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La crise de l'énergie ravive la flamme du charbon

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Publié le 05 novembre 2021

Alors que les États multiplient les annonces sur la sortie du charbon à la COP26, le secteur vit un rebond inédit. La Chine, l’Inde et les États-Unis, trois premiers consommateurs mondiaux du minerai, alimentent entre autres ce sursaut comme une réponse conjoncturelle aux difficultés d’accès à l’énergie. 

Le président de la COP26 Alok Sharma a appelé les États à “consigner le charbon aux livres d’histoire”. En attendant que les promesses de Glasgow soient suivies d’effets, le plus polluant des combustibles fossiles reste au centre des préoccupations face aux problèmes d’approvisionnement en énergie en Chine et en Inde ; tandis qu’aux États-Unis le rebond de la consommation offre aussi un baroud d’honneur à une industrie en déclin. 

En Chine, premier producteur et consommateur mondial, l’insuffisante production d’électricité a forcé des rationnements pour certains secteurs économiques gourmands et des coupures intermittentes dans les quartiers résidentiels. Alimenté par ces tensions, le prix du charbon s’est envolé sur les marchés locaux, asphyxiant les compagnies d’énergie soumises à un système de prix réglementés. 

Menace de pénurie en Inde

La Commission Nationale pour la Réforme et le Développement (NRDC), un des porte-voix de la planification étatique, a demandé aux entreprises minières de produire plus de 100 millions de tonnes de charbon supplémentaires d’ici à la fin d’année : le pays aurait déjà battu en octobre son record mensuel de production, selon des informations rapportées par l’agence Bloomberg. En complément d’importations en hausse en provenance d’Indonésie, et d’un message de fermeté à l’égard des “spéculateurs”, ces mesures ont contribué à dégonfler les prix et les craintes à l’approche de l’hiver. 

Le grand voisin indien s’est lui aussi trouvé confronté à de grandes difficultés pour maintenir sa production d’énergie. Début octobre, le pays a évité de justesse une pénurie générale dans ses centrales électriques, après que, selon le Financial Times, la mousson ait fortement ralenti le rythme d’activité de Coal India, principal fournisseur public de charbon. Une alerte qui encourage les projets du gouvernement visant à multiplier les mines, notamment dans le centre du pays, pour répondre à une demande en hausse exponentielle : la part du charbon devrait continuer d’augmenter dans le mix énergétique d’ici à 2030, avant de se stabiliser. 

Aux États-Unis, le retour à meilleure fortune des compagnies minières

Loin d’être cantonné aux pays émergents, le sursaut du charbon est visible également outre Atlantique. D’après l’Energy Information Administration, la consommation de charbon aux Etats-Unis a augmenté de 20% en un an, principalement en tant que substitut au gaz naturel, dont les prix ont atteint des sommets. Une aubaine pour les producteurs locaux : le New York Times pointe que la compagnie Peabody Energy, ressuscitée après une faillite retentissante en 2016, a par exemple vu son action s’envoler de 700% entre janvier et octobre. 

Au-delà de ces trois pays clés, le retour en grâce du charbon est une piqûre de rappel de son rôle de clé de voûte dans le système énergétique. Selon l’Agence Internationale de l’Énergie, il représentait 36,7% de la production d’électricité globale en 2019 – une part en baisse de seulement 4% par rapport à 1973 (année du premier choc pétrolier). Une facette du défi que représente sa quasi-élimination d’ici à 2050, alors qu’il reste une solution de dernier recours pour garantir l’accès à l’énergie d’une population mondiale à la demande toujours en croissance. 

Paul Kielwasser

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