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Face à l’affluence des urbains, les ruralités réinventent le foncier

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Alors que de plus en plus de citadins rejoignent les campagnes pour y trouver une nouvelle vie, la question foncière y devient problématique : manque de logements, loyers qui augmentent, disparition des commerces… Absorber ces nouvelles populations rend le marché immobilier particulièrement tendu. Comment accéder à l’habitat ou encore ouvrir son commerce ? Les ruralités doivent inventer de nouvelles façons d’aménager le territoire pour accueillir ces nouveaux arrivants et se redynamiser.

La crise sanitaire a été l’accélérateur d’un phénomène qui se dessinait dès 1968 : les citadins déménagent ou reviennent vivre à la campagne. Longtemps moquées car considérées comme « hors de l’ère de la modernité », comme le souligne la chercheuse Valérie Jousseaume dans son livre « Plouc pride, un nouveau récit pour les campagnes », les ruralités sont aujourd’hui dépeintes comme un havre de paix, loin de la pollution des villes. Une reconnexion à la nature qui passe parfois par une reconversion professionnelle, mais pas que, puisque dans nos ruralités fleurissent depuis des années des espaces de coworking qui n’ont pas attendu l’ère post-covid pour se structurer.

Les résidences secondaires, problème majeur pour le foncier rural

Mais avec ces nouveaux habitants, viennent également de nouvelles contraintes, foncières notamment, car les campagnes peinent à loger tout le monde. L’idéal de la maison individuelle avec jardin et piscine ne semble pas toujours possible sur des territoires où l’agriculture est une donnée importante du foncier : « Aujourd’hui, certaines offres d’emploi dans le Diois ne sont pas pourvues, car les candidats souhaitent pouvoir acheter sur le territoire où ils travaillent », soulignait Olivier Tourreng, vice-président de la communauté des communes du Diois aux assises du foncier agricole de la Drôme, le 4 octobre dernier. « Notre principal problème ce sont les résidences secondaires, si bien que l’on se demande si l’on ne va pas privilégier les résidences principales dans l’achat immobilier ».

« Au désamour pour les grandes villes, répond de manière toujours plus marquée un intérêt accru pour les campagnes », estimait le site immobilier Meilleurs Agents, dans son baromètre des prix de l’immobilier d’octobre 2021. « Terminée la hiérarchie en matière de hausse tarifaire, qui prévalait jusqu’en juillet 2020. Avec en haut de l’échelle Paris, suivie des dix plus grandes agglomérations françaises, et, en bas, les zones rurales. Aujourd’hui, le classement s’est inversé. Depuis le début de l’année 2021, les zones rurales ont connu la plus forte progression au niveau national (+6,6%). Soit plus du double des chiffres enregistrés par les dix plus grandes métropoles de l’Hexagone au cours de la même période. Et surtout… loin devant ceux de la capitale (+0,1%) », conclut l’étude.

Valérie Jousseaume, explique dans son livre qu’il est nécessaire de repenser l’aménagement de ces territoires ruraux, pour « développer un véritable projet urbanistique global de bourgs, de villages, de hameaux ».

Changer la façon de concevoir le foncier

Pour se réorganiser, il faut avant tout penser à changer sa façon de concevoir le foncier : moins de maisons individuelles, des rachats de logements par les mairies pour permettre des loyers modérés, de la cohabitation intergénérationnelle, de la mutualisation foncière (partager son garage, son jardin, sa buanderie…).

Il en va de même pour le foncier commercial. Les petits commerces reprennent vie ou se sédimentent dans les centres-bourgs des ruralités. Mais il est cependant difficile de résister face à des loyers chers, des coûts d’achat impossibles ou des travaux importants. Là aussi des solutions sont mises en place : achat de fonds de commerces par des collectivités moyennant des baux moins coûteux, ou encore achat par des foncières coopératives, comme Villages Vivants dans la Drôme, mises en vente à un euro.

Autant de solutions qui vont dans le sens de la nouvelle dynamique des bourgs ruraux.

Elodie Potente

Ressources :
Valérie Jousseaume, Plouc pride un nouveau récit pour les campagnes

Baromètre de l’immobilier 2021 Meilleurs agents  : https://backyard-static.meilleursagents.com/press/9c0d331eab04fc25c9e6ebc1f764877ec72d517a.pdf

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