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La filière viticole française présente une feuille de route pour s’adapter au réchauffement climatique

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Publié le 28 août 2021

ENVIRONNEMENT

Vendanges plus précoces, degré alcoolémique plus élevé, plu grande acidité du raisin… le réchauffement climatique a déjà des conséquences concrètes sur la production de vin français. Pour en préserver la qualité et le rendement, les organisations professionnelles de la filière viticole ont présenté un plan d’action afin d’adapter les modes de production à l’élévation des températures et aux événements climatiques plus fréquents.

Le changement climatique menace de changer radicalement le goût du vin français. Pour sauvegarder à la fois son modèle économique et la qualité de sa production, la filière viticole vient de présenter une feuille de route à Julien Denormandie, le ministre de l’Agriculture, afin d’adapter le secteur aux conséquences du réchauffement.

Pour les producteurs de vins, il s’agit en effet d’un problème concret dont les effets se font déjà ressentir sur leur activité. La date des vendanges ne cesse d’avancer, elles se font aujourd’hui 15 jours plus tôt qu’avant 1980 dans les Côtes du Rhône et à Saint Émilien, et 26 jours plus tôt en Alsace. L’augmentation des températures transforme par ailleurs le profil du raisin récolté. Les vignerons constatent une augmentation du degré alcoolique, une baisse de l’acidité du raisin ou encore un changement des arômes. À cela s’ajoute la multiplication des événements climatiques qui pèsent sur les niveaux de production, tels que des canicules, des épisodes de gel tardif comme au printemps dernier, des hiver trop doux, des étés trop pluvieux, etc.

À l’horizon 2050, le changement climatique aura modifié à la fois les conditions de production des vins, leurs caractéristiques organoleptiques et leurs marchés. Dès à présent, la filière viti-vinicole française doit s’y préparer pour s’adapter tout en s’engageant à contribuer à l’atténuation du changement climatique“, écrivent ainsi les dirigeants des organisations professionnelles FranceAgriMer, l’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) et l’Institut français de la vigne et du vin.

Sept domaines d’intervention

Elles travaillent depuis 2017 avec l’Inrae (Institut national de recherche agronomique) pour trouver des solutions permettant de préserver la spécificité de chaque région viticole françaises. La feuille de route propose ainsi une quarantaine d’actions à mettre en œuvre, organisées autour de sept axes. Ceux-ci prennent en compte aussi bien l’adaptation des vignes, en améliorant la connaissance des zones viticoles, ou encore en transformant les modes de production (meilleure gestion de l’eau, nouvelles pratiques de culture, etc.), en choisissant des vignes mieux adaptées aux conditions climatiques.

Les professionnels du vin veulent aussi agir sur les pratiques œnologiques pour préserver la qualité de leur production. Ils préconisent notamment d’adapter la réglementation pour leur permettre de réduire la teneur en alcool du vin dans de plus fortes proportions que celles autorisées actuellement, ou encore pour modifier l’acidification des vins.

Le plan d’action recommande également aux producteurs de se garantir contre les aléas climatiques, au moyen de contrat d’assurance spécifiques et d dispositifs de protection des vignes. Les organisations professionnelles veulent également amplifier les efforts de recherche et développement, pour continuer de trouver de nouvelles solutions d’adaptation. Enfin, elles préconisent également des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la filière, comme des initiatives permettant d’augmenter la capacité de captage de CO2 des vignobles ou de réduire la consommation énergétique.

Arnaud Dumas, @ADumas5

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