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La DRH qui disait “Bonjour” !

Voici un titre d’article qui pourrait ouvrir sur un recueil de contes. 

Au cours de notre carrière, nous progressons, nous gagnons en responsabilité, nous menons des projets d’envergure, nous créons des politiques RH. Nous pouvons aussi oublier de prendre le temps de saluer nos collaborateurs. 

Au-delà du simple “Bonjour” dans les couloirs, au-delà de la politesse, nous allons détailler dans cet article l’importance du “Bonjour” dans la construction du lien social, et par répercussion dans les pratiques RH. Back to basics.

Nous partirons tout d’abord d’un cas pratique imaginaire et candide, duquel nous tirerons des enseignements à portée parfois stratégique, puis nous ouvrirons le débat sur le contexte de télétravail, pour conclure sur l’image de la fonction RH.

Sommaire de l’article:

Cas pratique au travers d’un conte.

Il était une fois une DRH qui avait toujours énormément de travail…

Elle arrive le matin, déjà pressée, en passant par la machine à café avant même de poser ses affaires à son bureau. Elle affiche un sourire gentil et gêné du type “je suis à la bourre, ne me parlez pas”, en réponse aux salutations des collègues qu’elle croise sur son chemin.

Enfin à son bureau, elle allume son ordinateur, ouvre sa messagerie : 120 mails non lus. Puis, elle ouvre son agenda, s’imprègne du programme, elle est déjà en retard pour sa prochaine réunion. Elle va y aller “free style”, car elle n’a pas eu le temps de préparer ses éléments concernant le point budget, mais elle assure en impro. Pourtant, elle a terminé sa journée à 20h la veille. Et elle ne terminera pas plus tôt ce soir.

Elle se félicite, car elle connaît bien les 300 salariés de la société. Elle sait même écrire leur nom de famille sans faute d’orthographe. Au travers des revues de salaires, des revues de performances, des matrices de succession, des validations de plans de formation (oups, de développement des compétences) ou au cours des d’échanges formels ou informels avec les autres directeurs, oui c’est sûr, elle connaît tous les salariés.

Et pourtant, elle est enfermée dans sa tour d’ivoire. C’est une tour qu’elle ne perçoit pas. Seuls les salariés les plus téméraires ou les plus “gradés” osent s’en approcher. Elle a l‘air sympa la DRH, mais elle a l’air inatteignable ! «Elle ne sait même pas qui je suis» et «En plus, elle ne dit jamais Bonjour». 

Un jour, cette remarque atteint les oreilles de la directrice logistique, connue pour son écoute, son accessibilité et sa franchise. Cette dernière apprécie la DRH pour sa vision et son engagement. Elle choisit de lui en parler au bon moment, avec les formes et la méthode de feedback appropriée. La DRH remercie sa collègue pour ce message, et décide de changer petit à petit. Aux yeux des salariés, la DRH peut rester difficile d’accès, mais au moins, ils savent qu’elle leur donne de la considération. 

Et ils vécurent dans le respect et eurent beaucoup de “Bonjour”…

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Les enseignements sur le thème du “dire Bonjour”.

De ce conte, dont toute ressemblance avec des personnages ayant réellement existé serait purement fortuite, nous pouvons tirer plusieurs enseignements.

Dire “Bonjour” est une marque de politesse mais aussi de reconnaissance.

La politesse, un fondamental.

Vous êtes dans un milieu professionnel, vous connaissez bien certains collègues, d’autres uniquement de vue, et il y en a même d’autres que vous n’avez jamais vu. Pour ceux que vous côtoyez peu ou jamais, le “Bonjour” est la première image qu’ils se font de vous, et qui sait, vous pourrez être amené à travailler ensemble bientôt ! Écrire ce B-A BA noir sur blanc paraît absurde, et pourtant, l’expérience prouve que c’est utile de le rappeler.

Par ailleurs, si vous ne connaissez pas tous les collaborateurs de la société ou que vous êtes en prise de poste, sachez qu’il vaut mieux dire “Bonjour” 2 ou 3 fois à la même personne que pas du tout. 

Enfin, n’oubliez pas de dire “Bonjour” à votre équipe, et pourquoi pas de partager un café ensemble le matin. C’est un bon moyen de prendre la météo du jour, et de maintenir le lien malgré un emploi du temps souvent chargé.

Représentation, la fonction RH.

Les ressources humaines, les people, les collaborateurs, les salariés, nos populations sont au cœur de notre métier. S’il y a une fonction de laquelle on attend particulièrement de la considération en tant que salarié, c’est bien la nôtre.

Un “Bonjour” franc quand on se croise dans les couloirs est une forme de reconnaissance. Peut-être que la personne saluée à quelque chose à nous demander, et cela permet d’amorcer la discussion. Les discussions informelles sont si importantes dans les relations humaines ! Bien sûr, si l’on est pressé, on se donne rendez-vous plus tard, la porte est ouverte.

Enfin, au-delà des personnes que l’on croise au hasard, il est judicieux de programmer des moments dédiés pour saluer une équipe, un atelier, ou pourquoi pas tout un bâtiment.

