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Faux passe sanitaire : un grand risque pour vos données personnelles

Depuis l’annonce de l’extension du passe sanitaire, les offres illégales de fausses attestations de vaccination pullulent sur le net. Et pas besoin d’aller très loin. Sur la messagerie Telegram, par exemple, pour quelques centaines d’euros, généralement 250 euros, il suffit d’envoyer son identité, sa date de naissance, son numéro de sécurité sociale, son adresse ou encore son téléphone pour recevoir, assure-t-on, le précieux sésame. 

Alors attention. Quelle que soit votre opinion sur la stratégie gouvernementale contre le coronavirus et la vaccination, répondre à ce genre d’annonces illégales est une très mauvaise idée. On vous explique pourquoi.

Parce que vous n’êtes pas sûr de recevoir votre passe sanitaire

Une somme qu’il faut avancer à l’avance, un paiement intraçable : la plupart des annonces illégales promettant une fausse attestation de vaccination ont tout l’air d’une arnaque. Le Parisien avait tenté l’expérience, fin juin, sur Snapchat. L’attestation promise n’est jamais arrivée. Pour l’expert en cybermenaces David Sygula, même s’il est difficile de donner une proportion précise, l’essentiel des annonces relèveraient de l’arnaque.

“Vous ne savez pas à qui vous avez affaire: la personne que vous avez croisé sur Snap ou Telegram vous dit s’appeler Pierre, mais en fait c’est Marcel”, prévient Rayna Stamboliyska, auteure du livre La face cachée d’Internet. Mais l’arnaque ne s’arrête peut-être pas là.

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Parce que c’est un délit puni de 45 000 euros d’amende

Le mode opératoire des annonces à la fausse vaccination vise à produire un faux intellectuel, pas un faux matériel. En clair, les faussaires ne tentent pas de créer un faux QR code, mais se reposent sur des complices dans le secteur médical. En utilisant les données communiquées, ces derniers vont faire une fausse déclaration de vaccination. Une pharmacienne du Val-de-Marne a ainsi été arrêtée le 19 juillet pour avoir produit, avec un complice, plusieurs dizaines de faux documents.

“Le document matériel produit est correct en réalité, mais l’information qu’il contient est partiellement fausse. Dans tous les cas, c’est un délit de faux ou d’usage de faux”, puni jusqu’à trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende, résume Rayna Stamboliyska, une experte en gestion des risques qui suit de près la protection des données à caractère personnel. 

Cette amende vaut aussi si vous utilisez le passe sanitaire d’un proche, par exemple pour aller au restaurant, et que vous êtes contrôlé.

Parce qu’on vous demande votre numéro de sécurité sociale

C’est pour cela que les faussaires demandent un numéro de sécurité sociale. Une donnée très importante qu’on garde à vie, à l’usage encadré car signifiante – on peut en déduire votre genre, année, mois, commune et département de naissance, et qui a une certaine valeur sur les marchés noirs. “On ne devrait la transmettre qu’avec soin”, s’inquiète Rayna Stamboliyska.

Signe de sa sensibilité, c’est cette donnée qui est à l’origine de la création de la Cnil, le gardien français des données personnelles, et de la loi Informatique et libertés, en 1978. Quatre ans plus tôt, le projet du ministère de l’Intérieur de création d’un fichier informatique utilisant le numéro de sécurité sociale comme identifiant avait en effet suscité un tollé.

Parce que cet achat frauduleux pourrait vous suivre à vie

Vous ne voulez pas vous faire vacciner et vous avez acheté un faux passe sanitaire. Que vous ayez été chanceux en recevant bien le faux, ou non, votre numéro de sécurité sociale et vos données communes (prénom, nom, mail ou numéro de téléphone), sont désormais passées par un tiers. Un très gros risque. Prenons l’exemple de la souscription d’un crédit à la consommation, une arnaque très lucrative. “Il faut un document d’identité, soit environ 200 euros sur les marchés noirs d’internet, un prix couvert par le prix de vente de la fausse attestation de vaccination, commente Rayna Stamboliyska. Il faut ensuite la photocopie des trois derniers bulletins de salaires, que l’escroc peut fabriquer en utilisant le numéro de sécurité sociale”. Et bonjour les ennuis.

Ce type d’arnaque, un simple exemple, est possible dès lors que vous avez transmis votre numéro de sécurité sociale. Certes, elle pourrait également ne jamais se produire. C’est finalement à la personne qui a reçu votre identifiant de décider… Avec des conséquences qui peuvent être très fâcheuses. “On a déjà vu des personnes qui se retrouvent interdites bancaires à cause de prêts à la consommation abusifs, et avec derrière les impôts qui demandent des saisies sur compte”, avertit Rayna Stamboliyska.

Bien sûr, vous pourrez toujours porter plainte ensuite, mais l’exercice sera délicat si vous savez qu’il y a un lien avec l’achat d’une fausse attestation. Et n’attendez pas un grand résultat. En l’absence d’auteur identifié, la plupart de ces plaintes sont classées sans suite.

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