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La grippe aviaire dévaste les élevages de volailles, sans que le modèle intensif ne soit remis en cause

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elevage poules pixabay

Publié le 22 décembre 2022

ENVIRONNEMENT

L’année 2022 aura connu l’épidémie de grippe aviaire la plus dévastatrice de l’histoire, selon un rapport de trois autorités européennes. Plus de 50 millions de volailles ont été abattues pour tenter d’endiguer le virus, sans succès. Les stratégies publiques consistant à abattre les animaux infectés ou risquant de l’être et à confiner les élevages montrent leurs limites. Mais la remise en cause d’un modèle d’élevage intensif, favorisant la propagation du virus, ne semble pas à l’ordre du jour.

C’est un virus dont on parle un peu moins que le Covid-19. Mais dont les effets dévastateurs se font durement ressentir dans l’industrie de la volaille. Trois agences européennes, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et le laboratoire de référence de l’Union européenne, ont publié le 20 décembre un rapport alarmant sur l’épidémie de grippe aviaire qui sévit en Europe. Selon eux, l’Europe traverse depuis plus d’un an l’épidémie de grippe aviaire “la plus dévastatrice” de son histoire, avec 50 millions d’oiseaux abattus dans les élevages infectés et un virus qui redouble d’ardeur à l’entrée de l’hiver. Les pertes de poulets, canards ou dindes sont, en réalité, plus considérables, car ce bilan de 50 millions d’oiseaux euthanasiés n’inclut pas les abattages préventifs d’animaux sains autour des foyers.

Le virus de l’Influenza aviaire hautement pathogène (IAHP), détecté dans 37 pays européens entre octobre 2021 et septembre 2022, a aussi traversé l’océan Atlantique. Il s’est propagé en Amérique du Nord et touche désormais jusqu’à l’Equateur, qui a activé début décembre un plan visant à protéger les oiseaux sauvages des îles Galapagos. En Europe, le virus ne s’est pas éclipsé à la faveur de l’été. Il s’est propage à la faune sauvage, décimant des colonies d’espèces marines protégées. Et les contaminations ont repris précocement dans les élevages. Selon l’EFSA, entre le 10 septembre et le 2 décembre 2022, on comptait 35% d’élevages contaminés en plus par rapport à la même période l’an dernier.

La France parmi les pays les plus affectés

La France fait partie des pays les plus affectés par l’épidémie. Le nombre d’élevages touchés y a plus que doublé en quelques semaines, passant de 91 foyers début décembre à 211 au 19 décembre, selon le ministère français de l’Agriculture. Avant cette nouvelle accélération, entre août et début décembre, plus d’un million de volailles avaient été euthanasiées. Et le virus revient tous les ans. La précédente vague de grippe aviaire dans les élevages français, entre fin novembre 2021 et mi-mai 2022, avait entraîné l’euthanasie de plus de 20 millions de volailles infectées ou non, certaines étant abattues pour éviter la propagation.

Ces épidémies en série, qui reviennent de manière récurrente, posent la question du modèle de l’élevage intensif de volaille. La concentration d’animaux au même endroit et l’élevage industriel dans des bâtiments auraient plutôt pour effet de démultiplier les infections, selon une vingtaine d’associations dont la Confédération paysanne qui ont écrit une lettre ouverte au gouvernement en novembre 2022. Les associations critiquent la stratégie gouvernementale consistant à abattre massivement les animaux et à obliger les éleveurs à les confiner, plutôt que de les laisser en plein air. “Ces mesures délétères pour l’élevage plein air ne sont ni nécessaires, ni efficaces pour endiguer les épizooties : alors que la claustration des volailles était en vigueur, la France a connu le pire épisode d’influenza aviaire de son histoire en 2022”, écrivent-elles.

Recherche d’une stratégie vaccinale

Plutôt qu’une transformation du modèle de l’élevage intensif, les autorités européennes cherchent plutôt à trouver le vaccin miracle, permettant de venir à bout du virus. À la suite d’une requête de la Commission européenne, l’EFSA “évalue actuellement la disponibilité de vaccins contre l’IAHP pour les volailles, et examine d’éventuelles stratégies de vaccination”. Les résultats de ces travaux seront connus au second semestre 2023.

La route risque cependant d’être longue. “Sur les cinq vaccins actuellement disponibles dans le monde, un seul dispose d’une autorisation de mise sur le marché en Europe pour les poules”, remarque l’Anses. Cette autorisation date cependant de 2006, sans qu’elle n’ait été actualisée. Elle ne concerne par ailleurs que les poules, or les canards sont plus particulièrement sensibles au virus. Des vaccins destinés aux canards sont “en cours de recherche et de développement mais ils ne seront pas commercialisables cet hiver”, rappelle l’Anses.

Arnaud Dumas avec AFP

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