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Fit for 55 : le Parlement européen vote la fin des ventes de voitures neuves thermiques en 2035

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voiture essence

Publié le 08 juin 2022

ENVIRONNEMENT

C’est une victoire historique qui s’est jouée au Parlement européen. Malgré un lobbying intense, qualifié par certains d’inédit, les eurodéputés réunis à Strasbourg ont voté en faveur de la fin de la vente des véhicules neufs thermiques, essence, diesel et hybride dès 2035. L’Union européenne se place ainsi dans le peloton de tête des pays à adopter une telle législation. Plus tôt dans la journée, les députés n’étaient pas parvenus à un accord sur la réforme du marché carbone, envoyant un mauvais signal.

“C’est une révolution dans l’automobile” se réjouit l’eurodéputée écologiste Karima Delli. Mercredi 8 juin, à l’issue d’une journée intense en émotions, les eurodéputés ont voté en faveur de la fin de la vente de voitures neuves essence, diesel et hybrides en 2035. Un vote historique, qui s’est joué à quelques voix près, avec 339 votes pour et 249 contre. Peu de pays sont plus ambitieux que l’Union européenne. Il y a la Norvège qui prévoit une fin pour 2025 et le Royaume-Uni, la Suède, l’Irlande, le Danemark et les Pays-Bas en 2030.

“Avec le vote mettant fin à la vente de voitures non zéro émissions en 2035, nous prenons une décision historique qui nous mène vers une nouvelle ère celle de la neutralité climat. C’est une victoire majeure !” a déclaré Pascal Canfin, eurodéputé Renew. “On l’a fait ! Le Parlement européen vient d’adopter le rapport sur les normes d’émissions des voitures et vote pour la fin de la vente de voitures thermiques neuves en 2035. Les lobbies des carburants ont tout fait pour affaiblir le texte mais nous avons tenu” s’est également félicitée l’eurodéputée Verte Marie Toussaint sur Twitter.

Un tsunami de lobbying”

La mesure a en effet fait l’objet d’un intense lobbying, “un tsunami de lobbying” même selon les termes employés par Pascal Canfin (Renew), président de la commission Environnement du Parlement européen. Les données compilées par InfluenceMap pour Euractiv montrent que le secteur automobile a tenu à lui seul 32 réunions avec les députés européens travaillant sur cette proposition de législation entre septembre et mars. La grande majorité d’entre elles, 22 réunions, ont eu lieu avec des associations professionnelles ou des entreprises opposées au projet de l’UE visant à mettre fin à la vente de voitures essence et diesel.

Outre ces rencontres, les courriers et les e-mailings sont venus remplir les boîtes aux lettres des eurodéputés comme des dirigeants. Dans une lettre envoyée début mai à Emmanuel Macron, révélée par Les Echos, Luc Chatel, le président de la plateforme automobile, qui regroupe l’ensemble du secteur, lui demandait de soutenir l’objectif de 90 % de véhicules zéro émission vendus en 2035. Quelques heures avant le vote, il affirmait sur France Info que “le tout-électrique en 2035 était un pari risqué” pour le pouvoir d’achat mais aussi “la capacité du tissu industriel à s’adapter”.

Je constate que, derrière des discours très favorables à l’action climatique, quand il faut entrer dans le dur des changements de règles du jeu, certaines entreprises – pas toutes, j’insiste sur ce point – lancent une offensive anti-climat. BMW essaie de torpiller la règle de 100 % de voitures neuves zéro émission de CO2 en 2035 et veut instaurer un système d’achat de crédits carbone qui permettrait de continuer à mettre des véhicules thermiques sur le marché. Un véritable ‘permis de polluer’, alors que nous avons d’ores et déjà une technologie zéro émission de CO2 pour les batteries” regrettait Pascal Canfin, dans une tribune publiée en début de semaine.

Rejet du texte sur la réforme du marché carbone

Selon Influence Map, les constructeurs automobiles et les associations professionnelles se sont principalement attelées à rencontrer les eurodéputés des partis S&D et Renew, qui sont tous deux essentiels pour obtenir une majorité dans l’hémicycle. Mais du côté des constructeurs, la bronca n’est pas générale. Volvo Cars et Tesla sont par exemple favorables à une interdiction des ventes de véhicules thermiques à partir de 2035. Ce sont aussi les plus en avance sur l’électrification de leur parc. 

Plus tôt dans la journée, les eurodéputés ont en revanche rejeté le texte sur la réforme du marché carbone européen qui prévoyait notamment son extension au chauffage et au carburant, la suppression des quotas gratuits et la création d’une taxe carbone aux frontières. La version finale incluait des compromis beaucoup moins ambitieux que ceux obtenus en commission Environnement, sous le coup là aussi d’un intense lobbying des industriels européens. Il a donc été rejeté par les Verts, les S&D et la gauche radicale, et pour des raisons opposées par l’extrême-droite.  

Concepcion Alvarez @conce1

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