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Il faut arrêter de voir la nature comme une source de profit à court-terme, prévient l’IPBES

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Publié le 13 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

L’IPBES vient de publier un nouveau rapport, quelques jours seulement après avoir alerté sur les 50 000 espèces menacées dont dépend l’humanité. Cette fois, les scientifiques du Giec de la Biodiversité ont cherché à évaluer les valeurs qui peuvent être attribuées à la nature. Il apparaît que, trop souvent, les décisions sont fondées sur ses valeurs marchandes. Or, cela contribue à aggraver la crise de la biodiversité et nécessite un changement profond.

La crise mondiale de la biodiversité est aussi due à notre façon de voir la nature et de privilégier très largement sa valeur marchande. C’est ce qu’affirme le dernier rapport de l’IPBES, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, rendu public lundi 11 juillet. Quelques jours après avoir tiré la sonnette d’alarme sur les 50 000 espèces menacées dont dépend l’humanité, le Giec de la Biodiversité publie le fruit d’un travail de quatre ans sur les valeurs qui peuvent être attribuées à la nature.

“La biodiversité est en déclin”, a déclaré Ana María Hernández Salgar, la Présidente de l’IPBES. “Cela est largement dû au fait que notre approche actuelle des décisions économiques et politiques ne tient pas suffisamment compte de la diversité des valeurs de la nature. Cette évaluation représente une contribution précieuse à la réorientation de toutes les décisions afin qu’elles soient suivies de résultats bénéficiant à l’humanité et au reste de la nature.”

“Redéfinir ‘développement’ et ‘bonne qualité de vie'”

Les auteurs ont ainsi identifié quatre approches : vivre de la nature, avec la nature, dans la nature et comme la nature. Vivre de la nature met l’accent sur la capacité de la nature à fournir des ressources comme la nourriture et les biens matériels. Vivre avec la nature met l’accent sur la vie des êtres vivants non humains, par exemple le droit intrinsèque d’un poisson à vivre librement dans une rivière. Vivre dans la nature renvoie à l’importance de la nature en tant que cadre contribuant à forger un sentiment d’appartenance et l’identité des personnes. Vivre comme la nature illustre la connexion physique, mentale et spirituelle des êtres humains avec la nature.

Or, selon le rapport, 74 % des études actuelles sur la nature sont centrées sur des valeurs marchandes, telles que celles associées à la nourriture produite de manière intensive, occultant toutes les autres valeurs que sont la régulation du climat, l’identité culturelle, ou encore la surexploitation des écosystèmes. “Ainsi, un projet de développement peut générer des avantages économiques et des emplois, pour lesquels les valeurs marchandes de la nature peuvent être évaluées, mais il peut également entrainer la disparition d’espèces, et la destruction de sites patrimoniaux importants pour l’identité culturelle” explique le professeur Patricia Balvanera. “Cela implique donc de redéfinir ‘développement’ et ‘bonne qualité de vie’ et reconnaitre la multiplicité des relations des êtres humains entre eux et avec le monde naturel.”

“Course aux profits à court terme”

“Nous vivons tous de la nature. Elle nous fournit de la nourriture, des médicaments, des matières premières et de l’oxygène, assure la régulation du climat et joue bien d’autres rôles encore. La nature, dans toute sa diversité, est le meilleur atout dont l’humanité puisse rêver. Pourtant, sa valeur réelle est souvent ignorée dans les prises de décisions. Elle est délaissée dans la course aux profits à court terme. Si nous n’apprécions pas la nature et ne la prenons pas en compte dans les processus décisionnels, nous continuerons à la perdre, ce qui ne peut que nuire à l’humanité” réagit Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Cette grille de lecture est importante dans le cadre des négociations de la COP15 Biodiversité, qui sera finalement organisée à Montréal, au Canada, du 5 au 17 décembre, avec deux ans de retard. Il s’agit de redéfinir des objectifs mondiaux pour préserver la nature d’ici 2050, que certains voudraient aussi important que l’Accord de Paris pour le climat. Mais des ONG évoquent déjà le risque d’un Copenhague bis, en référence à la COP15 climat de 2009 qui avait été un échec. Le temps presse : un million d’espèces est menacé de disparition, la déforestation en Amazonie bat des records, et l’agriculture intensive épuise les sols.

Concepcion Alvarez @conce1

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