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Football : L’urgence écologique, sur le banc de touche de l’Euro 2021

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Publié le 11 juin 2021

ENVIRONNEMENT

Pour la première fois, le championnat d’Europe, qui débute le 11 juin, ne se déroulera pas dans un seul pays hôte mais dans onze villes de onze pays différents. De quoi faire exploser les déplacements des supporters les plus assidus. Un format décrié par les militants écologistes alors que le Green deal prévoit une réduction de 50 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe d’ici 2030. Tous les secteurs sont censés suivre cette trajectoire, y compris le football.

De Rome à Bakou en passant par Saint-Pétersbourg, l’Euro 2020, reporté d’un an en raison de la pandémie est inédit. Contrairement aux anciens championnats, celui-ci ne comptera pas un ou deux pays hôtes mais onze. 51 matchs seront ainsi répartis dans 11 villes et 11 pays différents. Pour les supporters, qui retrouvent les stades interdits jusqu’ici, l’affiche est alléchante. Pour les défenseurs de l’environnement, beaucoup moins. Dès l’annonce par l’UEFA de ce format, les critiques ont fusé. 

“Cela relève d’un non-sens environnemental le plus total”, s’insurgeait l’année dernière auprès de l’AFP, Karima Delli, eurodéputée écologiste, présidente de la Commission transports au Parlement européen. “On veut soi-disant montrer l’unité de l’Europe avec cette nouveauté mais on oublie qu’il y a une urgence climatique”. Dans une enquête, les journalistes de la BBC, ont calculé le nombre de kilomètres parcourus en avion pour un supporter suisse souhaitant suivre son équipe. 

20 000 km pour un supporter

Le supporter devrait ainsi parcourir plus de 20 000 kilomètres, en passant par Bakou, en Azerbaïdjan, Rome en Italie ou encore Amsterdam aux Pays-Bas. “Même si les Suisses sortaient en phase de groupes, un fan se déplaçant pour assister à chacun de leurs matchs parcourrait 13 115 km, soit presque deux fois plus de kilomètres que lors de toutes leurs précédentes participations en Championnat d’Europe réunies (6750 km en 1996, 2004, 2008, 2016)”, écrit la BBC. 

Si les restrictions liées au Covid-19 vont ralentir la frénésie des supporters parcourant l’Europe en charter, cette décision marque, pour certains experts, l’indifférence du monde du football à l’urgence écologique alors que le Green Deal prévoit une réduction de 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Tous les secteurs sont pourtant invités à s’aligner sur cette trajectoire. Même le président de l’UEFA, Aleksander Ceferin, l’a reconnu : le monde du football n’a “pas fait beaucoup pour l’environnement” jusque-là et l’Euro 2020 va “beaucoup polluer”. 

La compensation en question

Une phrase qui vient pourtant contredire la position de… l’UEFA qui affirme que ce sera “le tournoi le plus respectueux de l’environnement”. L’institution défend le fait que très peu d’infrastructures ont dû être construites et que les supporters joueront trois matches de groupe à domicile réduisant “significativement” leurs déplacements. Surtout, l’UEFA s’est engagée à “compenser” les déplacements des supporters et joueurs en investissant dans des projets certifiés de réduction d’émissions et en plantant 50 000 arbres dans chacun des pays hôtes, qui seront censés symboliser “l’héritage” environnemental du tournoi. Or la compensation est une démarche très controversée

Une récente étude de l’Oko-Institut, institut allemand de recherche sur l’environnement rapporte que 85 % des projets assurant réduire les émissions des entreprises ont une “faible probabilité” d’assurer les réductions d’émissions promises. “Il faudrait vraiment qu’il y ait un modèle standard [d’évaluation] pour éviter ces petits arrangements”, affirme à France TV, Andrew Welfle, chercheur de l’université de Manchester.

Reste que des initiatives, aujourd’hui marginales, tendent à prendre un peu plus d’ampleur ces dernières années. L’association Football Écologie France, créée en 2019, milite pour pousser les acteurs du football (supporters, collectivités, joueurs, etc.) à se tourner vers une démarche écologique. Ils pourront en tout cas s’inspirer du Forest Green Rovers (FGR), un petit club anglais de la League Two (division 4 anglaise) qui est devenu en 2018 le club le plus écologique du monde avec une pelouse bio, entretenue avec de la bouse de vache, des centaines de panneaux solaires et des menus 100 % végétariens pour les joueurs. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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