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Finlande et Nouvelle-Zélande : la réussite de ces pays ringardise le PIB

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Publié le 13 novembre 2021

Alors que de plus en plus de pays réfléchissent à faire évoluer leurs indicateurs de croissance, la Finlande et la Nouvelle-Zélande sont déjà passées à l’acte. Elles évaluent leurs performances non plus seulement à l’aune de la croissance mais aussi du bien-être. Ce n’est donc pas un hasard si ces deux nations gouvernées par des femmes sont régulièrement citées en modèles, notamment pour leur gestion exemplaire de la pandémie. 

Le PIB ne permet pas de rendre compte de la réalité sociale ou écologique“, explique l’économiste Éloi Laurent*. Résultat, la France qui utilise cet outil comme boussole pour établir ses politiques publiques “n’a pas mesuré, et donc pas traité, l’ampleur des effets de la pandémie“, analyse le professeur à Sciences-po et Stanford. À l’inverse, dans d’autres pays comme la Finlande ou la Nouvelle Zélande, l’économie du bien-être est au cœur des décisions politiques. 

La Nouvelle-Zélande a voté un budget bien-être en 2019, une première mondiale. Concrètement, ce budget intègre une hausse des dépenses publiques dans les domaines de la santé mentale, des allocations pour les populations indigènes, ainsi que pour la lutte contre la pauvreté infantile et les violences familiales. “Nous avons dit que nous voulions être un gouvernement qui fait les choses différemment, et avec ce budget, c’est précisément ce que nous avons fait. Nous avons créé les bases non seulement d’un “budget bien-être”, mais aussi d’une approche différente de la prise de décision gouvernementale dans son ensemble“, avait déclaré Jacinda Ardern, à la tête du gouvernement.

L’épreuve du Covid-19 a révélé la pertinence de ce choix. Depuis le début de la pandémie de Covid 19, le pays est l’un de ceux qui parvient à maîtriser le mieux le virus. Le pays a ainsi souvent été cité en exemple pour sa gestion audacieuse du Covid. L’Institut Lowy de Sydney l’a élu meilleur élève après avoir évalué près d’une centaine de pays sur la base de six critères, parmi lesquels les cas confirmés de nouveau coronavirus, les décès et les dispositifs de dépistage. La politique du gouvernement néo-zélandais a également été saluée par l’OMS.

Autre fait attestant de la confiance de la population : la Première ministre, Jacinda Ardern, a été réélue triomphalement en plein Covid. La cheffe d’Etat a pu afficher un bilan exemplaire au moment des élections en octobre 2020, notamment face aux crises successives qui ont agité son mandat (attentat de Christchurch, éruption volcanique, pandémie de Covid-19).

Finlande, pays le plus heureux au monde

Autre bon élève souvent cité en modèle pour sa gestion de la pandémie : la Finlande. En 2019, le pays choisit de mesurer le bien-être et de piloter ses politiques publiques en conséquence. Tout comme la Nouvelle-Zélande, la Finlande a intégré les indicateurs du bien-être dans l’orientation et l’évaluation de ses politiques publiques.

Résultat, alors que l’Europe a été durement touchée par la pandémie, la Finlande a été relativement épargnée. L’État est parvenu à contrôler rapidement l’épidémie, grâce à des mesures prises très tôt, sans grandes restrictions pour la population. Par ailleurs, 60% des salariés pratiquent le télétravail, soit le chiffre le plus élevé en Europe, d’après la Fondation européenne pour l’amélioration des conditions de vie et du travail citée par “Le Monde“. Selon une enquête publiée mi-juin par le think tank Eva, 86% de la population se dit “fière d’être finlandaise”, dans le contexte de la pandémie.

Autre source de satisfaction pour les 5,5 millions d’habitants : pour la quatrième année consécutive, le “World Happiness Report” sacre la Finlande, pays le plus heureux au monde. L’étude mondiale de l’ONU publiée en mars dernier se base sur le ressenti personnel exprimé par les habitants et des indicateurs comme le PIB ou la corruption. Tous les classements en matière d’éducation, d’égalité homme femme (les ministres de sexe masculin sont minoritaires au sein du gouvernement) ou encore d’inégalité placent le petit pays nordique en pole position.

“Ces expériences démontrent la pertinence de mettre la santé au cœur des décisions politiques et de construire “des indicateurs alternatifs aux PIB et à sa croissance“, défend Eloi Laurent, économiste. “Quand vous avez ce réflexe de bien-être et que vous affrontez une crise comme le Covid, cela fait toute la différence“, affirme le professeur à Sciences-po et à Stanford.

Mathilde Golla @Mathgolla

*Eloi Laurent vient de publier aux éditions de poche :

Sortir de la croissance

Et si la santé guidait le monde ?

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