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Facebook transmet les données privées d’une adolescente poursuivie pour avortement et suscite la controverse

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Meta AFP

Publié le 12 août 2022

Après l’annulation de la légalisation de l’avortement aux États-Unis, des entreprises ont pris position en faveur de la protection des droits des femmes. Ce fut notamment le cas de Facebook. Pourtant, le groupe a transmis à la police des données privées utilisées pour poursuivre une mère et sa fille pour un avortement. Le groupe Meta doté officiellement d’une stratégie RSE, tente de se défendre.

La décision de la Cour Suprême américaine de supprimer le droit fédéral à l’avortement impose aux entreprises de faire des choix. Mais, en dépit d’un discours officiellement favorable aux droits des femmes, Facebook a transmis des messages privés de ses utilisateurs à la police. Or ces données aujourd’hui sont utilisées pour poursuivre une mère et sa fille pour un avortement. 

Dans l’État du Nebraska, une adolescente de 17 ans et sa mère sont accusées d’avoir pratiqué un avortement à 28 semaines sans permis puis tenté de dissimuler un corps humain mort. Les deux femmes expliquent de leur côté que l’adolescente a eu une fausse couche. Mais les autorités contestent cette version en s’appuyant notamment sur des messages privés transmis par Facebook.

Les messages transmis par Facebook deviennent des preuves

À la suite d’un mandat d’arrêt, la police a en effet demandé à Facebook de pouvoir accéder aux messages privés échangés entre la mère et la fille sur le réseau social. Ceux-ci, publiés par le média Vice, ont révélé l’achat de pilules abortives par la mère et des échanges sur la date de cet avortement. Ces preuves ont ensuite permis à la police de poursuivre l’enquête par une perquisition puis de récupérer les téléphones, ordinateurs et historiques de données de la famille, rapporte Vice.

Après ces révélations qui suscitent l’indignation, Facebook tente de se défendre. Le groupe Méta (maison mère de Facebook) affirme que les mandats de perquisition qu’il a reçus de la police “ne mentionnaient pas du tout l’avortement” et lui sont arrivés avant la décision de la Cour Suprême américaine d’annuler le droit fédéral à l’avortement. “Rien dans les mandats valides que nous avons reçus des forces de l’ordre locales début juin, avant la décision de la Cour suprême, ne mentionnait l’avortement“, affirme la porte-parole de Facebook, Andy Stone.

Facebook dans une position embarrassante

Volontaire ou non, la contribution de Facebook à cette enquête met le groupe face à ses contradictions. Peu après la décision de la cour Suprême américaine de supprimer le droit fédéral à l’avortement, Mark Zuckerberg, président de Meta assurait en effet à ses salariés que le groupe se mobiliserait pour crypter les données des utilisatrices qui chercheraient à avorter afin de les “protéger”, rappelle Forbes.

Après la remise en cause de la légalité de l’avortement, des experts se sont immédiatement interrogés sur la position des géants de la tech, confrontés aux autorités recherchant des informations sur les comptes de médias sociaux. Les craintes de l’utilisation de données privées sont d’autant plus vives que certains États conservateurs préparent des législations visant à donner les mêmes droits à un fœtus qu’à un humain dès la fécondation. Jusqu’à présent, peu de géants de la tech se sont prononcés sur leur stratégie de protection des données dans ce cas. Il s’agit pourtant de questions éthiques fondamentales qui sont partie intégrante d’une politique RSE.

L’affaire controversée du Nebraska pourrait toutefois pousser les groupes concernés à prendre position. En attendant, des femmes recommandent vivement de supprimer toutes conversations ou applis potentiellement compromettantes. Des experts interrogés par Slate craignaient déjà au lendemain de la décision de la cour suprême que des procès soient lancés contre les femmes ayant recours à des avortements basés sur “les données récoltées par ces applications“. Ce scénario noir a été écrit dans plusieurs séries dystopiques mais aujourd’hui ce n’est plus une fiction.

Mathilde Golla @Mathgolla

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