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Inondations, tempêtes… Les catastrophes naturelles secondaires, un risque de taille pour les assureurs

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Muhammad FAROOQ AFP australie

Publié le 09 août 2022

Près de 72 milliards de dollars de pertes économiques ont été causées par des catastrophes naturelles dans le monde sur les six premiers mois de l’année. Selon l’institut de recherche de Swiss Re, les périls dits secondaires comme les tempêtes et les inondations sont en forte augmentation depuis quelques années, provoquant de lourds dégâts. Pour le réassureur, le réchauffement climatique est l’un des plus gros risques auxquels son industrie doit faire face.

Les catastrophes naturelles ont engendré près de 72 milliards de dollars de pertes économiques dans le monde sur les six premiers mois de l’année 2022, selon les estimations du Swiss Re Institute. Un chiffre en-dessous de la moyenne des dix dernières années (80 milliards de dollars sur les premiers semestres). Mais la facture pour les assureurs a pourtant augmenté. Elle s’élève à 35 milliards de dollars sur le premier semestre, contre 29 milliards de dollars en moyenne ces dix dernières années.

Pour le réassureur suisse, cette différence s’explique par la multiplication des désastres dits secondaires, comme les tempêtes ou les inondations. “Les effets du changement climatique sont évidents avec l’augmentation des événements météorologiques extrêmes, comme les inondations sans précédents en Australie et en Afrique du Sud, explique Martin Bertogg, responsable de la couverture des catastrophes chez Swiss Re. Cela confirme la tendance que nous avions observée ces cinq dernières années, selon laquelle les périls secondaires entraînent les pertes assurées dans tous les coins du monde.

Moins localisés, ces périls secondaires touchent encore plus de monde et de zones économiques, notamment des endroits fortement urbanisés. Les orages hivernaux en Europe ont ainsi causé 3,5 milliards d’euros de dégâts, tandis que les pluies torrentielles en Australie des mois de février et mars, ont causé des inondations massives dont le coût a également atteint 3,5 milliards de dollars. France Assureurs, la fédération françaises des sociétés d’assurance, a de son côté enregistré une forte augmentation des indemnisations des sinistres en France sur le premier semestre, à près de 4 milliards d’euros.

Adapter les infrastructures

Le changement climatique est l’un des plus grands risques auquel notre société et l’économie globale font face. Avec 75 % de toutes les catastrophes naturelles qui ne sont toujours pas assurées, nous observons partout des failles dans la protection, exacerbées par la crise actuelle du pouvoir d’achat“, remarque Jérôme Jean Haegeli, le chef économiste de Swiss Re.

L’augmentation de la fréquence des vagues de chaleur, de la sécheresse et des incendies devrait également augmenter le niveau des pertes économiques et des pertes assurées. Le secteur de l’agriculture est particulièrement touché, avec des risques pour les prochaines récoltes. En France, une réforme de l’assurance agricole est en cours, mais risque de ne pas être suffisante. Les habitations sont également en première ligne dans l’Hexagone, la sécheresse provoquant le phénomène de contraction et dilatation des sols argileux sur lesquelles elles sont construites, les rendant dans certains cas inhabitables.

L’urbanisation trop rapide, notamment dans des zones à risque, est également pointée du doigt par le réassureur. Le danger pour les vies humaines et pour les activités économiques s’en trouve renforcé. Pour le chef économiste, l’industrie de l’assurance doit agir en orientant notamment ses investissements vers des infrastructures durables. Celles-ci doivent prendre en compte l’augmentation du risque climatique et s’y adapter.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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