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Insécurité alimentaire : des systèmes “au bord de la rupture” alerte l'ONU

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Publié le 10 décembre 2021

ENVIRONNEMENT

Dans un nouveau rapport publié cette semaine, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) alerte sur les dégradations des ressources en terres et en eaux. Elles ont fortement augmenté ces dix dernières années au point de mettre en péril la sécurité alimentaire mondiale alors que la Terre devrait compter dix milliards d’humains en 2050. Il ne reste désormais qu’une marge de manœuvre étroite pour renverser les tendances, prévient la FAO. 

Certains systèmes sont “au bord de la rupture” sous l’effet des activités humaines. C’est le constat alarmant que dresse l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) dans un rapport publié jeudi 9 décembre, sur l’”État des ressources en terres et en eau”, actualisé tous les dix ans. Il apparaît qu’un tiers des terres agricoles sont dégradées, l’Asie du Sud étant la région la plus touchée avec 41 % de ses sols concernés. Les prélèvements d’eau, principalement pour l’irrigation, s’avèrent également “non durables“, prévient la FAO.

“La situation s’est beaucoup dégradée en dix ans”, relève le directeur général de la FAO, Qu Dongyu, “Les pressions sur ces écosystèmes se sont beaucoup intensifiées et nombre d’entre eux sont aujourd’hui soumis à un niveau de stress critique. Dans ces conditions, il ne fait aucun doute que notre sécurité alimentaire future dépendra de la protection accordée à nos ressources en terres, en sols et en eau”, précise-t-il également. 

Des pressions liées à une agriculture non durable

Du fait de l’urbanisation rapide et de la hausse de la population mondiale, les pressions exercées sur les ressources en terres et en eau s’accélèrent. Celles-ci proviennent de l’agriculture ainsi que du système alimentaire pris plus largement via les pertes et gaspillages de denrées alimentaires, le tout associé à l’incertitude climatique. Et la tendance est appelée à se poursuivre alors que la population mondiale devrait atteindre les dix milliards de personnes en 2050.

La FAO estime qu’à cet horizon, l’agriculture va devoir accroître le niveau de production d’aliments, de fibres et de biocarburants de près de 50 % par rapport à 2012. L’Asie du Sud et l’Afrique subsaharienne devront plus que doubler leur production agricole (+112 %) pour répondre aux besoins estimés en calories. Or, “tout indique que la croissance de la production agricole se ralentit, que la capacité de production s’épuise rapidement et que les dommages environnementaux se multiplient”, constate le rapport.

Les possibilités d’étendre les surfaces cultivées sont de plus très limitées, voire nulles alors que 98 % des aliments sont produits sur la terre. En 2000, les zones urbaines occupaient moins de 0,5% de la superficie émergée de la planète mais la croissance rapide des villes (en 2018, 55% de la population mondiale vivait en milieu urbain) a grignoté peu à peu les terres agricoles. L’utilisation des terres par habitant a ainsi reculé de 20 % entre 2000 et 2017.

Une gouvernance plus inclusive

Les risques sont plus importants dans les zones les moins bien pourvues en ressources, dont la population est en expansion et qui disposent de capacités économiques limitées pour adapter les systèmes alimentaires locaux ou trouver des solutions de substitution. Approximativement 1,2 milliard de personnes vivent sur des territoires où de graves manques d’eau et des situations sévères de pénurie mettent l’agriculture à rude épreuve et où les épisodes de sécheresse sont extrêmement fréquents et le stress hydrique très élevé.

Pour répondre à ces défis majeurs, la FAO préconise de “développer à grande échelle une production plus responsable sur le plan environnemental et plus intelligente face au climat”. La gouvernance des terres et de l’eau doit aussi être “plus inclusive et adaptative pour pouvoir servir les intérêts de millions de petits exploitants, de femmes, de jeunes et de personnes autochtones, qui sont les plus vulnérables face aux dangers climatiques et aux risques socioéconomiques et les plus exposés à l’insécurité alimentaire”, estime le rapport.

Notre sécurité alimentaire future dépendra de la protection accordée à nos ressources en terres, en sols et en eau“, conclut Qu Dongyu. En outre, une utilisation judicieuse des sols pourrait permettre, à elle seule, de séquestrer un tiers des émissions de gaz à effet de serre qui proviennent des terres agricoles, rappelle la FAO.

Concepcion Alvarez @conce1 avec AFP

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