fbpx

L’analyse du risque sûreté, un chantier permanent

https://www.faceaurisque.com/wp-content/uploads/2021/11/Grue-sur-un-chantier-la-nuit-AdobeStock-Danielgyorfly-EyeEm-1.jpg

L’identification des menaces passe par l’examen des données de quatre paramètres liés au chantier :

  • l’environnement physique ;
  • l’environnement humain ;
  • les paramètres de l’opération ;
  • les paramètres probables du chantier

Au sein de ces paramètres, les informations relevées vont permettre de déterminer un niveau de criticité selon une échelle préétablie. « On ne va pas avoir la même logique d’analyse de risques si le chantier est en rase campagne ou en plein centre-ville », explique Olivier Douard. Le niveau d’éclairage public, la facilité d’accès ou de stationnement devant le site, mais aussi le type d’habitat (résidentiel, bureau/tertiaire, zone sensible) et la densité de constructions voisines ou bien la proximité du voisinage sont à prendre en compte.

Le responsable de SMABTP poursuit : « Avec les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre, on va se poser un certain nombre de questions : où sont stockés les matériaux, comment va être positionnée la base vie par rapport au chantier… De ces configurations, nous allons déduire les risques par rapport aux différents flux. Les chantiers sont approvisionnés régulièrement, et donc il peut y avoir un intérêt pour le vol de ces matériaux. On va travailler sur le positionnement des ouvertures du chantier, la gestion des contrôles d’accès, les horaires de livraison des matériaux ou les horaires d’évacuation des déchets par exemple. »

Dans certaines zones sensibles, les chantiers peuvent gêner des réseaux de délinquants et induire des actes d’intimidation : agressions verbales et physiques, vols, destructions, comme ce qui avait été observé dans les zones de sécurité prioritaires de Marseille sur des chantiers de rénovation en 2015.

Une fois les principales menaces identifiées, il faut essayer de déduire les conséquences possibles. La gravité de ces dernières est cependant difficile à appréhender.

L’aspect dynamique du chantier évoqué plus haut, ajouté à la diversité des motivations des auteurs d’actes de malveillance et des conditions de passage à l’acte induisent un risque très évolutif et difficile à modéliser. Le vol peut ainsi être le fait d’un chapardage d’opportunité, y compris par le personnel interne au chantier, ou bien être réalisé par de véritables bandes organisées.

Pour les mêmes raisons, la hiérarchisation des menaces n’est pas simple à établir. De fait, il est admis que les principales menaces sur un chantier consistent dans le vol, les dégradations, le squat et l’incendie volontaire. Si le vol apparaît comme la menace la plus fréquente, l’incendie volontaire est souvent considéré comme la plus grave. « C’est le pire du pire, ce que tout le monde craint, explique Olivier Douard. Un incendie volontaire qui est déclenché quelques semaines avant la réception d’un bâtiment met à mal toute une économie, une phase de réalisation, parfois un chantier entier. »

La suite logique de cette analyse des conséquences possibles par rapport aux menaces identifiées consiste à mettre en place un certain nombre de solutions de prévention et de protection par les responsables des sites en construction.

La sûreté d’un chantier ressort au premier chef de la responsabilité du maître d’ouvrage : « Il a un rôle important à jouer, même s’il n’est pas un sachant sur le sujet, expose Olivier Douard. C’est lui qui va définir le niveau de sûreté de son chantier au travers de la rédaction du cahier des clauses techniques particulières (CCTP). Le CCTP va par exemple imposer, ou pas, aux entreprises intervenantes d’adopter des mesures spécifiques comme du gardiennage ou la mise en place d’un système de détection intrusion. »

Les principaux acteurs de terrain restent les maîtres d’œuvre et les responsables des entreprises intervenantes, qui mettent en place les mesures de sûreté adaptées.

La sensibilisation de tous les intervenants est aussi primordiale, avec un rappel régulier des principales consignes et de leurs enjeux.

Enfin, le référent sûreté départemental et l’assureur, qui délivre à la demande du maître d’ouvrage un contrat Tous Risques Chantier, ont aussi chacun leur rôle en matière de prévention. Lors de visites de risques sur les chantiers, l’assureur accompagne son client dans l’analyse de prévention et lui propose une réponse assurantielle.

Pour en savoir plus ou lire la suite : Source | Lien vers l'article

Les dernières publications :