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La guerre en Ukraine de Poutine est sur les écrans du monde entier

Vladimir Poutine Russie ecrant CCO

Publié le 25 février 2022

L’entrée des chars russes en Ukraine a sonné le réveil sur la possibilité d’une guerre en Europe. La panoplie des sanctions se renforcent au point que Joe Biden espère transformer Poutine en “paria international”. Mais cette logique d’affrontements entre deux blocs, sorte de guerre froide moderne, est-elle adaptée à un monde où les dépendances énergétiques sont si fortes et les messages de propagande russe insérés dans tous les médias sociaux occidentaux ?

Après quelques heures de sidération, l’entrée des chars et les bombardements sur l’Ukraine ont déclenché des réactions en chaîne. Les marchés boursiers asiatiques et européens sont passés dans le rouge, le prix des matières premières a explosé et le cours du baril de pétrole a passé la barre des 100 dollars. Les entreprises les plus présentes en Russie ont enregistré des baisses spectaculaires comme la Société Générale (-12%) ou Renault (-9%). TotalEnergies qui a des sites stratégiques d’exploitation gazière dans le pays, dont Yamal LNG et le projet très controversé Artic LNG2, a lui aussi perdu près de 3%.

Mais le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, continue à afficher sa sérénité. À la conférence de l’International Energy Week, il a déclaré : “Je suis convaincu que les Russes ne veulent pas utiliser le gaz comme une arme dans le conflit“. Ils en ont au moins la possibilité puisque le gaz russe représente environ 40 % de la consommation de gaz européen et que son prix a d’ores et déjà flambé de 50 %. Reste que l’économie russe est mal en point et que la Russie a besoin de continuer à vendre l’une de ses principales richesses.  

Un front virtuel

L’autre front, plus virtuel, est celui de l’information. Pour muscler son “soft power”, la Russie a financé les chaînes Russia Today (RT) qui diffusent des informations en français, anglais, espagnol. Elles ont obtenu des licences dans divers pays européens comme en France. L’ARCOM (ex-CSA) a annoncé “veiller avec la plus grande vigilance à la qualité de ses programmes” depuis l’entrée en guerre de la Russie. À première vue, c’est une chaîne d’information continue comme les autres, mais quand elle traite de sujets russes, elle est sur la même ligne que Vladimir Poutine.

La Russie peut aussi compter sur Sputnik, un agrégateur de contenus, et une stratégie très active de diffusion de ses messages sur les réseaux sociaux. L’objectif est de créer de la confusion autour de l’information, de brouiller les lignes et d’influencer les votes dans les démocraties occidentales que Poutine cible indirectement avec sa guerre.

Énergie et influence

En Russie, il dispose de deux armes qui conjuguent leurs effets : l’énergie et l’influence. Gazprom, le géant de l’énergie russe, possède une cinquantaine de médias dont 38 chaînes de TV et le principal réseau social VK (équivalent de Facebook). Il doit aussi accueillir prochainement dans son conseil d’administration, Gerhard Schröder, l’ancien chancelier allemand social-démocrate de 77 ans, candidat officiellement désigné début février. La propagande version russe s’impose via un long et redoutable travail de sape de la liberté de la presse. La Russie est 150ème dans le classement des pays sur la liberté de la presse de Reporters Sans Frontières qui en compte 180. Accusés d’être des agents de l’étranger, les journalistes y sont arrêtés arbitrairement.

En Europe, les relais sont à la fois les médias financés par la Russie mais aussi les réseaux sociaux des alliés que sont les partis d’extrême droite et leurs soutiens et plus particulièrement en période de campagne électorale. Le Président français, Emmanuel Macron, est très conscient de l’enjeu que représente l’information sous influence. Sa déclaration après l’invasion de l’Ukraine, l’illustre. “En ces heures troubles où renaissent les fantômes du passé et où les manipulations seront nombreuses, ne cédons rien de notre unité autour de nos principes de liberté, de souveraineté et de démocratie“, a-t-il déclaré. 

Anne-Catherine Husson Traore, @AC_HT directrice générale de Novethic

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