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La Norvège, premier pays producteur de pétrole en Europe, fait un pas de plus vers la fin des énergies fossiles

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Publié le 15 septembre 2021

L’économie norvégienne est irriguée par le pétrole. Le premier secteur industriel du pays est pourtant questionné après les résultats des dernières élections législatives. Le futur Premier ministre est soutenu par une coalition bien décidée à mettre fin – plus ou moins rapidement – à toute exploration pétrolière. Une décision qui va peser lourd, mais que le fonds souverain norvégien a déjà initiée en désinvestissant des énergies fossiles.

Les élections législatives en Norvège le 13 septembre frappent un grand coup en Europe. Après presque 20 ans d’un gouvernement conservateur, l’arrivée au pouvoir d’une coalition de gauche à la tête de l’État veut abaisser la part d’un secteur clé du pays, celui du pétrole. Il supporte toute son économie, à hauteur de 14 % de son PIB. Même si la production est sur le déclin, la Norvège extrait 1,8 million de barils par jour et est le 15e pays producteur de la planète.

La place des énergies fossiles dans l’économie norvégienne a été au cœur de la campagne législative norvégienne. La sortie, au cœur de l’été, du rapport alarmant du Giec sur le climat en a même fait une des clés du scrutin, avec la question des inégalités sociales. “La Norvège a envoyé un message clair : les élections montrent que le peuple norvégien souhaite une société plus équitable“, explique le travailliste Jonas Gahr Stoere, futur Premier ministre. Celui-ci est à une tête d’une coalition de cinq partis de gauche.

Le fonds souverain déjà engagé

Si tous les partis, y compris les conservateurs, veulent en finir avec le pétrole, les horizons de temps divergent. Pour la majorité, il s’agit de sortir très progressivement sur de nombreuses années. L’enjeu est sensible puisque le secteur représente 160 000 salariés, un poids énorme dans une population de 5,4 millions d’habitants. En revanche, pour l’un des alliés de la coalition, le groupe écologiste MDG, il faut stopper immédiatement toutes les exploitations pétrolières. Le parti a même conditionné son entrée au gouvernement à cette condition.

Cette transition plus ou moins progressive pour s’écarter des fossiles est déjà engagée. C’est le fonds souverain national, le plus important au monde, qui montre la voie. À la tête de plus de 1 175 milliards d’euros d’actifs, il a fait sa fortune sur le pétrole. Pourtant dès 2015, la Banque de Norvège, qui gère le fonds, lui demande, avec le soutien unanime des parlementaires, d’exclure les entreprises minières et de l’énergie où le charbon représente plus de 30 % du chiffre d’affaires.

En 2019, le Parlement norvégien réitère et autorise le fonds à aller un cran plus loin. Non seulement, le seuil d’exclusion du charbon a été abaissé. Mais surtout, beaucoup plus symbolique, le Parlement l’a autorisé à sortir progressivement du capital des entreprises exportatrices et productrices de pétrole et gaz. Cette mesure concerne 134 entreprises du secteur énergie comme l’américain Chesapeake, le chinois CNOOC ou le français Maurel et Prom. En revanche, les plus grandes majors engagées dans les énergies renouvelables, comme TotalEnergies, étaient épargnées.

Ludovic Dupin, @LudovicDupin

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