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L’Affaire du siècle : un symbole est-il capable d’enrayer le réchauffement climatique ?

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Publié le 15 octobre 2021

ENVIRONNEMENT

En seulement trois années, les quatre ONG à l’origine de l’Affaire du siècle ont réussi à exercer une “pression climatique” sur l’État, jusqu’à le faire condamner, le 14 octobre, à réparer le non-respect de ses engagements. Un symbole fort et une sucess-story rare. Mais cette condamnation va-t-elle vraiment dévier la trajectoire climatique de la France ? Rien n’est moins sûr. 

C’était en juin 2018. Alors que les évènements climatiques extrêmes se multiplient, Nicolas Hulot claque la porte du ministère de la Transition écologique en dénonçant le poids des lobbys. En lâchant son poste, le ministre créé un vrai sursaut écologique. Un réveil entretenu par un rapport choc des experts internationaux sur le climat (Giec) qui alerte sur la probabilité que le réchauffement atteigne 1,5°C dès 2030. Des milliers de Français descendent dans la rue pour protester contre l’inaction climatique. C’est dans ce contexte inédit en France que l’Affaire du siècle naît. 

Quatre ONG, Greenpeace, Oxfam, la Fondation pour la nature et l’Homme (FNH) et une petite nouvelle, Notre affaire à tous, lance une pétition qui appelle à la “justice climatique”. Les ONG veulent récolter du soutien pour attaquer l’Etat en justice pour son inaction climatique. En quelques jours, la pétition devient la plus signée de l’histoire, dépassant les deux millions de signataires. Trois ans plus tard, la success-story se concrétise. La France est condamnée, pour la première fois, à réparer son manque d’action climatique.

Deux interprétations

Le symbole est fort. Alors que peu d’experts – et de politiques – croyaient qu’un tel recours irait jusqu’au bout, les associations ont fait plier l’Etat. Un moment d’autant plus fort que, comme l’écrit le directeur général de Greenpeace France, Jean-François Julliard, “la lutte pour la défense de l’environnement est longue, âpre et souvent frustrante“. Mais derrière le symbole, derrière ce buzz médiatique, la décision du Tribunal administratif de Paris va-t-elle vraiment permettre à la France de répondre à l’urgence climatique ? Il est, sur ce point, permis de douter. 

Sur le fond, l’État est censé rattraper son retard “climatique” dans un an mais les juges n’ont pas assorti leur décision de l’astreinte financière de 78 millions d’euros par semestre réclamée par les associations. Or, le gouvernement voit dans cette décision “une marque de confiance du juge dans l’engagement de l’Etat à agir par tous les moyens possibles pour tenir ses engagements climatiques” assure le ministère de la Transition écologique au Monde. Une interprétation bien différente de celle des associations.

L’enjeu est politique 

“On peut se féliciter de l’évolution des mentalités. Des victoires juridiques aussi. Il en faut. Pour autant, notre souci en matière de climat ne se réglera pas au tribunal (ni avec le nucléaire). Nous devrions fortement changer nos modes de vie à titre individuel et collectif”, a réagi sur Twitter le président de France Nature Environnement, Arnaud Schwartz. “À l’arrivée, les conséquences réellement concrètes de ces jugements pour l’action de l’État sont limitées“, renchérit l’avocat en droit de l’environnement Arnaud Gossement. 

Si l’ambition des ONG de mettre l’urgence climatique à l’agenda politique est sans aucun doute atteinte, la condamnation ne devrait pas dévier totalement la trajectoire climatique de la France. L’enjeu est d’abord politique et la prochaine élection présidentielle sera clé en la matière. 

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