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La Finance d’impact publie son premier baromètre

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3Zéro ? Ce n’est pas le score final d’un match de foot, c’est le nouveau nom du Forum Mondial organisé chaque année par l’association Convergences – sauf l’an dernier – qui marque traditionnellement la rentrée des financeurs publics et privés, des ONG et des entrepreneurs sociaux, tous déterminés à soutenir des projets à impact social, écologique et territorial positif, au regard des 17 objectifs du développement durable (ODD) de l’ONU. Et cette année, c’est au Forum 3Zéro qu’a été lancé le premier Baromètre de la Finance d’Impact. Alors, voyons cela de plus près (téléchargez le baromètre).

La finance d’impact, kezako ? C’est cette finance « qui recherche explicitement à la fois une rentabilité économique et la création d’un impact social et environnemental positif et mesurable », définit Sandra Bernard, conseillère en stratégie impact chez Aurore Investissement, dans ce Baromètre. Les interprétations divergent encore selon les origines géographiques, culturelles, sectorielles… Mais « en Europe, il s’agit davantage de compléter l’action publique plutôt que de s’y substituer [pour] résoudre des problématiques relevant souvent de l’intérêt général », poursuit-elle. 

La finance d’impact, c’est qui ? Le concept recouvre à la fois la microfinance et ses micro-crédits accordés depuis les années 90 aux petits entrepreneurs du monde entier, mais aussi la finance verte avec ses obligations durables (green bonds) pour financer la transition écologique et énergétique, ou encore l’investissement socialement responsable (ISR) et l’impact investing à l’anglo-saxonne. Pêle-mêle, on y trouve aussi des financeurs publics locaux et nationaux, des fondations et des mécènes, sans oublier les acteurs de la finance solidaire : l’association Finansol vient de se renommer Fair en juin dernier, après sa fusion avec l’iiLab et son repositionnement sur la finance d’impact.

La finance d’impact, combien de milliards ? Le marché de l’investissement à impact a atteint 715 milliards de dollars l’an dernier, gérés par 1.700 investisseurs dans le monde, selon le Global Impact Investing Network (GIIN). A titre d’exemple, la microfinance, dite aujourd’hui finance inclusive, a terminé l’année 2020 avec 160 milliards de dollars de crédits en cours, prêtés à 140 millions de petits emprunteurs et emprunteuses (81% de femmes). Autre exemple, la finance verte : 2020 a vu l’émission de 297 milliards de dollars d’obligations climat. Oui, la planète s’endette pour relever le défi de la crise climatique.

Pour autant, la finance d’impact se cherche et doit encore se structurer. « Faire de l’investissement à impact nécessite de changer de logiciel pour rechercher, dès le départ, la performance financière conjointement à la performance écologique et sociale », assure, convaincue, Pauline Becquey, directrice générale de Finance for Tomorrow, qui chapeaute les acteurs du secteur. Au Forum Mondial 3Zéro, Baptiste Fassin renchérit : « Face à l’urgence écologique et sociale inédite à laquelle nous sommes confrontés, c’est un changement de paradigme économique complet qu’il nous faut collectivement entamer. Un paradigme basé sur la maximisation de l’impact, et non plus du profit ».

Mais le chemin est ardu. S’il « n’y a rien de mieux que l’approche par le chiffre, la mesure d’impact c’est compliqué pour les banques et leurs clients », reconnaît Valérie Vitton, directrice des Financements au Crédit Coopératif, que nous avons interviewée au Forum 3Zéro (voir la vidéo). Et pour cause : les indicateurs d’impact diffèrent largement d’un secteur d’activité à l’autre, empêchant les comparaisons et perturbant les méthodes traditionnelles d’évaluation des financeurs. La solution, lente à accoucher, est en cours d’élaboration : c’est la « taxonomie européenne » sur la finance d’impact, qui permettra de catégoriser les différentes familles d’investissement et leurs batteries d’indicateurs, que tous les financeurs européens pourront un jour s’approprier.

Dans son long portrait exclusif accordé à Mediatico, Olivia Grégoire est revenue la semaine dernière sur les racines de son engagement personnel, dans sa vie de femme, dans sa vie d’entrepreneuse, dans sa vie politique (voir la vidéo). La Secrétaire d’État, chargée de l’économie sociale, solidaire et responsable, nous dit que c’est encore et toujours « pour être utile aux autres » qu’elle a donné durant son mandat un coup d’accélérateur aux contrats à impact, aux entreprises à impact, à la finance d’impact. A partir de janvier prochain, soit quelques semaines avant l’élection présidentielle, elle compte bien s’appuyer sur la présidence française de l’Union européenne pour donner un nouveau coup d’accélérateur à la finance d’impact. Au niveau européen cette fois.

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