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Entre “détravail” et grande démission… la révolution du travail touche aussi la France

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Publié le 28 mars 2022

Après les États-Unis, la France enregistre un taux record de démissions. Si ce phénomène n’est pas aussi important que la Great Resignation américaine, il exprime une tendance de fond, un nouveau rapport au travail qui a émergé pendant la pandémie et qui s’amplifie aujourd’hui à l’ère de la permacrise. Certains optent même pour le “détravail”, un courant qui vise à travailler moins dans une perspective de décroissance économique pour “sauver la planète”. 

+ 20 %, c’est la hausse des démissions entre juillet 2019 et juillet 2021 en France, selon de nouveaux chiffres publiés par la DARES, la direction de l’Animation de la recherche des Études et des statistiques. Si nous sommes loin du phénomène américain, baptisé Big Quit ou Great Resignation, la vague déferle aussi sur l’Hexagone. Même tendance pour les ruptures anticipées de CDD qui ont crû de 25 % en deux ans. “La France enregistre une croissance record des taux de démissions”, indiquent dans une note plusieurs enseignants-chercheurs à l’EM Normandie.

89 % des démissions seraient liées à un épuisement professionnel et un manque de soutien managérial. “Le véritable défi est de repenser les modèles managériaux en donnant plus de temps et d’autonomie aux collaborateurs pour permettre des relations humaines plus authentiques au travail”, plaide le professeur de gestion des ressources humaines, Vincent Meyer. À l‘ère de la permacrise, il s’agit aussi de trouver du sens à son travail. Avec la pandémie de Covid-19, le changement climatique, le terrorisme, la guerre en Ukraine… la centralité du travail est plus que jamais remise en cause. 

La décroissance appliquée au travail 

“Je fais partie d’une génération qui a entendu cette phrase : “tu sais, si tu n’es pas content, il y en a 10 qui veulent ton travail”. Ce temps est derrière nous, et il faut s’en réjouir”, écrit dans une tribune l’écrivain et conférencier spécialiste des enjeux RH Gaël Chatelain-Berry. “Seules les entreprises qui changeront de logiciel et passeront d’un discours descendant à une écoute active remontante réussiront à recruter et à fidéliser les talents”, croit-il. Si l’entreprise peut activer des leviers, elle fait aussi face à un autre phénomène : le détravail. Une tendance qui consiste à travailler moins pour vivre mieux et “sauver la planète”.

“Notre modèle de société, de plus en plus nocif pour le vivant, repose aujourd’hui sur la forme dominante du travail qu’est l’emploi. Nous sommes baignés dans une économie de marché, où la croissance est encore majoritairement visée par les organisations et les institutions et où la consommation de produits et services doivent progresser pour faire perdurer le modèle”, écrit le collectif nantais Travailler moins qui organise des apéros “after-workless” dont certains membres expérimentent le chômage choisi ou la retraite anticipée à 30 ans. 

Une tendance de fond

C’est notamment le cas de Mathieu Fleurance, membre cofondateur qui témoigne sur France Info : “J’ai 30 ans. J’étais conseiller d’orientation et j’ai pris ma retraite il y a deux ans et demi. Cela me permet de faire ce que je veux de mon temps, de ne pas subir le monde du travail et ça c’est incroyable.” Si ce cas est isolé au sein du mouvement, plusieurs membres optent pour une réduction de leur temps de travail, dans une perspective de décroissance économique, quitte à refuser un emploi qui pourrait leur plaire. 

Si ce phénomène est pour l’instant minoritaire, il s’inscrit dans une tendance de fond, surtout portée par les plus jeunes. Cette quête de sens s’exprime de différentes manières, détravail pour les uns, refus d’un poste dans une entreprise carbo-intensive pour les autres. Cette ligne est notamment portée par le collectif Pour un Réveil écologique, lancé par des étudiants de grandes écoles et d’universités. Aujourd’hui, ils challengent les plus grosses entreprises sur leur manque d’efforts climatiques et ses membres n’hésitent pas à refuser un emploi qui n’est pas en adéquation avec leurs valeurs.

Une étude commandée par le collectif et publiée le 28 mars par Harris Interactive indique ainsi que deux jeunes sur trois se disent prêts à renoncer à postuler dans une entreprise qui ne prendrait pas suffisamment en compte les enjeux environnementaux. Une revendication aussi bien portée par les actifs les plus aisés que part les actifs populaires. 

Marina Fabre Soundron @fabre_marina  

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