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Interdire les livraisons gratuites, une solution pour la planète et l'emploi

Livraison ok

Publié le 16 février 2022

ENVIRONNEMENT

France Stratégie plaide pour une plus grande régulation du commerce en ligne qui s’est développé de manière exponentielle ces dernières années, à la faveur notamment de la pandémie. Pour optimiser les livraisons et limiter leurs impacts, l’étude prône par exemple de favoriser les dépôts en points relais, de surtaxer les livraisons express ou encore d’encadrer la logistique.

Alors que l’e-commerce et les livraisons de produits en tout genre connaissent un véritable boom avec une hausse de plus de 30% entre 2019 et 2020, France Stratégie, organisme d’analyse de prospective rattaché à Matignon plaide pour un plus grand encadrement du phénomène. Le rapport recommande notamment de rendre les livraisons payantes, d’en informer les consommateurs et de leur indiquer également le bilan carbone de la livraison “pour permettre au consommateur de choisir son délai de livraison“, souligne le rapport. “L’idée serait de faire payer les livraisons plus chères lorsqu’on demande un délai très court“, confie à France Inter Régine Brehier, membre du Conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) qui a co-dirigé ce rapport.

La multiplication des trajets pèsent particulièrement lourds dans le bilan carbone d’e-commerce, note France Stratégie. L’étude souligne qu’un milliard de colis sont livrés par an, essentiellement à domicile, “ce qui peut générer des émissions de gaz à effet de serre et des particules fines, aux conséquences sanitaires majeures“, indique France Stratégie. En toute logique, plus les livraisons sont rapides et moins les trajets sont optimisés. Pour faire reculer cette tendance, Régine Brehier préconise “une mesure de taxation des colis, assortie d’une surtaxe des livraisons instantanées“. Elle devrait concerner “tout le monde, c’est-à-dire qu’on ne peut pas imaginer qu’un vendeur prenne l’initiative de le faire tout seul“, précise-t-elle. Une réglementation à l’échelle mondiale ou au moins à l’échelle européenne est ainsi recommandée.

Destruction des emplois 

“Une réforme d’ensemble de la fiscalité du commerce” est aussi prisée pour des raisons sociales et économiques. France Stratégie constate en effet que le boom d’e-commerce contribue à une destruction d’emplois dans le secteur du commerce. La hausse annuelle du nombre de salariés du commerce de détail était de 3 % entre 1994 et 2002 et n’a plus été que de 1 % entre 2002 et 2019. “Il a été établi qu’un emploi créé par Amazon, ce sont 4,5 emplois détruits par ailleurs. Soutenir le commerce de proximité passe par le refus de l’installation d’entrepôts Amazon”, avait notamment calculé le maire de Lyon, l’écologiste Grégory Doucet, qui s’était opposé à l’implantation d’un entrepôt Amazon.

Par ailleurs, la gratuité des livraisons “a contribué à dégrader les marges des entreprises“, indiquent l’étude de France Stratégie. Les sociétés sont encouragées à reconstituer leurs marges, “ce qui pourrait se traduire par une accélération de l’automatisation de leurs entrepôts et de leurs magasins avec des effets potentiellement importants sur l’emploi“, alerte France Stratégie.

Artificialisation des sols 

Autre grief porté contre le développement d’e-commerce : l’augmentation du nombre d’entrepôts contribue à artificialiser les sols. Ces constructions sont responsables d’environ 1 % de la consommation annuelle d’espaces naturels, agricoles et forestiers, note France Stratégie qui pointe en particulier la construction d’entrepôts de très grande taille. Ainsi, la construction des entrepôts “devrait s’inscrire dans une planification régionale intégrée aux schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET), puis aux schémas de cohérence territoriale (SCOT) et plans locaux d’urbanisme (PLUi et PLU)“, conseille France Stratégie.

En effet, ces symboles des nouveaux modes de consommation ont poussé comme des champignons dans l’Hexagone. Ils marquent désormais les territoires Français et cristallisent la colère des écologistes et des citoyens. En fin d’année, Amazon, qui prévoit de doubler ses entrepôts dans l’Hexagone, avait dû abandonner un projet de centre de tri des colis de 38 000 m2 à proximité du pont du Gard. Son permis environnemental avait été annulé.

Mathilde Golla @Mathgolla

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