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La grande bifurcation : Étudiants engagés, ces entreprises vous réclament

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entreprises recruteurs

Publié le 12 août 2022

Elles leur ouvrent les bras. Inspirées par les discours des étudiants “déserteurs” qui rejettent le système actuel, des entreprises engagées appellent ces jeunes diplômés à les rejoindre. Une manière pour elles d’accélérer leur transformation en étant challengées au quotidien. Toute la semaine, Novethic explore les bifurcations, nouvelles voies pour un monde plus durable envisagées par de plus en plus d’étudiants. 

L’appel à “déserter” des jobs “destructeurs” lancé par plusieurs étudiants de l’école d’ingénieur Agro Paris Tech a fait couler beaucoup d’encre. Dans une tribune publiée dans Les Echos, Pierre Verzat, le président du Syntec, l’organisation professionnelles des ingénieurs, regrette un “dialogue brisé” entre “deux générations perçues comme antinomiques”. Selon lui, “des entreprises ont déjà bifurqué”. “Elles ont besoin, nous avons besoin, des ingénieurs de demain, des écologues de demain” affirme-t-il.

Si la réaction est vive, c’est parce que les recruteurs ont déjà des difficultés à trouver des profils qualifiés sur les thématiques du climat et du développement durable. “L’effectif nécessaire croîtra de 20 % à horizon 2025” indique Pierre Verza, citant une étude de l'”observatoire prospectif des métiers et des qualifications” qui conclue qu’actuellement, le nombre de diplômés orientés sur les sujets du climat est “largement insuffisant”. Le cabinet de recrutement Birdeo, spécialisé dans les métiers à impact positif, fait le même constat : “Nous sommes dans une situation de transition où la demande est supérieure à l’offre”.

Les portes sont ouvertes

“Les sujets sont de plus en plus techniques, par exemple dans l’agroalimentaire au sujet de la régénération agricole, dans la finance au sujet de la performance extra-financière… Il y a de plus en plus de postes à double casquette, comme les achats durables, le marketing durable. Il y a aussi des entreprises engagées, par exemple labellisées B Corp, ou des sociétés à mission, qui recherchent une cohérence de valeur dans les recrutements” précise Birdeo.

L’entreprise Ecotone, qui possède plusieurs marques bios comme “Bjorg” ou les thés “Clipper” n’hésite pas à ouvrir ses portes pour convaincre les étudiants de ses engagements, invitant les étudiants à discuter avec chacun des salariés et experts de l’entreprise. Elle met aussi en avant ses labels et certifications, comme le label B Corp. “Les étudiant-e-s aujourd’hui sont plus attentifs et plus pointus dans leurs questions” constate Ecotone.

Une fois en poste, l’entreprise continue à encourager les échanges et les remises en question. “Nous avons par exemple tous les mois des conférences ou webinars sur les sujets de Biodiversité et alimentation, ou de sujets alimentaires en lien avec l’actualité” explique Ecotone, mettant en avant également son “Biodiversity day “, un jour par an où tous les bureaux européens explorent des solutions autour d’un sujet précis. L’entreprise veut aussi valoriser les envies des salariés en leur offrant deux jours de travail pouvant être dédiés à une activité caritative et indique écouter attentivement “toutes les bonnes idées que ces nouveaux et nouvelles salariées peuvent avoir et qui font grandir les entreprises”.

Des atouts pour les entreprises

Les jeunes engagés ont beaucoup à apporter dans les entreprises. “Dans les postes RSE, il faut des personnes qui incarnent la démarche” explique la directrice de Birdeo. Pour elle, l’optimisme et la ténacité sont les deux qualités principales pour réussir, expliquant “qu’il faut encore batailler”. Elle apporte toutefois une nuance sur la posture militante, affirmant que la démarche doit être collective. Elle recherche ainsi des personnes ayant une “grande capacité de vulgarisation” afin “d’embarquer tout le monde”.

Le directrice de Birdeo constate “une vraie prise de conscience” des entreprises comme des candidats à la recherche d’emploi, avec une accélération en 2019, l’année des incendies en Australie. Pour elle, les jeunes diplômés actuels sont une “génération environmental native”, dotée d’une vaste culture générale sur l’environnement et “en capacité de faire bouger les choses”. Un constat partagé par Ecotone, qui “comprend le désir fort de bifurcation” mais appelle les étudiants à “faire bifurquer les entreprises elles-mêmes, et à changer le système de l’intérieur”.

Fanny Breuneval

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