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Explosions sur un site Seveso à Mitry-Compans

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Air liquide bis

L’événement s’est produit le vendredi 25 mars 2022 en matinée, au sein du site de l’entreprise Air Liquide Mitry-Mory GPM Europe faisant partie du groupe Air Liquide. L’activité du site consiste à fabriquer et conditionner des gaz industriels.

Le site est classé Seveso seuil bas et se situe dans la zone industrielle de Mitry-Compans, en Seine-et-Marne. Cette zone industrielle comporte « plus de 200 entreprises, lit-on sur la page dédiée aux risques technologiques de la commune de Mitry-Mory, dont une soixantaine relève des Installations pour la protection de l’environnement. Six d’entre elles sont classées Seveso, dont deux en seuil haut ».

Cette zone industrielle de 237 hectares fait partie de la commune de Mitry-Mory, bourgade de 20 000 habitants comportant 60 % de terres agricoles. Elle accueille 6 500 salariés. Elle est située à moins de 3 kilomètres à vol d’oiseau des pistes de l’aéroport de Roissy, étant également bordée par des lignes ferroviaires dont celle du RER B.

Que s’est-il passé le matin de ce vendredi 25 mars sur le site, aux alentours de 9h30 ? La presse locale fait état du surgonflage à l’azote de trois bouteilles de gaz, ayant conduit à leur explosion. L’explosion aurait conduit au relâchement de produits dangereux dans l’atmosphère.

De fait, l’évacuation du site ayant été effectuée, les forces d’intervention sont arrivées sur le site avec une unité d’inspection chimique. Le secteur a aussi été bouclé par la police.

Selon l’article d’actu.fr, deux blessés légers seraient à relever parmi les employés d’Air Liquide.

Après vérification de l’absence de risque chimique, l’activité du site a pu reprendre en fin de matinée.

A la suite de l’incident, le 5 avril, un communiqué du syndicat CGT Air Liquide de la région parisienne et des élus CGT au CSE ALFI IM IDF NORD a apporté plus de précisions sur ces premiers éléments.

Les explosions se sont déroulées au sein de l’atelier d’entretien des bouteilles de gaz. Elles ont eu lieu lors d’un test d’étanchéité. Celui-ci consiste à gonfler les bouteilles à une certaine pression, après le montage des robinets, afin de vérifier l’absence de fuites au niveau du collet. Deux rampes de gonflage sont présentes dans l’unité :

– l’une « basse pression », délivrant de l’azote à 30 bars. Elle est réservée aux tests d’étanchéité sur les bouteilles en acier tôlé ;

– L’autre « haute pression », fournissant 250 bars d’azote. Elle est réservée aux tests d’étanchéité  sur les bouteilles en acier ou en aluminium, plus résistantes.

Ce matin-là, pour une raison qu’il reste à déterminer, un opérateur a branché 6 bouteilles sur la rampe haute pression, dont quatre en acier tôlé.

Selon le communiqué de la CGT, « une première explosion a déclenché le POI et le confinement du personnel. Quelques secondes plus tard, une deuxième explosion s’est produite lorsque le personnel de l’atelier évacuait pour se rendre dans la zone de confinement. Une troisième explosion s’est produite quelques secondes plus tard ».

A noter que deux bouteilles en acier tôlé ont été retrouvées éventrées sur place, la troisième ayant été projetée à travers la toiture de l’atelier. La quatrième a été déformée. Les deux bouteilles haute pression se sont déconnectées de leur flexible.

Cette opération inadéquate au but poursuivi interroge, car le communiqué de la CGT cite quelques mesures « barrières » destinées à éviter tout incident de ce genre : les marquages d’avertissement sur les bouteilles et les rampes, de même que les types de branchement distincts, assortis de dispositifs détrompeurs, selon les types de bouteille.

De son côté, la CGT fait remarquer dans ses premières constations que le salarié était « seul au poste de travail, alors même qu’il était en formation et non habilité à intervenir sur les installations ».

Le Bureau d’enquêtes et d’analyses sur les risques industriels (BEA-RI) a diligenté une enquête technique sur cette explosion.

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