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Lancement du projet HyPSTER – L’Ineris sécurise le premier démonstrateur de stockage massif de l’hydrogène

Le projet européen HyPSTER, coordonné par Storengy et regroupant 7 partenaires français, anglais et allemands, vise à concevoir et opérer un démonstrateur industriel de production, de stockage souterrain et d’utilisation d’hydrogène vert. Ce projet est situé sur le site de stockage souterrain de gaz naturel d’Etrez (Ain). Ce site est un candidat idéal pour un tel projet, avec d’une part la présence dans le sous-sol de cavités salines exploitées pouvant être reconverties à l’avenir pour le stockage de l’hydrogène et d’autre part la proximité de l’axe industriel rhodanien, avec de nombreux utilisateurs et usages potentiels.

Le principe est d’utiliser l’électricité issue des énergies renouvelables, pour produire de l’hydrogène par électrolyse, qui est ensuite comprimé et stocké dans un réservoir souterrain, en cavité saline en l’occurrence. L’hydrogène est soutiré selon la demande. Les utilisations potentielles de l’hydrogène sont variées, soit en usage direct par injection dans le réseau de gaz ou comme substance de base dans diverses industries, soit après reconversion en électricité pour l’alimentation de véhicules, par exemple.

Le stockage de gaz naturel en cavités salines est mis en œuvre depuis plus de 50 ans, tant en France qu’ailleurs dans le monde. Cette technologie est donc mature d’un point de vue technique, économique, et sur le plan de la sécurité. En revanche, le retour d’expérience sur le stockage de l’hydrogène en cavités salines est beaucoup plus faible, puisqu’on ne compte que 4 cavités dans le monde, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Même si ces cavités ont été opérées depuis plusieurs décennies sans incident notable, un stockage de l’hydrogène visant à moduler les variations de production d’énergies renouvelables, par nature intermittentes, va conduire à une sollicitation beaucoup plus importante des cavités salines, avec des cycles d’injection-soutirage plus fréquents, voire journaliers. Pour un tel usage des cavités, la démonstration de sécurité reste à faire.

Les principaux risques qui peuvent affecter un stockage d’hydrogène en cavités salines sont les mêmes que ceux qui caractérisent un stockage de gaz naturel, à savoir des risques de fuites, pouvant mener à une inflammation ou à une explosion. Néanmoins, les spécificités physicochimiques de l’hydrogène, substance légère, mobile, particulièrement inflammable et pouvant réagir avec le milieu environnant, nécessitent d’être prises en compte dans l’analyse et la maîtrise des risques. La stabilité mécanique à long-terme de la cavité, soumise à des sollicitations fortes et rapides, doit également d’être évaluée avec attention. Ce sont ces points que l’Ineris s’attachera à étudier à travers ce projet.

Le projet HyPSTER vient d’entrer dans sa première phase avec l’étude d’ingénierie souterraine et de surface. Cette étape sera suivie par la construction des installations nécessaires, en amont, à la production d’hydrogène (électrolyseur de 1 MW couplé à un compresseur) et, en aval, à son traitement et à son stockage avant son acheminement vers les utilisateurs (déshumidificateur, stockages tampon). En matière de production, l’hydrogène dit « vert » sera produit à partir d’électricité issue d’énergies renouvelables (photovoltaïque, éolien, hydraulique). L’électrolyseur d’une puissance de 1 MW produira 400 kg d’hydrogène par jour, ce qui représente la consommation de 16 bus à hydrogène. Pendant la phase d’essais, seule une petite partie de la cavité expérimentale sera remplie d’hydrogène, soit 2 à 3 tonnes d’hydrogène. Dans une phase commerciale ultérieure, cette cavité pourrait atteindre la capacité finale de 44 tonnes, soit l’équivalent de la consommation de 1 760 bus hydrogène. L’intérêt énergétique rend ce projet stratégique. Il convient cependant d’assurer son déploiement en toute sécurité.

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