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Face à l'explosion des cyberattaques, l'Otan veut entrer en guerre

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Publié le 08 juillet 2021

NUMÉRIQUE

Les cyberattaques se multiplient partout dans le monde, ciblant des compagnies d’eau, d’électricité, des hôpitaux, perturbant des élections politiques… La menace est si sérieuse que l’Otan vient d’annoncer qu’il considérait désormais les cyberattaques comme une attaque armée, se donnant ainsi la possibilité d’une riposte militaire.

Des caisses enregistreuses ne fonctionnant plus qui conduisent à la fermeture des boutiques d’une grande chaîne de supermarchés, des opérations médicales reportées car les données personnelles des patients ont été piratées, des stations-service au bord de la pénurie d’essence après la mise à l’arrêt de l’un des plus grands opérateurs de gazoducs américains… Ces situations se répètent ces derniers mois.

La dernière date du 2 juillet. La société américaine Kaseya et ses milliers de clients, des entreprises à qui elle vend des outils informatiques, ont été la cible d’une cyberattaque massive. Elles ont été victimes d’un rançongiciel, un programme informatique qui paralyse les systèmes de l’entreprise et exige une rançon pour les débloquer. Kaseya a fait appel à une entreprise spécialisée dans la cybersécurité, FireEye Mandiant IR pour l’aider à sortir de cette crise.

Déstabilisation des démocraties 

Si les États-Unis sont particulièrement ciblés par les cyberattaques, la France est le deuxième pays le plus touché au monde. Selon l’Otan, ces attaques, contre des infrastructures et des entreprises, sont un risque pour la démocratie et déstabilisent les Etats. À tel point que désormais, pour l’Alliance, les cyberattaques majeures doivent être considérées comme des attaques armées. Cela signifie que l’Otan se dit prête à riposter militairement à une cyberattaque.

“Les cybermenaces pour la sécurité de l’Alliance sont complexes, destructrices, coercitives et de plus en plus fréquentes. Cela a été récemment illustré par des incidents de type rançongiciel et d’autres cyberactivités malveillantes visant nos infrastructures critiques et nos institutions démocratiques, qui pourraient avoir des effets systémiques et causer des dommages importants”, justifient les membres de l’Otan dans un communiqué.

Un nouveau domaine de la guerre

“Le cyberespace est considéré comme le cinquième domaine de la guerre, après la terre, la mer, l’air et l’espace. Mais la vérité est que les systèmes informatiques sont désormais si omniprésents qu’ils sont également fermement ancrés dans les quatre autres domaines, ce qui signifie qu’une cyberattaque réussie peut affaiblir un ennemi de plusieurs manières”, explique les spécialistes de l’informatique et de la sécurité, Ahmed Ibrahim et Paul Haskell-Dowland dans The Conversation. 

Peu à peu, les cyberattaques prennent des airs de guerre froide. Si une attaque est proférée contre un membre de l’Alliance, c’est toute la coalition qui doit riposter. Dans le communiqué de l’Otan, deux pays sont expressément nommés et ciblés : la Chine et la Russie. Le 3 juillet dernier, Joe Biden a haussé la voix. “S’il s’avère que la Russie avait connaissance de l’attaque (visant Kaseya, ndr) ou que c’est de son fait, alors j’ai dit à Poutine que nous répondrons”, a prévenu l’hôte de la Maison Blanche.

Marina Fabre, @fabre_marina

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