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La Sibérie, une des régions les plus froides au monde, brûle sous des feux incontrôlables

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Publié le 30 juillet 2021

ENVIRONNEMENT

La Sibérie est ravagée par des incendies sans précédent depuis le mois de mai. Boostés par la sécheresse et les vagues de chaleur record liées au changement climatique, les incendies déciment la forêt boréale, relâchant des énormes quantités de CO2 qui polluent l’air. La ville de Yakoukst a enregistré le 21 juillet, “l’un des pires épisodes de pollution atmosphérique jamais enregistrés dans le monde”.

C’est une des régions les plus froides au monde. Celle où, chaque année, des selfies de touristes aux cils gelés par le froid fleurissent sur les réseaux sociaux et où le jeu le plus viral consiste à jeter de l’eau qui se fige dans l’air en raison de températures atteignant -40 °C en hiver. Mais aujourd’hui la Yakoutie, située au nord-est de la Sibérie, est en feu. Depuis le mois de mai, des incendies sans précédent brûlent la taïga, la forêt boréale qui représente un cinquième de la superficie de la Russie.

Le 26 juillet, l’Organisation météorologique mondiale a posté une photo sur Twitter révélant un immense feu de 800 kilomètres carrés courant sur l’est de la Sibérie. “La région de Yakoutie est connue comme la terre du permafrost. Elle brûle maintenant”, a commenté l’Organisation. Alimentés par les vagues de chaleur estivales, les incendies de forêt ont balayé plus de 3,2 hectares de forêt selon les données de Greenpeace.

3,2 millions d’hectares partis en fumée

“La situation catastrophique des incendies en Russie, qui en est à sa quatrième année, est loin d’être résolue et le pic annuel des feux de forêt n’a pas encore été dépassé”, prévient l’ONG. “Selon les données de l’ISDM-Rosleskhoz au 28 juillet 2021, la superficie totale couverte par les incendies dans le pays depuis le début de l’année était de 11,3 millions d’hectares. Il y a maintenant 3,2 millions d’hectares d’incendies, dont 58 % se trouvent dans des zones dites de contrôle et ne sont pas éteints”, ajoute Greenpeace. 

Début juillet, la Russie a mobilisé ses ministères de la défense et des urgences pour aider la Yakoutie à lutter contre les incendies de forêt, tandis que des dizaines de volontaires ont également pris le relais. Mais le manque de fonds pour le Service aérien de protection des forêts – le seul groupe entièrement dédié à la lutte contre les feux de forêt- est évident sur le terrain, indique à l’AFP l’observateur en chef des pilotes de Yakoutie, Svyatoslav Kolesov. Les écologistes soutiennent depuis longtemps que la Russie sous-finance ses capacités de lutte contre les incendies. “Nous disons depuis des années que la Russie doit multiplier par au moins trois son budget pour lutter contre les incendies de forêt”, a déclaré à l’AFP Grigory Kuksin, chef de l’unité de lutte contre les incendies de forêt de Greenpeace dans le pays.

La pire pollution de l’air du monde 

En attendant, la pollution de l’air a atteint des niveaux records. “La surveillance suggère que la fumée toxique à Yakoutsk est l’un des pires épisodes de pollution atmosphérique jamais enregistrés dans le monde”, écrit The Guardian. Via le site AirPlue Lab, qui mesure la qualité de l’air dans le monde, le journal britannique a comparé la qualité de l’air à Yakoutsk le 21 juillet et à Mumbai, une des villes les plus polluées au monde. L’indice de qualité de l’air était de 644 pour la ville russe et 76 pour la cité indienne ! Le journal local Siberian Times a d’ailleurs publié une vidéo le 27 juillet montrant un smog épais recouvrant la ville.

Et la situation ne devrait pas s’améliorer sur le long terme car, en brûlant, la forêt relâche des énormes quantités de CO2 menaçant de ne plus être un puits de carbone mais une forêt émettrice. Selon les données du réseau de surveillance de l’atmosphère européen Copernicus, du 1er janvier au 29 juillet 2021, la Yakoutie a émis plus de CO2 que l’ensemble de l’année 2020. 

Marina Fabre, @fabre_marina avec AFP

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