un groupe de protection de l’environnement, ajoutant que le projet n’est “pas inévitable”. “Il nécessite des milliards de dollars (de prêts) de banques privées à travers le monde pour devenir viable”, ajoute-t-il.

Recul de plusieurs banques 

Sur ce point justement, le mouvement Stop Eacop affirme que, sous la pression des militants, 11 banques dont BNP Paribas, Crédit Suisse et JPMorgan Chase ont confirmé ne pas financer le projet de même que trois compagnies d’assurance parmi lesquelles Axa. “Total et ses partenaires continuent leur greenwashing, annonçant fièrement la décision finale d’investissement pour Tilenga et EACOP comme si tout allait bien avec ces projets pétroliers. Mais ignorer les violations croissantes des droits humains en Ouganda et Tanzanie, et les immenses risques environnementaux et climatiques ne les fera pas disparaître. Plusieurs banques l’ont bien compris et ont donc refusé de participer au financement “, dénonce Juliette Renaud, responsable de campagne aux Amis de la Terre France.

Parallèlement, les ONG ont lancé une action en justice contre le groupe pétrolier en France reposant sur le devoir de vigilance. Après deux années de bataille procédurale, la Cour de cassation a reconnu en novembre dernier la compétence du tribunal judiciaire, et non du tribunal commercial, à juger cette affaire. Une audience de fond pourrait se tenir à la fin de l’année 2022. Ce pourrait être la première affaire qui rend un jugement de fond sur le devoir de vigilance, cette loi qui oblige les plus grandes entreprises à prévenir les atteintes graves envers les droits humains et l’environnement dans l’ensemble de leur chaîne d’approvisionnement.

TotalEnergies affirme de son côté que le projet sera exemplaire. “Nous sommes conscients de la sensibilité des zones où nous travaillons. Nous sommes engagés à laisser une empreinte environnementale positive”, a déclaré Patrick Pouyanné.

Marina Fabre Soundron @fabre_marina avec AFP

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