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JO 2024 : À Aubervilliers, des jardins ouvriers historiques en partie détruits pour construire un centre aquatique

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Publié le 03 septembre 2021

ENVIRONNEMENT

Depuis presque un siècle, les jardins ouvriers d’Aubervilliers survivent à l’urbanisation galopante mais les Jeux Olympiques 2024 pourraient bien sonner leur glas. Les autorités ont procédé, le 2 septembre, à l’évacuation des militants écologistes et des jardiniers qui occupaient les lieux depuis des mois pour empêcher la destruction des parcelles. Un nouveau projet prévoit la construction d’un centre aquatique qui servira notamment à l’entraînement des athlètes pour les JO. 

C’est une page de l’histoire qui se tourne dans la douleur. Le 2 septembre, les forces de l’ordre ont pénétré dans les jardins ouvriers d’Aubervilliers occupés par des “jadistes” (jardins à défendre, en référence aux “zadistes”) depuis avril dernier pour empêcher la destruction des lieux. Ces jardins, qui ont vu le jour en 1935, sont au cœur d’un projet d’infrastructure dans le cadre des Jeux Olympiques 2024 qui sera organisé à Paris.

4000 m2 des jardins ouvriers situés au pied du fort d’Aubervilliers, ville populaire de banlieue parisienne, devraient ainsi être amputés pour la construction d’un nouveau centre aquatique. L’infrastructure doit servir à l’entraînement des athlètes pour les JO 2024 puis sera ouverte aux habitants d’Aubervilliers. L’utilité de la piscine, pour une ville qui n’en compte qu’une, n’est pas au cœur de l’argumentation des jadistes. C’est la construction d’un solarium qui pose problème. D’autant que l’entrée payante – entre 10 et 15 euros – ne s’adresse pas à un public populaire. Les habitants se sentent ainsi dépossédés d’un des seuls espaces verts du département qui ne compte que 1,42 m2 de verdure par habitant.

Destruction à la pelleteuse

Plusieurs collectifs dont “Sauvons les jardins ouvriers d’Aubervilliers” qui luttent contre “la bétonisation de nos quartiers” ont organisé plusieurs manifestations mais le 2 septembre, c’est la douche froide. “On assiste complètement désarmés à la destruction des jardins par une pelleteuse, c’est une violence inouïe. On est entouré par des CRS qui nous prennent pour des terroristes”, a témoigné Camille, un militant écologiste arrivé rapidement sur place, joint au téléphone par l’AFP.

Les opposants ont déposé le 30 août un recours contre le permis de construire du projet d’un coût de 33,6 millions d’euros porté par la ville d’Aubervilliers, qui bénéficie notamment d’environ 10 millions d’euros de subventions de la part de la Solideo, la société de livraison des ouvrages olympiques. Les défenseurs des jardins ouvriers ont lancé plusieurs appels à manifestations sur les réseaux sociaux.

“Les jardins ont connu le Front Populaire, la seconde guerre mondiale et la libération par la division Leclerc, l’industrialisation et la désindustrialisation, mai 68, la construction de grands ensembles, le prolongement de la ligne 7 du métro, les émeutes de 2005, la crise des subprimes, la pandémie de 2020, survivront-ils à la métropolisation de Paris ?”, s’interroge l’association Atelier citoyen. Une source officielle a confié à l’AFP qu’une entreprise de “gardiennage” allait désormais intervenir sur les lieux pour clôturer et commencer les travaux.

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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