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La nouvelle dynamique du mécénat de compétences

Chroniques d’experts

Organisation

Le 28/07/2021

Mécénat de compétences

© Getty Images


Temps de lecture : 5 minutes

Les entreprises jouent un rôle clé pour dessiner un monde plus responsable. Le mécénat de compétences, soutien au développement économique d’acteurs d’intérêt général par le prêt de salariés qualifiés, s’inscrit aujourd’hui pleinement dans cette notion de responsabilité collective.

Porteuse de nombreux défis économiques et sociaux, la crise sanitaire a révélé un niveau d’engagement et de volontarisme inédits dans les organisations, selon une étude Ifop/PageGroup menée en avril 2021. 75% des décisionnaires RH indiquent d’ailleurs que la crise sanitaire a accéléré une prise de conscience plus forte des enjeux sociétaux et environnementaux au sein de leur entreprise. Et si la majorité des organisations n’ont pas attendu la crise sanitaire pour engager des actions, leur dynamisme, notamment sur le plan du partage de compétences, se trouve aujourd’hui renforcé.

Ainsi, 46% des décisionnaires RH rapportent qu’un dispositif de mécénat de compétences est actuellement en place dans leur entreprise (c’est 25 points de pourcentage de plus qu’en mars 2020). Cette action a été favorisée par la crise et le besoin de soutien au développement économique et de cohésion sociale qu’elle a généré. 13% des décisionnaires indiquent par ailleurs que la mise en place de cette action aura lieu dans l’année, portant l’ensemble des acteurs engagés sur ce plan à 59%. Un essor qui n’a rien de surprenant, au vu des bénéfices de ce dispositif, tant pour les salariés que pour les entreprises.

Un dispositif gagnant-gagnant

Le mécénat de compétences offre en effet des bénéfices évidents à l’ensemble des parties prenantes. Il y a d’un côté le bénéficiaire, le plus souvent une association, qui profite d’un apport de compétences ou de connaissances externes, ponctuel ou régulier. Cet apport participe à son développement. La deuxième édition du baromètre du mécénat de compétences, publié par l’Ifop en 2020, soulignait que le mécénat de compétences jouait un rôle structurant pour 83% des associations ayant bénéficié du dispositif, tandis que 65% indiquaient que cette expérience avait renforcé leurs partenariats avec le monde de l’entreprise. C’est le cas, par exemple, de l’association française de lutte contre le VIH et les hépatites virales, Aides, qu’Axa accompagne à travers du mécénat de compétences de longue durée. Un expert des systèmes d’information apporte ainsi son expertise pour définir et mettre en place la stratégie IT et digitale de l’association. Orange a pour sa part accompagné le Secours populaire au travers d’ateliers numériques. Des initiatives particulièrement avantageuses au vu des enjeux digitaux actuels des associations, tant en matière de communication que de recherche de donateurs et de partenaires. Preuve supplémentaire de l’impact de cette solidarité professionnelle : 82% des associations déclaraient par ailleurs qu’elles ne pourraient plus se passer du mécénat de compétences.

Du côté des salariés et des entreprises, les effets sont également très positifs. Source d’évolution professionnelle pour 71% des salariés, d’acquisition de nouvelles compétences pour 57%, de remotivation pour 37%… Le mécénat de compétences permet à chacun de sortir des carcans et de la routine, en changeant d’environnement, d’interlocuteurs ou d’approche. Le dispositif permet par ailleurs une valorisation des compétences et participe donc au développement personnel des collaborateurs (confiance en soi, estime de soi, sentiment d’utilité). Il permet de développer une plus grande ouverture et peut donc générer plus de créativité et d’innovation, piliers de la compétitivité des entreprises.

Près de 75% des décisionnaires RH envisagent aujourd’hui la politique RSE comme un atout pour l’entreprise en matière d’attraction des talents et donc de recrutement, notamment grâce à l’image positive que de telles actions permettent de véhiculer. Près de huit décisionnaires RH sur dix y voient un élément de motivation et d’engagement pour les collaborateurs, clé de la rétention des talents dans l’entreprise. Ce qui fait tout à fait écho au point de vue des collaborateurs : plus de huit salariés sur dix indiquent ainsi que l’expérience constituera un temps fort de leur histoire avec l’entreprise ; 78% estiment mieux comprendre les valeurs de l’entreprise et 77 % ont développé un plus fort sentiment d’appartenance après avoir participé à une action de mécénat de compétences.

Ce sentiment d’appartenance renforcé, nous l’observons en effet chez les collaborateurs : avoir l’opportunité de réaliser, sur son temps de travail, une action que l’on a parfois toujours voulu entreprendre à titre personnel, sans en trouver le temps ou la porte d’entrée, est une source de satisfaction réelle. Le fait que l’employeur s’engage pour le salarié en lui offrant l’opportunité d’un changement de décor, d’une bouffée d’oxygène permettant de porter un regard neuf sur sa propre activité et de mettre ses compétences au profit d’autres, construit de la confiance sur le plan individuel, mais aussi sur le plan collectif, ainsi qu’entre les collaborateurs et l’entreprise.

Quatre conditions pour réussir

Développement personnel, soutien au développement économique, amélioration du climat social, de l’engagement des collaborateurs et de leur rétention… Les vertus du mécénat de compétences sont multiples et, à titre personnel, j’en suis depuis longtemps convaincue. C’est bien pour cette raison que PageGroup compte parmi les seize premiers signataires de la charte Alliance pour le mécénat de compétences et que nos collaborateurs peuvent donner chaque année deux jours de leur temps pour participer à des actions de mécénat de compétences, accessibles depuis la plateforme d’engagement citoyen des entreprises Vendredi. Cette expérience nous a permis d’identifier quatre conditions nécessaires pour garantir la réussite des actions de mécénat de compétences.

1. Ouvrir le dispositif à l’ensemble des collaborateurs, quel que soit leur statut ;
2. Accompagner les salariés engagés auprès des associations (échange préalable avec la structure bénéficiaire, moyens et outils à disposition, etc.) ;
3. Mettre en avant les retombées positives pour l’entreprise, en communiquant en interne comme en externe ;
4. Mettre en lumière les salariés qui se sont engagés et partager leur retour d’expérience sur le réseau social d’entreprise ou par le biais d’une newsletter interne, pour inciter plus de collaborateurs à s’engager et ainsi générer un cercle vertueux.

Lancement de l’opération « 1 jeune, 1 mentor », signature de la charte Alliance pour le mécénat de compétences, développement de plateformes de mise en relation entre les entreprises et les associations… Le mécénat de compétences prend de l’ampleur, en particulier dans le contexte de la crise sanitaire. A l’heure où près de neuf décisionnaires RH sur dix estiment que les entreprises ont une responsabilité importante dans l’élaboration d’un monde plus juste et plus responsable, la marge de progression reste pourtant considérable.

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