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Faire de la place dans son emploi du temps pour saluer est contraignant mais nécessaire.

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Dire “Bonjour” n’apparaît pas formellement dans la description de fonction, ni parmi les objectifs. Ou rarement. Dans une petite organisation cela s’intègre naturellement à la journée de travail. Mais souvent, se libérer du temps spécifiquement pour saluer les équipes est pourtant nécessaire.

Être au contact des collaborateurs.

Connaître et se faire connaître. Cela commence par un “Bonjour”. Cela signifie que l’on est au contact de ses collaborateurs, même si ce ne sont que 3 secondes. 

Peut-être que l’un d’entre eux a une question à vous poser ? Ou qu’il souhaite vous interpeller sur une revendication ? Une équipe a peut-être décoré ses bureaux pour Halloween et serait ravie que vous le notiez ?

En allant vers eux, vous leur offrez un point d’entrée pour un échange. Surtout si vous les regardez dans les yeux pour les saluer. Plus vous leur offrirez de points d’entrée, plus ils oseront également venir à vous en cas de besoin.

Connaissance des conditions de travail des collaborateurs.

Aller au contact, c’est aussi prendre connaissance des conditions de travail de chacun, les voir en action dans leur métier et leur environnement.

Vous pouvez également être proactif et poser des questions à certains d’entre eux. 

Les tours de terrain (ou de salutation) vous rendront encore plus légitime lors de discussions ou de prises de décisions les concernant.

Enfin, cela permet de prendre la température du climat social. Peut-être pas lors de votre premier tour, mais lors des suivants. En effet, en créant de l’accessibilité, avec le temps, les langues se délient et ces tours de terrain apportent des inputs de valeur au niveau des pratiques RH.

Dans les grands groupes, lorsqu’un DRH se déplace sur un site, n’y a-t-il pas toujours une visite de site organisée ?

Chacun répond à sa perception de la réalité.

Nous analysons et interprétons la réalité au travers de nos propres sens, nos filtres, nos croyances.

Dans le conte ci-dessus, la DRH est persuadée de bien connaître les salariés, alors que les salariés sont persuadés du contraire. On ne peut certainement pas s’infiltrer dans les pensées de l’autre, chacun est maître de ses pensées. 

En revanche, à nous de voir quels signaux envoyer, de se mettre à la place des collaborateurs : comment peuvent-ils savoir qu’ils sont au cœur de nos préoccupations s’ils ne nous voient jamais ?

Les différentes formes de “Bonjour”.

Différentes formes de salutation.

Faut-il serrer la main, faire la bise (bien française), faire un signe de main pour accompagner le “Bonjour” ? 

Par ces temps d’épidémie de Covid, la question ne se pose pas, afin de maintenir la distanciation sociale.

La poignée de main reste le geste le plus symbolique, il est d’autant plus apprécié sur les lieux de production ou similaires, dans le monde ouvrier. Par ce geste, vous montrez une forme de considération et faites tomber une barrière col blanc / col-bleu.

Faire la bise n’est pas une obligation, d’autant que cela peut être perçu comme intime. Sur cette forme-là, vous avez bien sûr le choix de l’accepter ou le refuser.

Chaque société a sa culture, il est important de la comprendre mais aussi de respecter vos valeurs personnelles.

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La fréquence du tour de terrain.

Il n’y a pas de fréquence idéale. Elle dépendra d’une part de la taille de votre société, du nombre de salariés, du nombre de sites, des enjeux et actualités, etc… Et de votre disponibilité.

À titre indicatif, sur un établissement de 150 personnes, faire un tour de site 1 à 2 fois par mois a un impact positif.

Lorsque vous vous déplacez spécifiquement sur un site pour une courte durée, c’est néanmoins évident que vous devez en faire le tour. 

Comment garder le lien du “Bonjour” en télétravail ?

Vous ne pouvez plus croiser de collaborateurs dans les couloirs. Le meilleur moyen de garder le lien avec vos people est donc d’aller vers eux dans des instances déjà existantes, pour ne pas créer de surcharge. Une solution serait d’intervenir sur un point d’info RH en réunion d’équipe ou de département de temps à autre.

Un outil serait de communiquer sur des plages horaires de disponibilité, de rendez-vous sur demande, ou de mettre en place un café virtuel pour répondre à toute question RH. L’important est bien de créer des points d’entrée pour garder le contact.

Si vous avez mis en place d’autres pratiques, n’hésitez pas à les partager en commentaire !

Sauvons l’image des Ressources Humaines.

Le conte écrit ci-dessus finit bien. Par ailleurs, les entreprises peuvent continuer à exister avec de tels frottements. Une DRH qui ne dit pas “Bonjour” n’a jamais entraîné la faillite d’une société. Gardons néanmoins à l’esprit que c’est la somme de petits frottements durables qui entraînent de vrais dysfonctionnements ou du mal-être au travail.

Enfin, c’est malheureusement si commun d’avoir une mauvaise image de la fonction RH, que simplement le fait de dire “Bonjour” apparaît comme un pas facile pour se (re)connecter à ses collaborateurs. Pourquoi s’en priver ?

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