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La mer Méditerranée se réchauffe et attire des poissons tropicaux dévastateurs

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Publié le 16 août 2021

ENVIRONNEMENT

Pollution plastique, surpêche… La mer Méditerranée est menacée sous de multiples aspects. Début juin, le WWF a publié une revue des études scientifiques disponibles sur les effets du changement climatique sur les eaux méditerranéennes. Parmi les grandes menaces pour la biodiversité : l’arrivée de nouvelles espèces tropicales issues de l’Océan indien et de la mer Rouge qui bouleverse les écosystèmes.

La mer Méditerranée est durement frappée par le réchauffement climatique : ses eaux se réchauffent 20% plus vite que la moyenne mondiale. À tel point qu’elle se transforme en un eldorado pour une nouvelle faune et flore tropicale et subtropicale de la mer Rouge ou de l’Océan indien. “La Méditerranée n’est pas un océan tropical – du moins pas encore” souligne un rapport du WWF publié début juin qui passe en revue des études scientifiques sur les effets du changement climatique sur ces eaux. “Mais elle est en voie de le devenir dans sa partie orientale“, alerte l’ONG, c’est-à-dire dans la zone qui s’étend de l’Italie jusqu’en Israël.

Quelque 986 espèces exotiques, dont 126 de poissons, se seraient frayées un passage en empruntant le canal de Suez, reliant les eaux méditerranéennes à celles de la mer Rouge, entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Certaines espèces y trouvent particulièrement leur compte. Sur les côtes de Ligurie, en Italie, les pêcheurs se sont par exemple habitués à débusquer des barracudas dans leurs filets. Il y a deux décennies, capturer ce genre de poisson exotique était encore rare. 

Des espèces envahissantes et dévastatrices

Mais l’émergence de nouvelles espèces peut avoir des effets dévastateurs sur les écosystèmes. La prolifération du poisson- lapin dans les eaux méditerranéennes inquiète particulièrement les scientifiques. Herbivore, il se repaît des algues et détruit sur son passage les habitats des espèces endémiques. Des études récentes recensées par le WWF ont souligné que dans les zones où le poisson-lapin est abondant, comme sur les littoraux turcs et grecs, les chercheurs observent une réduction de 60 % à 65 % des algues qu’ils consomment et une baisse de 40% du nombre total des espèces naturellement présentes. Le poisson-lion a lui aussi migré avec succès, mais il menace les écosystèmes locaux en dévorant de petits poissons et crustacés endémiques, son estomac pouvant s’étendre de 30% pour consommer ses proies. “Les pêcheurs ont un grand rôle à jouer souligne le WWF dans son rapport. Ces deux espèces sont comestibles, il y a donc une opportunité pour créer une demande de la part du consommateur et viser ces poissons délibérément.”

D’autres effets seront en revanche plus difficiles à maîtriser et contrer : les maladies peuvent elles-aussi être emportées par les courants. Le WWF alerte par exemple sur l’hécatombe des grandes nacres, des coquillages connus pour leur taille imposante pouvant aller jusqu’à un mètre. Depuis 2016, leur taux de mortalité a atteint 80%, voire 100%, notamment en Italie, en Espagne ou en Corse, en raison d’un pathogène. Parfois, ces phénomènes n’entraînent “ pas seulement une modification dans la communauté, alerte le WWF, mais l’émergence d’une complètement nouvelle“. En Israël, des chercheurs ont par exemple observé qu’à proximité des côtes, seul 5 à 12% des mollusques endémiques sont encore présents.

Pauline Fricot, @PaulineFricot 

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