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Enseignement : Les enfants apprennent-ils moins bien à distance ?

La question “peut-on apprendre à distance ?” revient à demander “peut-on apprendre avec le numérique ?”. Ce qui est sûr, c’est que, contrairement à certaines croyances, le numérique n’est pas mauvais en soi. Tout est une question de contenu. L’avantage du numérique et de certains logiciels existants, c’est que l’on peut, par exemple, utiliser l’intelligence artificielle pour apporter une démarche pédagogique différenciée. C’est-à-dire qu’on s’adapte à la courbe d’apprentissage de chaque élève. On travaille dans la zone proximale de développement de chacun, à la frontière entre les connaissances qu’il maîtrise et celles qu’il est sur le point d’acquérir. C’est évidemment une chose compliquée à réaliser par un enseignant avec un groupe de 30 élèves ! En outre, le numérique permet un retour sur les erreurs, ce qui est fondamental en apprentissage. Autre avantage, il rend l’apprentissage ludique, ce qui a pour conséquence de maintenir le niveau de motivation. Un aspect important, surtout quand l’élève est seul chez lui. Les évaluations de certains de ces outils ont montré des gains d’apprentissage, en particulier chez des élèves moyens. Des outils numériques utiles et efficaces existent donc. Mais il manque une réflexion pédagogique autour de leur usage. Pendant le premier confinement, le recours au numérique s’est essentiellement limité à l’envoi de fichiers PDF et à la visioconférence… Heureusement, nous avons observé un regain d’intérêt pour les dispositifs numériques dans les mois qui ont suivi, et il est certain que si nous devions vivre un second confinement strict, leur utilisation serait différente. L’un des grands objectifs des pouvoirs publics en ce qui concerne la transition numérique dans l’éducation est d’ailleurs de réussir à convaincre les enseignants, qui sont généralement plutôt réticents, de s’y impliquer. Néanmoins, le numérique reste un outil. Pour que les enseignants puissent y recourir davantage, il faut qu’ils disposent du matériel adapté, ainsi que de formations. Ils ont besoin d’un accompagnement.

Grégoire Borst est professeur de psychologie du développement et de neurosciences cognitives de l’éducation à l’Université de Paris, directeur du Lapsydé (CNRS) à Paris

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