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“Insecticide, comment l’agrochimie a tué les insectes”, le documentaire choc d’Arte

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documentaire ARTE insecticide

Publié le 07 juillet 2022

ENVIRONNEMENT

Le silence. Ce sont tous ces bourdonnements que l’on n’entend plus, alors que 75 % des insectes ont disparu en Europe depuis 30 ans en raison de l’utilisation massive d’insecticides. Basé sur une enquête du journaliste du Monde Stéphane Foucart, un nouveau documentaire décrypte les méthodes des géants de l’agrochimie pour semer le doute et faire reculer, coûte que coûte, les interdictions de leurs produits. Diffusé sur Arte, ce documentaire est disponible jusqu’au 8 août. 

Si vous avez plus de 20 ans, vous aussi, vous devez vous souvenir de pare-brise criblés d’impacts d’insectes. Aujourd’hui, il va vous falloir une loupe pour les trouver. 75 % des insectes ont disparu en Europe depuis les années 90, selon une étude allemande. “C’est la pire extinction de masse que la planète ait vécue“, alerte l’entomologiste américain Jonathan Lundgren dans un nouveau documentaire diffusé sur Arte : “Insecte, comment l’agrochimie a tué les insectes”.

Le documentaire, fondé sur l’excellente enquête du journaliste du Monde Stéphane Foucart, retrace l’histoire des néonicotinoïdes, ces pesticides “tueurs d’abeilles”. Encore inconnu du grand public il y a quelques années, ces insecticides ont fait leur apparition dans le débat en France et en Europe il y a quatre ans, lorsque les États membres ont décidé d’interdire trois néonicotinoïdes : la clothianidine, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Ces trois pesticides sont considérés comme dangereux pour les abeilles car ils attaquent leur système nerveux. Cette décision avait été à l’époque très saluée par les associations. Mais depuis, c’est la débandade.

Les stratégies des géants de l’agrochimie décryptées

Onze États membres ont autorisé leur réintroduction temporaire. Parmi eux, la France. En 2021, les betteraviers ont en effet obtenu cette dérogation alors que les cultures étaient ravagées par la jaunisse. Les parcelles les plus touchées avaient alors perdu jusqu’à 40 % de leur rendement, mettant la filière à genoux. Cette dérogation a été prolongée cette année alors même que la Cour de justice européenne a tranché en faveur de l’interdiction des néonicotinoïdes après le dépôt d’un recours Bayer et Syngenta. 

C’est le lobbying intense des géants de l’agrochimie qui est décortiqué dans ce documentaire mettant en lumière les stratégies des industriels qui veulent préserver à tout prix leur intérêt. “Pressions sur les chercheurs, les décideurs politiques et les autorités de régulation, financement d’études favorables à leurs produits, tests d’homologation biaisés : de leur côté, les lobbies de l’agrochimie brouillent les pistes pour entretenir l’immobilisme”, décrypte le documentaire. Interviewé, Stéphane Foucart explique comment ces grandes firmes ont développé une stratégie du doute calquée sur celle de l’industrie du tabac des années 1950, alors même que des études montrent les liens de causalité entre l’utilisation des pesticides et l’apparition de cancers notamment. 

Si ce documentaire nous donne à voir les coulisses des stratégies de lobbying de ces géants, il n’oublie pas de mettre en valeur des alternatives convaincantes comme la mise en place d’un fonds mutualisé par l’ingénieur agronome Lorenzo Furlan en Italie permettant de compenser les éventuelles pertes, très rares, causées par la réduction des pesticides. 

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