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Football et droits humains : Qatar2022 catalyse les protestations des joueurs !

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Publié le 29 mars 2021

Petit séisme dans le monde du footbusiness. Des joueurs des équipes nationales de football d’Allemagne, de Norvège et des Pays Bas ont porté sur leur maillot des messages en faveur des droits humains en ouverture des matches de qualification pour la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Ils interpellent le monde entier sur les violations commises dans ce petit pays qui met beaucoup d’argent dans le football et soulève la colère des ONG défenseures des droits humains.

La coupe du Monde organisée par l’émirat l’année prochaine est entachée de zones d’ombre depuis son attribution il y a dix ans. Les accusations de corruption ont commencé dès le début, tant il semblait improbable qu’un pays où il faut climatiser les stades pour disputer les compétitions ait été choisi sur des critères exclusivement sportifs. Mais la révélation de la mort de 6500 ouvriers venus du monde entier construire les stades a fini par conduire une partie des meilleurs joueurs du monde à dire qu’ils ne voulaient pas de leur sang sur leurs crampons.

Le joueur allemand, Joshua Kimmich a même déclaré que le monde du football avait dix ans de retard pour boycotter cette maudite Coupe du Monde. “Le Mondial 2022 n’a pas été attribué cette année, mais il y a quelques années. On aurait dû penser au boycott à l’époque. Maintenant, nous devons saisir cette opportunité pour sensibiliser les gens. Mais la question ne concerne pas seulement les footballeurs… Nous devons tous travailler ensemble“, explique-t-il. Il a ainsi allumé une mèche qui pourrait ne pas s’éteindre alors que le Qatar pensait contrôler la situation compte tenu des flots financiers déversés dans le football européen.

La menace du boycott plane sur le Qatar
 
Le boycott est une arme politique brandie régulièrement par les États-Unis contre des régimes contestés par le pays et par des ONG qui militent pour le respect des droits humains. Pour le Qatar, Amnesty International en appelle plutôt aux valeurs de la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Cela permettrait de protéger les droits des millions de travailleurs venus du monde entier pour finir les équipements sportifs en temps et en heure afin que le Qatar soit le premier pays du Moyen Orient à accueillir la compétition.

Et la France ? Son match se déroulait dimanche à Nur Sultan, ex-Astana, capitale du Kazakhstan, et autre lieu symbolique des difficultés à appliquer les grands principes du respect des droits humains et de l’environnement dans le monde entier. On ne saura pas si les joueurs français ont tenté ou non d’imiter leurs camarades après une discussion avec le staff mais ils n’avaient pas de message sur leur maillot ! Il faut dire que le pays de la 122e équipe mondiale qu’affrontaient les Français cumule les mêmes maux que le Qatar ! lui-même a pays a connu plusieurs scandales mondiaux de corruption auxquels sont mêlés les membres de la famille de Noursoultan Nazarbaïev qui a régné sans partage sur le pays pendant près de trente ans avant de quitter officiellement le pouvoir en 2019.

Le petit pays balayé par les vents a aussi défrayé la chronique de l’exploitation pétrolière avec le gisement de Kashagan qui a concentré tous les problèmes de l’exploitation du pétrole non conventionnel. Le Kazakhstan tente se racheter une conduite mondiale. Il a, par exemple, fait adhérer sa place financière au réseau des organismes de promotion de la finance durable. Le match de dimanche avec la France était une autre occasion de se forger une nouvelle image de nation de football. Mais sur le plan sportif, le pays a perdu et sur le plan de l’image l’action des footballeurs nord européens a remis la question des droits humains au cœur du jeu mondial.

Anne-Catherine Husson-Traore,  @AC_HT, Directrice générale de Novethic

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