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La COP28 pour le climat, organisée aux Émirats arabes unis, au cœur de la polémique

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dubai expo site Dennis Sylvester Hurd Flickr

Publié le 06 janvier 2023

ENVIRONNEMENT

La désignation de Sultan Al Jaber, ministre de l’Industrie des Émirats arabes unis et PDG de la compagnie pétrolière nationale Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc) comme président de la COP28 sur le climat, a déclenché un flot de critiques. Le sommet, qui se tiendra à la fin de l’année, est particulièrement important puisqu’il doit notamment dresser le bilan global de l’action climatique.   

La COP28 sur le climat, organisée du 30 novembre au 12 décembre prochains, aux Émirats arabes unis (EAU) faisait déjà l’objet de nombreuses critiques. Mais la nomination de son président vient encore rajouter de l’huile sur le feu. C’est Sultan Al Jaber qui a été désigné, ministre de l’Industrie et des technologies avancées, président de Masdar, une société d’énergie renouvelable appartenant au gouvernement, mais surtout PDG de la compagnie pétrolière nationale Abu Dhabi National Oil Company (Adnoc).

Dans des prises de parole récentes, il a officiellement plaidé pour une augmentation des investissements annuels dans les combustibles fossiles de 600 milliards de dollars jusqu’en 2030 car, explique-t-il, “nous devons progresser avec pragmatisme“. Tout en ajoutant que les Émirats arabes unis se considèrent comme un “bâtisseur de consensus” pour la Cop28. Son entreprise Adnoc prévoit ainsi en toute logique d’augmenter sa production de pétrole à cinq millions de barils par jour d’ici 2027, contre environ 3,5 millions aujourd’hui.

1 000 délégués à la COP27

Pour les Émirats arabes unis, accueillir la COP28 sur le climat est une opportunité d’exercer leur soft power et redorer leur réputation quant à la prise en compte des sujets climatiques. Selon une enquête du Guardian, le pays a embauché il y a plusieurs mois déjà des agences de relations publiques et de lobbying pour promouvoir spécifiquement son rôle de futur hôte, une décision inhabituelle qui a dépassé les efforts promotionnels des anciens pays hôtes.

Dès la COP27, les EAU ont fait une démonstration de force en envoyant la plus grosse délégation, plus d’un millier de personnes, dont 70 lobbyistes du pétrole et du gaz, la deuxième plus grande délégation de l’histoire des COP. Le pays est aussi l’un des rares à avoir mis à jour sa contribution nationale climatique avant le sommet (NDC). Et l’un des premiers dans la région à fixer un objectif de neutralité carbone pour 2050.

Toutefois, Climate Action Tracker évalue ses efforts comme “très insuffisants”, et menant à un réchauffement de plus de 3°C. La stratégie énergétique du pays repose en effet encore largement sur le “charbon propre” (avec CCS) et sur le gaz. Très proches de l’Égypte, qui présidait la COP27, ils ont notamment réussi à bloquer l’avancée des négociations sur une sortie progressive des énergies fossiles tout en mettant en avant les technologies de captage et stockage de CO2 (CCS), encore très chères et immatures.

“Beaucoup de choses peuvent se produire lorsque vous êtes sous les projecteurs”

La COP28 pour le climat constitue une échéance particulièrement importante car elle doit aboutir sur le premier bilan global des engagements mondiaux, conformément à ce qui est prévu dans l’Accord de Paris. En outre, un nouvel objectif de financement doit être adopté ainsi qu’un objectif mondial sur l’adaptation. La pression sera aussi importante pour éliminer tous les combustibles fossiles. Mais comme le souligne Kavita Jadhav, directrice de recherche au sein du cabinet Wood Mackenzie, “beaucoup de choses peuvent se produire lorsque vous êtes sous les projecteurs”.

“Les Émirats arabes unis et le Moyen-Orient plus largement pourraient avoir un moment eureka similaire à la loi sur la réduction de l’inflation (Inflation réduction act) aux États-Unis, qui promet une période de boom pour l’hydrogène, le captage et stockage du CO2 et le solaire. L’Adnoc et les Émirats arabes unis continueront d’augmenter les investissements à faible émission de carbone, ce qui entraînera d’autres producteurs de pétrole au Moyen-Orient”, affirme-t-elle.

Ce n’est pas la première fois que le pays hôte de la COP sur le climat est critiqué. La Pologne, pays fortement dépendant du charbon, a déjà organisé trois COP , en 2008, 2013 et 2018. Le Qatar avait aussi accueilli la COP18 en 2012. Le processus de sélection des présidences de COP et des lieux de réunion suit une alternance entre les cinq groupes régionaux. Et les candidats ne se bousculent pas… 

Concepcion Alvarez @conce1

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