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La France mettra fin au broyage des poussins mâles en 2022

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Publié le 20 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

Le ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, a annoncé que la France mettrait fin d’ici 2022 à la pratique qui consiste à broyer ou gazer des millions de poussins de sexe masculin faute de ponte et de rentabilité. La France avait annoncé en 2019 vouloir y mettre un terme en 2021 mais, en l’absence d’alternative convaincante, l’objectif n’a pas été tenu.

Broyés, gazés, jetés, encore agonisant dans des sacs-poubelles. En France, chaque année, plus de 50 millions de poussins mâles sont éliminés. Une situation à laquelle le ministre de l’Agriculture Julien Denormandie, promet de mettre fin d’ici 2022. Celui-ci a annoncé dans un entretien au Parisien le 18 juillet que la fin du broyage des poussins mâles serait ainsi prévue dans un an. Un projet de décret est attendu “à la fin de l’été”.

Pour bien comprendre, tous les poussins, mâles ou femelles, naissent dans des couvoirs industriels. Les femelles sont vendues aux éleveurs et deviendront des poules pondeuses. Les mâles eux, sont tués dès leur naissance car pas assez rentables. Ils ne produisent pas d’œufs et ne peuvent pas être vendus pour leur chair car leur croissance est trop lente. Aujourd’hui, quasiment tous les œufs bio ou conventionnels que nous mangeons sont issus d’une filière qui broie vivant les poussins mâles. 

Un centime d’euro en plus

Le ministère de l’Agriculture compte ainsi rendre obligatoire des appareils permettant aux producteurs d’utiliser la technique du sexage dans l’œuf. Cette technologie, appelée la spectrophotométrie permet de “distinguer, à travers la coquille, la couleur des plumes des embryons mâles, différente de celle des embryons femelles”, a précisé Julien Denormandie. Il assure que “les machines seront installées pour deux tiers de la production en France dès la fin du premier trimestre 2022″.

Pour accompagner les professionnels dans un investissement de “plusieurs millions d’euros”, “l’État accordera 10 millions d’euros sous forme de subventions, dans la limite de 40 % du montant de chaque investissement”, dans le cadre du plan France Relance. Pour le consommateur, “le surcoût” est “estimé à un centime d’euro” sur le prix d’une boîte de six œufs, a détaillé le ministre. Le Comité national pour la promotion des œufs en France (CNPO) appelle, lui, à une décision européenne pour ne pas “créer de distorsions de concurrence”, avance son président, Philippe Juven, sur France Info. Quant aux associations de bien-être animal, elles saluent cette décision mais proposent d’aller plus loin.

Changer de modèle

“Le sexage in ovo est l’une des solutions. Le retour à l’élevage de volailles de souches mixtes (destinées à la fois à la ponte et à la production de poulets de chair) en est une autre qui permettrait de prévenir certains problèmes de bien-être directement liés à l’hyper spécialisation des animaux“, explique Ghislain Zuccolo, directeur général de Welfarm. 

Pour rappel, l’ancien ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, avait annoncé en 2019 vouloir mettre fin en 2021 au broyage des poussins. La France cherchait les meilleures alternatives possible, justifie l’actuel ministre Julien Denormandie. La castration à vif des porcelets sera, elle, interdite à partir du 1er janvier 2022 en vertu d’un récent texte réglementaire.

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